Voilà bien longtemps qu’un véhicule n’avait été attendu avec autant d’impatience de ce côté-ci de l’Atlantique.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Pour comprendre l’immense capital de sympathie dont jouit aujourd’hui le Bronco, il importe d’examiner le modèle des débuts et non ceux des cinq générations ventripotentes qui lui ont succédé.

PHOTO FOURNIE PAR FORD MOTOR CO.

Né à l’automne 1964, le premier Bronco avait été conçu autour d’une plateforme unique. Animé d’un moteur six cylindres en ligne (105 chevaux) à ses débuts, le Bronco accueillit des moteurs V8 de plus en plus puissants. Ces derniers étaient tous accolés à une boîte manuelle à trois rapports dont le sélecteur se trouvait grimpé sur la colonne de direction. La boîte automatique n’est apparue qu’en 1973.

Apparu en 1965 pour faire pièce au Jeep CJ-5 et à l’International Harvester Scout, le Bronco était alors un modèle; désormais, c’est une marque à part entière.

Comme au bon vieux temps

Une marque a rarement mis en scène sa propre légende avec autant de soin. Amovibles, les poignées de maintien se laissent repositionner où bon nous semble, tandis que de jolis œillets sur le capot permettent de ficeler à l’une de ses extrémités un canot sur le toit. On retrouve même un ouvre-bouteille intégré à l’arrière.

Et, tout comme le Jeep Wrangler, son principal concurrent, le Bronco se laisse dénuder. Toit (souple ou dur) et portières se retirent pour éprouver les sensations de la conduite en plein air.

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Comme le Jeep Wrangler, son principal concurrent, le Bronco se laisse dénuder. Toit (souple ou dur) et portières se retirent pour éprouver les sensations de la conduite en plein air.

Par rapport à l’offre de Jeep toujours, le Bronco refuse de faire basculer son pare-brise contre le capot, mais aménage cependant des réceptacles dans la partie arrière pour ranger les portières (21 kg chacune).

Si l’on remarque d’abord la sensibilité rétro du design, son style résolument moderne finit pourtant par s’imposer. La configuration des phares, la somme de petits détails comme le montage des rétroviseurs sont des modèles du genre.

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Le Ford Bronco 2021 aura son lot d’admirateurs.

Le Bronco, dont la commercialisation débutera au printemps prochain, est une réinterprétation fort réussie du modèle fondateur. Avec ce qu’il faut de sincérité, de sens de la mise en scène et de roublardise pour caresser le public dans le sens de la nostalgie.

Un air de famille

Savamment orchestrée, la filiation entre l’ancien et le nouveau Bronco s’impose dès le premier regard. Bien que plus massif que l’ancien dans tous les domaines (hauteur, largeur, longueur et empattement), le Bronco est reconnaissable à ses gros phares tout ronds disposés autour d’une fine calandre sur laquelle est inscrit son nom. À l’intérieur, les stylistes s’en sont également donné à cœur joie, multipliant les clins d’œil : boulons apparents, emblèmes, absence de moquette et sièges bicolores.

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Parmi la pléiade d’accessoires du Bronco, on retrouve des fixations pour votre téléphone portable ou votre caméra de type GoPro. À noter que des caméras se trouvent à la hauteur des roues avant pour faciliter les passages dans les zones difficiles. Les amateurs de tout-terrain apprécieront.

Ford insiste sur la modernité du nouveau modèle. Bien qu’attachant, le premier Bronco n’était ni un modèle de sécurité passive ni un monstre de technologie. En revanche, cette nouvelle génération met un point d’honneur à retenir les dernières avancées en matière de sécurité chez Ford.

Assemblé aux États-Unis sur un châssis à échelle dérivé de l’actuel Ranger (une camionnette), le Bronco cache sous son capot une mécanique suralimentée comptant quatre (2,3 litres) ou six cylindres (2,7 litres), au choix du consommateur.

De série, le quatre cylindres épouse une boîte manuelle à sept rapports. La motorisation V6, elle, retient les services d’une transmission automatique à dix rapports. Tous les Bronco bénéficieront d’un rouage à quatre roues motrices, mais la boîte de transfert différera en fonction de la déclinaison retenue.

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Parce qu’il s’ouvre en direction du trottoir, l’ouvrant latéral pour accéder au coffre n’apparaît pas des plus pratiques. En revanche, les amateurs de fêtes d’avant-match (tailgate party) apprécieront la présence de cette plaque coulissante qui fait office de battant.

Instruit de sa propre expérience et de celle des autres constructeurs, Ford a constitué un interminable catalogue d’options (plus de 200 accessoires se trouvent dans ses rayons) destinées à personnaliser le nouveau Bronco. Tout cela vise aussi à faire grimper la facture de cet utilitaire dont le tarif (à partir de 40 199 $) n’est pas particulièrement bon marché et peut même grimper à plus de 60 000 $.

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Parmi les innovations intégrées dans la conception des Bronco, soulignons les rangements dissimulés sous les assises des sièges, un ouvre-bouteille ou encore le positionnement des tubulures de toit pour dégager au mieux les places arrière.

L’arrivée d’un autre modèle, doté cette fois d’un plateau de transport (camionnette), est à prévoir pour concurrencer l’actuel Gladiator de Jeep.

Et le petit ?

Parallèlement au Bronco (deux et quatre portes), Ford proposera, et ce, dès l’automne, le Bronco Sport. Ce dernier, plus accessible financièrement (32 199 $), s’attaque aux déclinaisons Trailhawk des Compass et Cherokee.

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Le Bronco Sport sera sans doute perçu par les disciples de la marque comme l’intrus au sein de cette famille d’utilitaires pur jus. Déposé sur l’architecture de l’Escape, le Bronco Sport permet de tracter une charge pouvant atteindre 997 kilogrammes (2 litres) comparativement à 1587 kg pour le Bronco 2 et 4 portes.

Contrairement au Bronco, le Sport repose sur une architecture similaire à celle du Ford Escape. Du coup, le Bronco Sport hérite des mêmes mécaniques, à savoir le trois cylindres 1,5 litre et le quatre cylindres 2 litres. Ces motorisations transmettent puissance et couple, par l’entremise d’une boîte automatique à huit rapports, à un rouage intégral à prise temporaire.

Dans des conditions routières normales, le Bronco Sport est entraîné par ses roues avant. Un dispositif plus sophistiqué, offert sur la déclinaison Badlands, permet de bénéficier d’un différentiel arrière multidisque plus performant pour les excursions hors route.