Cinq mois après l'éclatement du scandale des moteurs truqués de Volkswagen, l'ONG à l'origine de l'affaire, ICCT, déplore une réaction insuffisante du secteur automobile dans son ensemble et des progrès trop timides dans les efforts européens d'une meilleure régulation.

Publié le 17 févr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Des émissions trop élevées» de substances polluantes dans le secteur automobile «restent la norme» dans le secteur automobile, a regretté mercredi Vicente Franco, expert de l'International Council on Clean Transportation (ICCT).

C'est cette ONG qui, sur la base de mesures qu'elle avait commanditées, a alerté les autorités américaines sur les dépassements de plafonds d'émission des voitures de Volkswagen, point de départ du «dieselgate», véritable séisme pour le secteur automobile mondial. Volkswagen a reconnu avoir équipé 11 millions de voitures dans le monde d'un logiciel truqueur, qui permettait de faire passer les véhicules pour moins polluants qu'ils ne sont.

Depuis l'éclatement de l'affaire en septembre dernier, beaucoup d'autres ONG et des journalistes se sont emparés du sujet et ont conduit des tests et mesures, s'est réjoui M. Franco. «Mais les constructeurs se contentent de pointer des failles dans la régulation plutôt que d'apporter des réponses techniques», déplore-t-il.

Entre temps les 28 pays de l'Union européenne se sont entendus pour modifier les règles de tests, qui devront à l'avenir mesurer les émissions en condition réelle de conduite (RDE, pour real driving emissions) plutôt qu'en laboratoire. Une avancée en demi-teinte, puisque les constructeurs ont obtenu en contrepartie des assouplissements substantiels sur le plafond des émissions polluantes pour les moteurs diesel.

Ces propositions restent «un pas dans la bonne direction, mais ne sont pas suffisantes», a déclaré M. Franco, regrettant notamment que les constructeurs puissent toujours faire effectuer les tests par les organismes de leur choix.

De toute façon «quoi que l'on fasse aujourd'hui, cela prendra des années pour faire effet», a conclu M. Franco, renvoyant à «des années de contrôles insuffisants».

Il s'exprimait lors d'une table ronde sur le scandale Volkswagen organisée à Berlin par le groupe parlementaire du parti d'opposition Vert.