Hormis le fait qu’il est censé doubler les ventes de son constructeur, il reste à savoir ce que ce Genesis apporte de neuf. Autant le dire, on reste un peu sur sa faim.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

L’interminable litanie des nouveaux utilitaires fait écho à une réalité économique : en quelques années, ces modèles se sont imposés au point de représenter désormais près de 80 % du marché. Les échecs commerciaux sont rares et une marque toute jeune comme Genesis n’est pas obligée d’exciper d’une longue et riche histoire pour revendiquer son droit d’y appartenir. Le GV70 a donc une belle carte à jouer.

Une gueule intéressante

Donc, un (autre !) véhicule utilitaire taille basse à la silhouette athlétique, au long capot et à la calandre saillante. Le GV70 de la marque Genesis débarque avec, si l’on peut dire, une gueule intéressante.

PHOTO JENNIFER MCALLISTER, FOURNIE PAR GENESIS CANADA

Le Genesis GV70 mise sur un look de sportivité et une allure assez typée de vraie fausse familiale.

Il constitue le véritable fer de lance commercial du constructeur sud-coréen qui estime que ce modèle doublera, à lui seul, ses immatriculations au pays. On mesure ici toute son importance.

Genesis est une marque de luxe spécialement créée par Hyundai pour ébranler les aristocrates de la mobilité sur quatre roues. Pour autant, si la démarche est tout aussi manifestement élitiste (avec des tarifs qui commencent au-dessus de 40 000 $), le positionnement semble légèrement différent.

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Le recours à des matériaux mixtes, le choix d’une élégance simple et un sens aigu de l’ergonomie composent un environnement plus convivial et léger que celui de bon nombre de ses concurrents.

Genesis instille une dose de non-conformisme dans son approche de l’opulence automobile. D’où ce parti pris de sportivité et cette allure assez typée de vraie fausse familiale.

Approche différente

Sur le continent nord-américain, où il diffuse l’essentiel de sa gamme, le constructeur a théorisé cette approche en définissant sa clientèle comme des gens qui savent compter. Traduction : des acheteurs à fort pouvoir d’achat décidés à ne pas rouler en Audi, Volvo, Lexus ou Lincoln.

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Le GV70 met à profit son centre de gravité situé assez bas et les relances solides du moteur pour mettre en évidence un comportement qui s’inscrit dans les références américaines plutôt qu’européennes.

Cette recherche d’un supplément d’âme se retrouve dans la mise en scène des centres de « distribution » qui pullulent dans les grands centres urbains : style résolument zen et culture sud-coréenne à l’honneur. Pour autant, la marque respecte à la lettre l’exigeant cahier des charges qu’impose le haut de gamme.

PHOTO JENNIFER MCALLISTER, FOURNIE PAR GENESIS CANADA

Genesis GV70

Le service (vente et après-vente) est soigné, la fiabilité paraît à toute épreuve (en témoignent les sondages d’opinion auprès des consommateurs), de même que la qualité de fabrication.

Le Genesis GV70 en bref

Fourchette de prix : de 49 000 $ à 75 500 $
Visible dans les concessions : maintenantOn aime

Ambiance intérieure rafraîchissante
Service vente et après-vente
Rapport prix/accessoires

On aime moins

Ni utilitaire ni sport
Consommation décevante (V6)
Pas de motorisation hybride pour l’instant

Notre verdict

Qu’il est grand, le pouvoir d’attraction des véhicules utilitaires.

Pas question non plus de faire l’impasse sur le sacro-saint contenu technologique. Le GV70 bénéficie de la présence de discrètes caméras à l’avant, à l’arrière et sur les côtés, qui diffusent sur l’écran central une vision panoramique des environs immédiats du véhicule afin de manœuvrer sans stress. Le VUS prévient également les plus distraits au feu de circulation si le véhicule qui le devance se met à avancer. Signalons aussi la capacité du GV70 de se garer tout seul sous la supervision attentive de son propriétaire.

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Un commutateur permet de personnaliser l’expérience de conduite. Selon le programme choisi, la direction et le passage des vitesses, pour ne nommer que ces deux-là, réagiront différemment.

Bardé d’assistances électroniques à la conduite, il se montre réactif tout en assurant le confort et la sécurité de ses occupants. L’habitacle, très lumineux, propose une ambiance différente. Le recours à des matériaux mixtes, le choix d’une élégance simple et un sens aigu de l’ergonomie composent un environnement plus convivial et léger que celui de bon nombre de ses concurrents. À l’avant, les sièges assurent un confort appréciable, tandis qu’à l’arrière, on s’y sent un peu plus coincé en raison de la faible hauteur du coussin.

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À l’arrière, on se sent un peu plus coincé qu’à l’avant en raison de la faible hauteur du coussin.

On trouvera à redire sur le faible nombre de rangements à bord et le volume du coffre.

La modération a meilleur goût

Le GV70 propose, au choix, les services d’un moteur quatre cylindres de 2,5 L (300 ch) ou d’un V6 de 3,5 L (375 ch). Deux mécaniques bénéficiant de la magie de la suralimentation par turbocompresseur et couplées à un rouage intégral et à une boîte de vitesse automatique à huit rapports. Des deux, nous préférons le 2,5 L en raison de son empreinte environnementale moindre et de sa consommation inférieure. En outre, le 2,5 L n’a pas à rougir de la comparaison avec le V6 au chapitre de la capacité de remorquage. Les deux moteurs peuvent tracter une charge équivalant à 1587 kg.

PHOTO JENNIFER MCALLISTER, FOURNIE PAR GENESIS CANADA

Le GV70 propose, au choix, les services d’un moteur quatre cylindres de 2,5 L (300 ch) ou d’un V6 de 3,5 L (375 ch, notre photo).

Le V6 de 3,5 L procure naturellement plus de souplesse, une plage d’utilisation plus large et une discrétion accrue. Mais ces attributs peinent à justifier le prix demandé. D’autant plus que sa consommation enregistrée au moment de l’essai dépasse aisément les 11 L aux 100 km et que la modeste capacité de son réservoir de carburant plombe l’autonomie.

Considérant l’arrivée tardive du modèle sur le marché et l’évolution de celui-ci, on trouvera malheureux que Genesis n’ait pas songé à offrir dès le départ une motorisation hybride. Celle-ci lui aurait permis de se mettre au diapason de la concurrence.

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Le GV70 distille un parfum d’aventure, tout en procurant un sentiment de sécurité à ses occupants, installés « au-dessus » du trafic.

Hormis cette déception, le GV70 est beaucoup plus maniable que ne le suggère son poids (près de 2 tonnes). Il met à profit son centre de gravité situé assez bas et les relances solides du moteur pour mettre en évidence un comportement qui s’inscrit dans les références américaines plutôt qu’européennes. Le train avant n’est pas particulièrement incisif, tandis que la direction n’a pas la précision voulue pour défier les meilleurs de la catégorie (voir l’écran « La concurrence »). La présence d’un commutateur permettant de personnaliser l’expérience de conduite n’y change rien. En effet, selon le programme choisi, la direction et le passage des vitesses, pour ne nommer que ces deux-là, réagiront différemment. En pratique, le mode Eco anesthésie l’auto, l’option Sport la rend intempérante. En position Confort, on en garde sous le pied sans pour autant se traîner.

PHOTO JENNIFER MCALLISTER, FOURNIE PAR GENESIS CANADA

On trouvera à redire sur le faible nombre de rangements à bord et le volume du coffre.

Conçu sur la même plateforme que la berline G70, cet utilitaire ne se conduit pas exactement comme celle-ci. En revanche, le GV70 distille un parfum d’aventure, tout en procurant un sentiment de sécurité à ses occupants, installés « au-dessus » du trafic. Son poids (plus élevé) et son aérodynamisme (assez moyen) induisent des niveaux de consommation légèrement plus élevés. De plus, un GV70 entraîne un débours de quelques milliers de dollars de plus qu’une G70 au tempérament plus dynamique. Avez-vous réellement besoin d’un utilitaire ?

Signature reconnue

PHOTO FOURNIE PAR GENESIS

Luc Donckerwolke

Longtemps, la carrière du styliste belge Luc Donckerwolke a gravité dans l’orbite du groupe Volkswagen. On lui doit notamment la R8 d’Audi, quelques Lamborghini et une poignée de Seat et de Skoda. Aujourd’hui, il supervise le style des Genesis (et Ioniq).

Une offensive planétaire

IMAGE FOURNIE PAR GENESIS

La marque Genesis fait sa place.

Fondée le 4 novembre 2015, la filiale de luxe du groupe Hyundai a jusqu’ici écoulé plus d’un demi-million de véhicules sur ses sept principaux marchés (Corée du Sud, Chine, Moyen-Orient, Russie, Australie, États-Unis et Canada). La marque est visible sur le continent européen depuis quelques semaines seulement.

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Chevrolet Bolt EUV, Ford Bronco, Hyundai Santa Fe, Jeep Grand Cherokee, Nissan Pathfinder, Toyota 86/Subaru BRZ et Volkswagen Taos. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou en attendez la livraison, nous aimerions bien vous lire.

Fiche technique


Moteurs 2.5T : L4 DACT 2,5 L suralimenté, 300 ch à 5800 tr/min, 311 lb-pi de couple entre 1650 et 4000 tr/min
3.5T : V6 DACT 3,5 L suralimenté, 375 ch à 5800 tr/min, 391 lb-pi de couple entre 1300 et 4500 tr/min

Performances
Poids : 1890 kg (2,5T), 2050 kg (3,5T)
Rapport poids-puissance : 6,3 kg/ch (2,5T), 5,4 kg/ch (3,5T)
Capacité maximale de remorquage : 1587,5 kg
Boîte de vitesses : automatique 8 rapports
Mode d’entraînement : rouage intégral

Pneus
235/60R18 (2.5T Select)
235/55R19 (2,5T Advanced, Advanced Plus et Prestige)
255/40R21 (3.5T Sport et Sport Plus)

Capacité du réservoir, essence recommandée : 66 litres, super
Consommation : 11,4 L/100 km (3,5T)

Dimensions
Empattement : 2875 mm
longueur : 4715 mm
hauteur : 1630 mm
largeur : 1910 mm (rétroviseurs extérieurs exclus)