Il existe une sorte un malentendu autour d’Infiniti. Personne ne semble s’entendre sur la nature profonde de cette marque créée il y a plus de 30 ans déjà par Nissan. La seconde génération du QX60 ne répond pas à cette question.

Publié le 25 janvier
Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Le renouvellement du QX60 a pour l’heure un seul but : faire patienter la clientèle.

Une question de lisibilité

D’ici un an ou deux, la marque de luxe de Nissan amorcera sa transformation vers le tout-électrique (voir nos encadrés à l’onglet 3) et devrait ainsi donner plus de substance et de lisibilité à sa gamme. Donc, inutile de compter sur le nouveau QX60 pour nous éclairer sur l’avenir et sur le positionnement de cette marque de luxe au sein du conglomérat Renault-Nissan-Mitsubishi.

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À la veille d’une revitalisation de sa gamme, Infiniti meuble l’attente avec les moyens du bord. Le renouvellement du QX60 a pour l’heure un seul but : faire patienter la clientèle.

D’ici à ce que le brouillard se lève de ce côté, Infiniti ne fait plus de mystère, depuis un bon moment déjà, sur cette seconde génération du QX60. Étroitement dérivé du Pathfinder de Nissan, le QX60 a pour objectif de cristalliser les fondations actuelles de la marque d’ici à ce qu’elle trouve le chemin du renouveau. Un modèle de transition ? En quelque sorte, oui, dans la mesure où ce modèle partage, tout comme son prédécesseur, ses principaux composants techniques avec le Pathfinder.

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Les stylistes ont privilégié le dessin d’une élégante arabesque au tableau de bord au lieu d’intégrer plus harmonieusement l’incontournable « téléviseur » qui fait office d’écran d’infodivertissement.

Cela n’a rien de répréhensible. Pratiquement tous les concurrents du QX60 masquent, eux aussi, leurs origines roturières derrière des titres de noblesse. Et chez le QX60, cela se traduit naturellement par de délicates et scintillantes fioritures pour « encadrer » les codes esthétiques de la marque. Ceux-ci enrobent une carrosserie plus courte, plus haute et plus large que la précédente. Ces proportions nouvelles ne sautent pas aux yeux autant que la carrure plus robuste que cet Infiniti étale.

Quelques retouches

Une odeur de « peinture fraîche » (au sens figuré, bien sûr) est perceptible en ouvrant les portières. Un nouveau décor à la fois plus somptueux et plus fonctionnel que par le passé. Hélas, les stylistes ont privilégié le dessin d’une élégante arabesque au tableau de bord au lieu d’intégrer plus harmonieusement l’incontournable « téléviseur » qui fait office d’écran d’infodivertissement.

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Les concepteurs du QX60 ont réalisé un véhicule homogène, équilibré, silencieux et confortable.

Cela dit, on découvre avec plaisir un plus grand nombre de rangements à l’avant et des sièges généreusement galbés. Dans la section médiane, l’acheteur a le choix entre une banquette pleine largeur (le choix le plus logique) ou deux fauteuils individuels.

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Dans la section médiane, l’acheteur a le choix entre une banquette pleine largeur (le choix le plus logique) ou deux fauteuils individuels.

Ces derniers sont de loin les plus agréables, mais l’espace est plutôt compté dans la troisième rangée. Dès lors, voilà un véhicule plutôt énorme pour n’accueillir que quatre personnes.

L’Infiniti QX60 en bref

Fourchette de prix : de 54 995 $ à 67 995 $
Visible dans les concessions : maintenant

On aime

Retrait de la boîte CVT
Capacité de remorquage accrue
Aménagement intérieur valorisant

On aime moins

V6 à court de développements
Rouage intégral encore peu réactif
Trois rangées de sièges, mais quatre véritables places

Notre verdict

Tout ce qui brille n’est pas or

En toute franchise, ce ne serait pas la première fois que la taille d’un VUS apparaît disproportionnée dans le domaine du rapport habitabilité/encombrement.

Cela dit, la troisième rangée est plus aisément accessible qu’avant et offre désormais plus de dégagement au niveau des hanches, mais moins pour les jambes et les épaules, que la version antérieure. Toujours par rapport à cette dernière, le volume du coffre régresse aussi lorsque toutes les places sont occupées ou totalement rabattues.

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La troisième rangée est plus aisément accessible qu’avant et offre désormais plus de dégagement au niveau des hanches, mais moins pour les jambes et les épaules, que la version antérieure.

Tout n’est pas perdu. Une fois la troisième rangée enfouie sous le plancher, le coffre du QX60 2022 affiche 39 L de plus que celui de son prédécesseur.

Surmonter l’écueil

Pas la peine de grimper le QX60 sur un pont élévateur. Encore moins de démonter ses roues. L’architecture est la même. Qu’à cela ne tienne, le QX60 déboulonne l’inappropriée boîte à variation continue (CVT) au profit d’une autre, classique cette fois, à neuf rapports.

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Le QX60 déboulonne l’inappropriée boîte à variation continue (CVT) au profit d’une autre, classique cette fois, à neuf rapports.

Un changement salutaire, dans la mesure où cette boîte avait une incidence certaine sur la capacité de remorquage de cet utilitaire et sur les perceptions sensorielles associées généralement aux CVT. La boîte à neuf rapports corrige tout, n’a pratiquement aucune incidence dommageable sur la consommation (par rapport à une CVT, s’entend) et permet en outre de tracter quelque 450 kg de plus.

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La dernière mouture du QX60 a une carrosserie plus courte, plus haute et plus large que la précédente. Ces proportions nouvelles ne sautent pas aux yeux autant que la carrure plus robuste que cet Infiniti étale.

Par sa douceur, cette boîte tempère les vociférations du V6, maintenant plus discret, mais toujours friand d’hydrocarbures. Il y a pire, mais il y a mieux aussi. Face à une concurrence qui rivalise d’audace sur le plan technique, le QX60 se limite à offrir une motorisation que d’aucuns jugeront (non sans raison) obsolète pour un véhicule de ce rang.

Alors que la concurrence pratique la réduction de la cylindrée et l’électrification du moteur thermique, chez Infiniti, c’est le statu quo.

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Le moteur V6, maintenant plus discret, est toujours friand d’hydrocarbures.

La marque limite son offre à un moteur atmosphérique qui, dans le contexte actuel, se trouvait déjà à court de développements. On lui reprochera son manque de souplesse à bas régime et sa courbe de puissance peu linéaire. Sa consommation aussi. À ce sujet, on s’explique plutôt mal cette recommandation de privilégier l’indice d’octane le plus élevé.

Même s’il n’est pas le plus avant-gardiste de la catégorie, le QX60 coche vraisemblablement toutes les cases contenues dans le cahier de charges remis à ses concepteurs. Ces derniers, contraints de faire flèche de tout bois (enfin, presque), ont réalisé un véhicule homogène, équilibré, silencieux et confortable. La direction offre un bon ressenti et permet d’inscrire le véhicule avec aplomb et assurance dans les virages. Plus encore sur une chaussée rendue glissante.

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Une fois la troisième rangée enfouie sous le plancher, le coffre du QX60 2022 affiche 39 L de plus que celui de son prédécesseur.

Le rouage à quatre roues motrices (de série sur l’ensemble de la gamme) s’avère plus alerte, certes, mais trop passif pour contenir les remontées de couple dans le volant ou les chutes inopinées d’adhérence. Encore une fois, certaines rivales ne font pas mieux, mais d’autres, oui.

Où sont-ils ?

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Le Québécois Karim Abib, ex-chef styliste d’Infiniti, avait présenté l’étude conceptuelle Qs au Salon de l’auto de Shanghai de 2019. Depuis, il a depuis emporté ses crayons chez Kia.

À l’occasion des célébrations du trentenaire d’Infiniti en 2019, les dirigeants de la marque avaient promis trois véhicules électriques « d’ici trois ou quatre ans ». Où sont-ils ? La marque de luxe de Nissan avait alors indiqué deux berlines et un VUS. Trois véhicules qui devaient reprendre les traits des études conceptuelles Q, QX Inspiration et Qs. Cette dernière (notre photo) avait été présentée par le chef styliste de l’époque, le Montréalais Karim Abib. Celui-ci a depuis emporté ses crayons chez Kia.

50 > 60

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Au Canada, Infiniti a vendu 2158 exemplaires du QX50. Le QX60 a trouvé 1040 preneurs.

Au Canada, le QX50 est demeuré en 2021 le véhicule le plus vendu d’Infiniti, avec 2158 exemplaires, en hausse de 13,8 % par rapport à l’année précédente. Le QX60 occupe la deuxième place, avec 1040 véhicules. Une situation compréhensible dans la mesure où Infiniti avait communiqué assez tôt le renouvellement du QX60. Plusieurs acheteurs potentiels ont préféré attendre la nouvelle mouture. Pour mémoire, le QX60 talonnait de beaucoup plus près le QX50. Au cours de l’année 2020, l’écart n’était que de 64 véhicules vendus entre les deux modèles.

Faites-nous part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Acura RDX, Kia EV6, Lexus ES, Subaru Forester, Volkswagen Jetta (GLi) et Toyota 4Runner. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou en attendez la livraison, nous aimerions bien vous lire.

Fiche technique de l’Infiniti QX60

Moteur 
V6 DACT 3,5 L
295 ch à 6400 tr/min
270 lb-pi de couple à 4800 tr/min

Performances
Poids : 2097 kg
Garde au sol : 170 mm
Capacité de remorquage : 2721,5 kg

Boîte de vitesses
De série : automatique à neuf rapports
Optionnelle : aucune
Mode d’entraînement : rouage intégral

Pneus
255/60R18
255/50R20

Capacité du réservoir
70 L

Essence recommandée
Super

Consommation
11,6 L/100 km

Dimension
Empattement : 2900 mm
Longueur : 5033 mm
Hauteur : 1770 mm
Largeur : 2185 mm (rétroviseurs extérieurs inclus)