Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

(Kingston, Ontario) Pour cueillir des champignons ou tout simplement sortir ses vélos de la ville, l’Outback de Subaru sait faire. Mais pour repousser les frontières ou pour respirer l’air des sous-bois, Subaru propose la Wilderness. Celle-ci répond à une demande croissante — et parfois inexplicable — d’une clientèle qui juge n’en avoir jamais assez alors qu’elle en a sans doute déjà trop.

L’industrie étudie de très près les multiples attentes de la clientèle en diversifiant les modèles proposés pour découvrir des « niches » et vendre du rêve autant que du confort et de la valeur d’usage. L’inclusion de la Wilderness (41 995 $) au catalogue de l’Outback répond à un besoin : parcourir les montagnes et les vallées et se retrouver à rêver au bord des lacs et des rivières par les belles nuits d’été.

PHOTO FOURNIE PAR SUBARU

En apparence, tout cela n’a rien de très raisonnable. Qui donc peut être attiré par un véhicule qui ne se satisfait pas des quelque 325 000 km de route du Québec ? La Wilderness de Subaru est de ceux-là.

Créature du service de la mise en marché, la Wilderness fait l’objet d’une savante mise en scène de la part de son constructeur. Elle est conçue comme une chaussure de randonnée : évoquer l’aventure tout en demeurant confortable sur un terrain plat et correctement asphalté. Une appellation que Subaru — à moins d’un accueil timide — entend visiblement saupoudrer sur l’ensemble de sa gamme dans un avenir prochain.

Comme les autres

Certains consommateurs trouveront la ficelle aussi grosse que la carrosserie couverte de tatouages plastifiés, mais cette version Wilderness joue sensiblement la même partition que les déclinaisons TRD (Toyota), TrailHawk (Jeep), Allroad (Audi) ou Cross Country (Volvo). La ficelle est donc un peu grosse, je vous l’accorde, mais on a moins envie d’y voir plus qu’un élémentaire calcul commercial.

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Cette version Wilderness joue sensiblement la même partition que les déclinaisons TRD (Toyota), TrailHawk (Jeep), Allroad (Audi) ou Cross Country (Volvo).

La Wilderness, comme toutes ses rivales mentionnées plus haut, fait parfois flotter autour d’elle un parfum d’incompréhension. Ces véhicules taillés pour affronter les dunes de Tadoussac ou pour gravir les marches de l’oratoire Saint-Joseph, murmurent les persifleurs, ne sont jamais pleinement exploités. Dans ce cas, aussi bien jeter des pierres à qui n’apporte jamais sa Porsche GT3 sur une piste, ne décapote pas son Mustang cabriolet ou conduit une Chrysler Pacifica sans être le parent d’au moins quatre enfants...

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En somme, cette Subaru évoque l’aventure tout en demeurant confortable sur un terrain plat et correctement asphalté.

La Subaru Outback Wilderness en bref

Fourchette de prix : de 31 195 $ à 44 195 $
Visible dans les concessions : maintenant

On aime

Capacités hors route additionnelles
Tenue de route préservée
Présentation sérieuse

On aime moins

Consommation plus élevée
Dynamiquement peu enlevante
Temps de réponse du turbo et de la boîte CVT

Notre verdict

Il est si loin, le chalet ?

Avec son châssis placardé de plaques protectrices, sa garde au sol relevée, ses angles (attaque, ventral et fuite) rendus plus agressifs par la réduction des porte-à-faux, la Wilderness ne prétend pas passer partout. Elle promet seulement de s’aventurer plus loin que ne le ferait l’Outback. Ce qui n’est déjà pas si mal.

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Le châssis de cette Subaru est placardé de plaques protectrices, sa garde au sol est relevée et ses angles (attaque, ventral et fuite) sont rendus plus agressifs.

Sous le style un tantinet surchargé (d’autres diront criard) de la Wilderness se cache toujours une Outback. Une familiale dont le hayon s’ouvre sur un gigantesque espace où l’on découvre sous le plancher une rareté de nos jours : un pneu de secours pleine grandeur avec une jante assortie.

Tour de magie : la soute arrière double

Si l’on bascule en tout ou en partie les dossiers de la banquette arrière, la surface de chargement fait plus que doubler.

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Subaru Outback Wilderness 2022

Cette Subaru prend soin de ses occupants. La position de conduite surélevée est celle d’un VUS et les sièges procurent un confort et un maintien très corrects. L’insonorisation est soignée et les suspensions, n’en déplaise aux tout-terrain classiques, ne sautillent pas sur la route.

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Cette Subaru prend soin de ses occupants. La position de conduite surélevée est celle d’un VUS et les sièges procurent un confort et un maintien très corrects.

Plutôt impersonnel, l’habitacle est truffé de rangements ingénieux, mais aussi de détails (broderie sur les sièges, garnitures de couleur or) destinés à vous rappeler que ce n’est pas une Outback ordinaire.

Même les rails de toit se chargent de vous le rappeler en supportant un poids de 32 kg additionnels.

Comme l’Outback, la Wilderness dispose d’un train avant assez réactif qui le rend plus maniable qu’on ne pourrait l’imaginer. Il ne « plonge » pas au freinage et le rayon de braquage, pas trop large, réserve une bonne surprise.

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Subaru Outback Wilderness 2022

Jouer les plus polyvalents ne permet pourtant pas de gagner sur tous les tableaux. La tenue de route de la Wilderness ne rivalise pas tout à fait avec celle de l’Outback, même si elle demeure sûre. L’étagement plus serré de la boîte CVT de la Wilderness, son coefficient de traînée aérodynamique moins fin, sa garde au sol plus élevée, sans oublier ses pneumatiques capables de batifoler dans la gadoue, ont tous une incidence sur la consommation de carburant.

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Le moteur quatre-cylindres turbocompressé de 260 chevaux de la Subaru Outback Wilderness est bien adaptée à la taille et au poids de ce véhicule, en dépit d’un temps de réponse parfois contrariant au moment des relances.

Ce moteur quatre-cylindres turbocompressé de 260 chevaux est bien adapté à la taille et au poids de ce véhicule, en dépit d’un temps de réponse parfois contrariant au moment des relances. Mais il consomme ici 1 L/100 km de plus. C’est beaucoup sur une base annuelle, mais tout de même moins que les chiffres communiqués par ses principaux concurrents.

Multiplicateur

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Le label Wilderness sera épinglé sur d’autres produits Subaru.

La direction canadienne de Subaru laisse sous-entendre que le label Wilderness sera épinglé sur d’autres produits de sa gamme. Selon toute vraisemblance, les deux prochains véhicules à arborer ce nouvel écusson seront le Crosstrek et le Forester. Ce faisant, Subaru suit les traces de nombreux concurrents qui proposent déjà des déclinaisons « extrêmes » pour courir les bois.

Rareté

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Une véritable roue de secours avec jante se trouve dans le coffre de la Subaru Wilderness.

Voilà qui est rare. Une véritable roue de secours avec jante assortie sommeille sous le plancher du coffre de l’Outback Wilderness. Le modèle chausse, par ailleurs, exclusivement des Yokohama Geolander G015 All-Terrain. Ces pneumatiques homologués pour l’hiver sont offerts en une seule dimension : 17 po.

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Audi A3, Chevrolet Bolt EUV, Ford Bronco, Hyundai Santa Cruz, Nissan Pathfinder, Porsche Taycan/Cross Turismo, Toyota 86/Subaru BRZ et Volkswagen Taos. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou en attendez la livraison, nous aimerions bien vous lire.

Fiche technique

Moteur : H4 DACT 2,4 L turbocompressé
Puissance : 260 ch à 5600 tr/min
Couple : 277 lb-pi entre 2000 et 4800 tr/min
Poids : 1767 kg
Garde au sol : 241,3 mm
Capacité maximale de remorquage : 1587,5 kg
Boîte de vitesses : automatique à variation continue (CVT) 8 rapports
Mode d’entraînement : rouage intégral
Pneus : 225/65R17
Capacité du réservoir : 70 L
Essence recommandée : ordinaire
Consommation : 10,1 L/100 km
Empattement : 2745 mm
Longueur : 4860 mm
Hauteur : 1700 mm (supports du toit inclus)
Largeur : 1897 mm (sans les rétroviseurs extérieurs)