(Ottawa, Ontario ) Tout le monde joue des coudes pour imposer ses VUS, y compris Toyota. Le constructeur japonais profite de la nouvelle année pour nous ressasser un vieux souvenir : le Venza. Réfugié en coulisse depuis bientôt cinq ans, le Venza remonte sur scène, méconnaissable.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Mieux vaut oublier tout ce que vous connaissiez du Venza. Ce nouveau venu n’en a conservé que le nom. Donc pas la peine de l’observer à la loupe pour lui trouver, qui sait, un air de ressemblance avec le modèle fondateur.

La première génération du Venza a vécu, tout comme certaines de ses rivales de l’époque (la Honda Accord Crosstour, par exemple). Le constructeur japonais fait donc table rase du passé, mais conserve néanmoins l’appellation originale. Le Venza après tout jouissait d’un certain capital de sympathie auprès des consommateurs canadiens, notamment. Ce faisant, Toyota réactive également la machine à souvenirs… Pourtant, cette nouvelle mouture du Venza ne jure aucune fidélité au modèle fondateur.

  • Le nouveau Venza repose sur la même architecture modulaire (nom de code TGNA-K) employée par Toyota pour la vaste majorité de ses modèles (Camry, Prius, Highlander, RAV4, etc.).

    PHOTO FOURNIE PAR TOYOTA CANADA

    Le nouveau Venza repose sur la même architecture modulaire (nom de code TGNA-K) employée par Toyota pour la vaste majorité de ses modèles (Camry, Prius, Highlander, RAV4, etc.).

  • Le Venza se montre à son avantage dans la jungle urbaine. D’abord en raison de son diamètre de braquage relativement court et, ensuite, de la contribution de son unité de puissance électrique.

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    Le Venza se montre à son avantage dans la jungle urbaine. D’abord en raison de son diamètre de braquage relativement court et, ensuite, de la contribution de son unité de puissance électrique.

  • À l’arrière, le Venza ne propose guère plus d’espace qu’un RAV4.

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    À l’arrière, le Venza ne propose guère plus d’espace qu’un RAV4.

  • Des touches agréables au toucher tapissent la console centrale, banalement surplombées par un écran d’infodivertissement tactile dont la dimension varie (entre 8 et 12,3 pouces) selon la déclinaison retenue.

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    Des touches agréables au toucher tapissent la console centrale, banalement surplombées par un écran d’infodivertissement tactile dont la dimension varie (entre 8 et 12,3 pouces) selon la déclinaison retenue.

  • Ce Venza produit au Japon surjoue le « luxe à la japonaise » sans vraiment émouvoir.

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    Ce Venza produit au Japon surjoue le « luxe à la japonaise » sans vraiment émouvoir.

  • Le coffre offre un volume inférieur à celui d’un RAV4, toujours, et à bien des véhicules de la concurrence.

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    Le coffre offre un volume inférieur à celui d’un RAV4, toujours, et à bien des véhicules de la concurrence.

  •  Le constructeur japonais fait table rase du passé, mais conserve néanmoins l’appellation originale.

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    Le constructeur japonais fait table rase du passé, mais conserve néanmoins l’appellation originale.

  • Ce Venza nouveau ne renverse rien et présentera peu d’intérêt pour les consommateurs en quête d’un VUS offrant un coffre digne de ce nom, une bonne capacité de franchissement ou encore de remorquage.

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    Ce Venza nouveau ne renverse rien et présentera peu d’intérêt pour les consommateurs en quête d’un VUS offrant un coffre digne de ce nom, une bonne capacité de franchissement ou encore de remorquage.

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Il faut d’abord savoir que le nouveau Venza repose sur la même architecture modulaire (nom de code TGNA-K) employée par Toyota pour la vaste majorité de ses modèles (Camry, Prius, Highlander, RAV4, etc.). La carte maîtresse de ce VUS se cache sous son capot, où seule une mécanique hybride a droit de cité. Cette mécanique est essentiellement la même qui anime le RAV4 Hybrid, lequel ne traîne pas un fil à sa roue (RAV4 Prime). Le grand mérite — et personne ne trouvera à redire sur ce point — de ce propulseur est, de loin, sa sobriété. Pour peu que l’on adopte une conduite fondée sur l’anticipation, le Venza peut aisément passer sous la barre des 7 L/100 km. Aucun concurrent de ce modèle actuellement sur le marché ne peut se targuer de faire mieux.

En revanche, en matière d’agrément, le Venza apparaît non seulement moins athlétique que son prédécesseur, mais aussi par rapport à la concurrence. À ce sujet, le Venza se révèle balourd dans les enchaînements et un peu frileux sur les freins (la pression qu’il faut exercer sur la pédale exige une certaine accoutumance).

En outre, la mécanique à essence, aidée il va sans dire par une boîte à variation continue (CVT), s’égosille dès qu’on la sollicite vigoureusement. À ce chapitre, il est nécessaire de préciser que le confort acoustique est supérieur à celui du RAV4 Hybrid, par exemple, mais considérant le positionnement du Venza et la grille tarifaire, on se serait attendu à mieux.

Cela dit, le Venza se montre à son avantage dans la jungle urbaine. D’abord en raison de son diamètre de braquage relativement court et, ensuite, de la contribution de son unité de puissance électrique, qui lui permet de s’arracher de sa position statique avec empressement (jusqu’à 30 km/h). Il convient également d’ajouter à ces louanges la douceur de sa direction et enfin la souplesse de ses éléments suspenseurs, y compris avec les pneumatiques de 19 pouces.

Un RAV4 Plus ?

À l’intérieur, le tableau de bord est légèrement incurvé, la console centrale est surdimensionnée et l’espace disponible à l’avant peut apparaître peu généreux en raison de l’opulence des sièges. Ceux-ci nous accueillent dans un confort douillet, mais mériteraient toutefois un meilleur support.

À l’arrière, le Venza ne propose guère plus d’espace qu’un RAV4. Mais il y a pire : le coffre. Celui-ci offre un volume inférieur à celui d’un RAV4, toujours, et à bien des véhicules de la concurrence. Le seuil de chargement est élevé et, une fois les dossiers de la banquette rabattus, l’aire de chargement n’est pas totalement plane non plus.

En revanche, le niveau de qualité perçue offre peu de prise à la critique. Hélas, ce Venza produit au Japon surjoue le « luxe à la japonaise » sans vraiment émouvoir. Des touches agréables au toucher tapissent la console centrale, banalement surplombées par un écran d’infodivertissement tactile dont la dimension varie (entre 8 et 12,3 pouces) selon la déclinaison retenue. À cela, il faut ajouter de petites fautes d’ergonomie ici et là. Tiens, en voilà deux : le positionnement des porte-gobelets à proximité de l’accoudoir central ou encore ces commandes alignées comme à la parade qui exigent trop souvent de quitter la route des yeux agacent.

Ce Venza nouveau ne renverse rien et présentera peu d’intérêt pour les consommateurs en quête d’un VUS offrant un coffre digne de ce nom, une bonne capacité de franchissement ou encore de remorquage. En revanche, la présence de sa motorisation hybride lui permettra de recruter sans doute une clientèle qui affectionne l’allure d’un utilitaire sans en rechercher les véritables attributs.

D’hier à aujourd’hui

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Un Toyota Venza 2009

Apparu en 2009, le Venza avait alors pour principaux concurrents les Subaru Outback et Honda Accord Crosstour. Par rapport à la seconde génération de la Venza, la première était plus longue (y compris l’empattement), plus large et plus lourde. Plus gourmande en carburant aussi. Elle offrait en revanche une meilleure garde au sol, pouvait tracter une charge pouvant atteindre 1587 kg et proposait plus d’espace utilitaire que la banquette ait été rabattue ou non.

Grand public

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Le toit panoramique du Toyota Venza 2021

Faire circuler un courant électrique pour moduler l’opacité du verre. Le concept a déjà été vu, mais n’avait jusqu’ici jamais été appliqué à un véhicule financièrement accessible. Toyota est le premier constructeur « généraliste » à offrir cette « fenêtre sur le monde » extérieur à luminosité variable. Tatoué de microparticules, ce verre est tantôt givré, tantôt transparent. Il n’y a qu’à appuyer sur une commande pour obtenir l’effet désiré. Baptisé Star Gaze, ce toit panoramique est proposé uniquement sur la déclinaison Limited. Oui, la plus chère.

On aime

Consommation étonnante

Routière confortable

Composants mécaniques éprouvés

On aime moins

Polyvalence réduite

Comportement pataud

Positionnement discutable

Notre verdict

La Venza a déjà existé. Peut-être fallait-il ne pas la réinventer ?

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : BMW Série 4, Hyundai Elantra, Kia Optima (K5), Genesis G80 et GV80, Land Rover Defender, Lexus IS, Mini Cooper et Countryman, Nissan Rogue, RAM 1500 et Toyota Sienna. Si vous possédez l’un de ces véhicules, nous aimerions bien vous lire.

L’avis de propriétaires des anciens Venza

Longue vie

Nous avons acheté notre Venza en 2014 avec 98 000 km au compteur. Nous avons tout de suite apprécié son confort et sa présentation intérieure. Le bruit de roulement sur l’autoroute est un peu envahissant. Nous sommes très à l’aise avec la position de conduite et aimons beaucoup l’espace de chargement avec nos activités et notre chalet. La prestation de la mécanique est adéquate et la consommation se situe entre 10 et 11 litres par 100 km sur une moyenne annuelle. L’équipement est somme toute assez complet, même pour le standard 2020. Nous en sommes maintenant à 260 000 km et nous sommes toujours satisfaits. Nous avons fait le tour des États-Unis en 2018 avec une tente-roulotte, un voyage de près de 28 000 km. En plus des visites à l’atelier pour l’entretien recommandé, nous avons eu à remplacer les deux roulements à billes des roues arrière, à faire réparer une fuite d’huile due au bris de la sonde de pression d’huile. Nous avons aussi eu un bris du faisceau de fils sur le différentiel arrière qui engage le rouage intégral. Toutefois, ce problème mal documenté et rare n’empêchait pas d’utiliser l’auto en mode traction. Une fuite d’huile des joints au différentiel arrière était causée par la corrosion bouchant l’aérateur situé sur le dessus du différentiel (une pièce de 10 $ qui entraîne des travaux très coûteux si on ne la détecte pas à temps). Des craquements du toit panoramique par temps chaud se sont manifestés l’été dernier pour clore ce chapitre. Comme vous voyez, même une Toyota peut avoir des problèmes sérieux. […] Cette voiture est fiable et offre un bon rendement. Nous la garderons encore jusqu’à ce que nous trouvions un véhicule aussi polyvalent, mais moins énergivore. Nous envisageons un véhicule d’occasion hybride ou électrique.

– Daniel Roy et Solange Moreau

Mauvais souvenir

Le plus mauvais véhicule (Venza V6 AWD) que j’ai possédé. Insonorisation catastrophique. Seulement acceptable sur les routes bien pavées américaines ou sur nos routes enneigées. Un vacarme de roulement assourdissant. Très bonne collaboration de mon concessionnaire. Celui-ci a procédé au changement des pneus et il a ajouté (sans succès) du matériel insonorisant. Mais refus total de Toyota de faciliter la terminaison du contrat de location de quatre ans. À éviter. […]

– Pierre Poitras

Irremplaçable

Je suis propriétaire d’un Venza 2013 (acheté neuf) équipé d’un V6, de sièges en cuir, d’un toit ouvrant, etc. J’ai 102 000 km au compteur. Mis à part l’entretien normal, je n’ai rien déboursé de plus pour mon Venza. Sa tenue de route, son insonorisation, son confort et surtout la fiabilité me conviennent parfaitement. Je n’ai qu’un seul problème avec ce véhicule : je lui cherche un remplaçant et je ne trouve actuellement aucun produit qui pourrait me satisfaire autant !

– Jean-François Poliquin

Fiche technique

Moteur

Essence : L4 DACT 2,5 litres ; 176 chevaux à 5700 tr/min ; 163 lb-pi à 5200 tr/min

Électrique : 3 moteurs électriques (synchrone à aimants permanents)

Batterie : 0.9-kWh lithium-ion

Puissance jumelée (essence-électrique) : 219 chevaux

Performances

Poids : 1775 kg (Limited)

Rapport poids/puissance : 8,1 kg/ch (Limited)

Capacité maximale de remorquage : non recommandé

Boîte de vitesses

De série : automatique CVT

Optionnelle : aucune

Mode d’entraînement : intégral (4 roues motrices)

Pneus

225/60R18 (LE)

225/55R19 (XLE, Limited)

Capacité du réservoir et essence recommandée

55 litres

Ordinaire

Consommation

6,8 L/100 km

Dimensions

Empattement : 2690 mm

Longueur : 4740 mm

Hauteur : 1675 mm

Largeur : 1855 mm

Fourchette de prix : de 38 490 $ à 47 690 $

Visible dans les concessions : maintenant

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