Le salon automobile de Detroit, qui a débuté dimanche, est largement placé sous le signe de l'environnement avec des consommations réduites et des motorisations hybrides essence-électricité désormais omniprésentes, jusque sur les 4X4 très prisés des Américains.

Publié le 14 janv. 2008
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les grands groupes nationaux, General Motors, Ford et Chrysler, rivalisent de propositions innovantes et de concept-cars pour illustrer leur engagement vers des voitures plus propres, face à la hausse du prix du pétrole qui inquiète les consommateurs américains.

Le PDG de General Motors, Rick Wagoner a donné le ton en appelant à «développer des propulsions alternatives».

«C'est une nécessité pour l'industrie et une obligation vis à vis de la société», a lancé le patron de GM, en rappelant que le monde consomme désormais 1.000 barils de pétrole à chaque seconde.

General Motors, qui présente la Cadillac Provoq, un 4X4 propulsé par une pile à combustible, va lancer dans les prochaines semaines une flotte expérimentale de 100 Chevrolet Equinox avec cette technologie. GM annonce aussi 8 différents modèles hybrides aux États-Unis d'ici la fin 2008 et 16 nouvelles voitures hydrides dans les 4 ans.

Mais pour Rick Wagoner, les économies dans un futur immédiat doivent passer par l'extension de la diffusion des biocarburants. GM a annoncé avoir conclu un partenariat avec la société Coskata dans le secteur de l'éthanol, et pour preuve de son engagement, a dévoilé un prototype Hummer, le symbole même du 4X4 gros consommateur, fonctionnant à l'E85.

Du côté de Ford, le président du groupe Bill Ford a annoncé lui-même «un engagement mondial» pour devenir «leader en durabilité». Comme les constructeurs européens, Ford s'est d'ailleurs doté d'un label à vocation écologique, baptisé Ecoboost, qui sera même décliné en 2010 sur les gros pick-ups de la série. Ford veut vendre 500.000 voitures sous ce label dans les cinq ans.

Une double contrainte

De fait, le marché automobile américain doit faire face à une double contrainte, la hausse continue du prix de l'essence et le durcissement de la réglementation sur la consommation des véhicules, qui devrait être réduite de 20 à 40% en 2020 par rapport à 1985.«Le thème avance très sérieusement alors que le sujet n'existait pas auparavant», remarque Herbert Kohler, vice-président de Mercedes en charge de l'environnement.

Chrysler est aussi présent sur ce créneau en présentant des prototypes avec des propulsions électriques, avec piles à combustible ou des hybrides.

Les constructeurs asiatiques, désormais bien installés aux États-Unis, avec une part de marché de plus de 40%, ne sont pas en reste et Toyota ne manque pas de rappeler son ancienneté dans le mode hybride.

L'amélioration des performances des véhicules formant encore le coeur du marché, les tout-terrains et autres pick-ups, est donc à l'odre du jour.

D'autant plus que le diesel, qui permet une consommation réduite, reste quasiment absent dans l'automobile américain, même si certains analystes jugent son développement inéluctable à moyen terme.

Chez Mercedes, le lancement de véhicules diesel en 2006 est jugé satisfaisant et représente «une motivation pour aller de l'avant», selon M. Kohler.

Les habitudes changent peu à peu aux États-Unis et notamment dans les villes, où les voitures plus compactes ont commencé à se faire une place.

Cette évolution récente a conduit le groupe allemand Daimler (Mercedes) a lancer cette année aux États-Unis la Smart, en mettant en avant sa modeste consommation. Les premières seront livrées cette semaine.

La vogue du «vert» touche jusqu'aux constructeurs de luxe, puisque Ferrari présente pour la première fois une F430 Spider fonctionnant au biocarburant. Certes, le modèle n'est pour l'heure qu'un prototype, mais «nous avons la technologie et nous sommes prêts» si la situation évolue, dit Adam Rowley, vice-président de Ferrari North America.