Une voiture est un objet complexe. Certes, l’importance de chaque élément qui compose cette complexité est variable, mais c’est dans l’aspect harmonieux de leur mariage que les meilleures émergent du lot. Avec la dernière cuvée de sa berline intermédiaire Sonata, Hyundai s’attarde à de nombreux détails pour menacer la suprématie japonaise dans la catégorie, un discours appuyé par une version hybride fort efficace.

Charles René Charles René
La Presse

Le design

PHOTO FOURNIE PAR HYUNDAI

Le design est intrigant à l’arrière avec un trait de diodes sur le couvercle du coffre qui s’interrompt sur les feux.

Cette Sonata cherche à asseoir son identité d’abord par son design. En nette cassure avec ses devancières, voire avec l’entièreté de son segment, sa manière de se différencier est à la fois originale et étonnamment posée. Ce qu’on dénote d’entrée de jeu ce sont les lacets de diodes qui s’accrochent sous les phares avant pour se prolonger sous le capot et graduellement s’estomper pour se fondre dans une bande chromée. L’effet visuel est impressionnant. La mise en scène visuelle est tout aussi intrigante à l’arrière avec un trait de diodes sur le couvercle du coffre qui s’interrompt sur les feux, décrivant alors des crochets. Sur la latérale, une ligne pincée en arc donne du relief à la ceinture de caisse. Les jantes de 17 po de la version hybride paraissent toutefois plutôt ténues dans les passages de roues d’une si grande voiture.

À bord

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Les matières utilisées dans l’intérieur sont de très grande qualité et appuient un réel souci esthétique, sans perdre de vue l’importance de l’ergonomie dans l’équation.

À l’instar de sa marque Kia, Hyundai réussit de génération en génération à repenser et à réellement bonifier la conception de ses habitacles. Si l’on se concentre strictement sur cet aspect de son offre, cette Sonata pousse à contester la réelle valeur ajoutée tangible des constructeurs de luxe, surtout leurs modèles d’entrée de gamme. Les matières utilisées sont de très grande qualité et appuient un réel souci esthétique, sans perdre de vue l’importance de l’ergonomie dans l’équation. Basse, la planche de bord dégage le grand pare-brise et surplombe des commandes ergonomiques et solides au toucher positionnées légèrement en angle vers le haut, pour la lisibilité. L’intégration des buses de ventilation, discrètes et minces, est aussi à saluer. Autre élément que l’on apprécie de cette Sonata : l’espace intérieur. À l’avant, le dégagement pour les jambes et la tête est remarquable, tout comme à l’arrière.

Sous le capot

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La base de cette Hyundai demeure toujours un quatre-cylindre de 2 L à injection directe produisant 150 ch uni à un moteur électrique de 51 ch.

Lorsqu’on se penche strictement sur cette livrée hybride, on constate que Hyundai a choisi de faire évoluer son groupe hybride précédent plutôt que de repenser entièrement la formule. L’avancée technique la plus intéressante réside dans l’utilisation de panneaux solaires sur le toit permettant d’alimenter les batteries et de légèrement augmenter l’autonomie en mode électrique (1,6 km en moyenne par jour). Sa base demeure toujours un quatre-cylindre de 2 L à injection directe produisant 150 ch uni à un moteur électrique de 51 ch et à une boîte automatique à six rapports. Ils entraînent uniquement les roues avant. Pas de boîte CVT donc, comme chez Honda (Accord hybride) et chez Toyota (Camry hybride), ce qui limite sans conteste les envolées sonores en forte accélération, mais gomme un peu la nervosité. Cette motorisation est par ailleurs très douce et frugale, sa consommation s’étant limitée à 5,6 L/100 km au cours de l’essai par temps automnal frisquet.

Derrière le volant

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Sur la route, on découvre un certain aplomb, gracieuseté des pneus Pirelli P Zero, un choix inhabituel pour une hybride, mais aussi en raison de son amortissement bien réglé qui favorise le confort.

Avec des pneus dotés d’une empreinte étroite et de flancs tout de même charnus (P215/55R17), la Sonata hybride limite les attentes concernant son comportement routier. Le tempérament placide de sa mécanique ne fait que renchérir ce constat. Sur la route, cependant, on découvre un certain aplomb, gracieuseté de ses Pirelli P Zero, un choix inhabituel pour une hybride, mais aussi en raison de son amortissement bien réglé qui favorise le confort. Certes, sa direction demeure très déconnectée de tout changement de revêtement, mais elle offre une précision satisfaisante. C’est évidemment à rythme détendu qu’elle est dans son élément. Une bonne insonorisation enveloppe l’habitacle, ce qui rend les longs trajets à vitesse constante fort agréables. La bonne position de conduite et la ceinture de caisse, pas trop haute, permettent une bonne visibilité latérale.

Les technologies embarquées

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La Sonata hybride impressionne avec son instrumentation entièrement numérique configurable et son écran d’infodivertissement de 10 po bien intégré visuellement au poste de conduite.

Au-delà de l’attention apportée à sa présentation, la Sonata veut se positionner comme un produit moderne, faisant l’étalage de beaucoup d’atouts technologiques. Certes, la version hybride n’est offerte qu’en livrée Ultimate, la plus équipée de toutes, mais elle impressionne avec son instrumentation entièrement numérique configurable et son écran d’infodivertissement de 10 po bien intégré visuellement au poste de conduite. Le système de dernière génération de Hyundai fait aussi un grand pas vers l’avant avec sa bonne définition ainsi qu’un design des menus qui rend la navigation très aisée. On aurait cependant aimé un appui physique à cette navigation qui ne peut se faire que de manière tactile. Autre élément digne d’intérêt : cette Sonata dispose de caméras latérales qui permettent de voir les angles morts dans le bloc d’instrumentation, un équipement de sécurité supplémentaire bien pratique.

Le verdict

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La nouvelle version hybride s’avance également comme une proposition beaucoup plus aboutie qu’antérieurement avec une mécanique révisée moins gourmande et un équipement fort garni.

Sans réellement stimuler les sens comme une Honda Accord pourrait le faire, cette huitième génération de la Sonata est sans conteste une voiture complète, réellement moderne et présentant nombre d’arguments concurrentiels. La nouvelle version hybride s’avance également comme une proposition beaucoup plus aboutie qu’antérieurement avec une mécanique révisée moins gourmande et un équipement fort garni qui pourrait faire rougir bien des véhicules œuvrant dans des segments plus luxueux. Cela étant dit, le choix de l’offrir uniquement en version Ultimate à un prix dépassant les 40 000 $ (40 099 $) rétrécit le bassin d’acheteurs potentiels qui pourraient se tourner vers des Accord et Camry offertes en livrées moins onéreuses. Il ne faut donc pas approcher cette Sonata comme une aubaine, mais bien comme un produit ambitieux, qui a sans doute les moyens de ses ambitions.

Carnet de notes

Efficacité aérodynamique

Pour diminuer sa consommation de carburant, cette Sonata a développé une carrosserie qui perce l’air avec une grande efficacité, présentant un coefficient de traînée presque aussi bon que celui du Model S de Tesla (0,24 cx comparativement à 0,23 cx pour Tesla).

Coffre spacieux

Grâce au positionnement astucieux de la batterie du système hybride, le coffre de la Sonata hybride est aussi accessible et spacieux que la version traditionnelle, soit 453 L de volume.

Transmission optimisée

Hyundai a concentré ses efforts sur la synchronisation du moteur électrique et à essence pour diminuer le temps de réponse de 30 %. Si ce gain est plus ou moins perceptible, c’est surtout la douceur des changements de rapports et des transitions de puissance qui l’est.

« Sons de la nature »

Le système d’infodivertissement de la Sonata hybride est doté d’un étrange menu « Sons de la nature » qui cherche à créer une ambiance relaxante en diffusant le bruitage de divers environnements allant d’une forêt jusqu’à un café ou un feu de foyer. Le but est de calmer les occupants alors qu’ils contemplent au ralenti les nombreux cônes orange.

De nombreuses béquilles de sécurité

La Sonata hybride est dotée d’un attirail de sécurité actif très complet proposé de série qui s’appuie sur 3 capteurs radar, 5 caméras et 12 capteurs à ultrasons.

Fiche technique

Version à l’essai : Hybride Ultimate

Moteur : L4 DACT 2 L + moteur électrique

Puissance : 150 ch à 6000 trs/min (moteur à essence) + 51 ch (moteur électrique), 192 ch au total

Couple : 139 lb-pi à 5000 tr/min (moteur à essence) + 151 lb-pi (moteur électrique), 271 lb-pi au total

Transmission : automatique à six rapports avec mode manuel

Architecture motrice : Moteur hybride transversal avant, traction

Consommation (ÉnerGuide) : 5 L/100 km

Prix (avec options, transport et préparation) : 42 535 $

Concurrentes : Honda Accord hybride et Toyota Camry hybride

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