Ford a lancé une enquête sur les émissions polluantes réelles de ses voitures après que des employés ont signalé des erreurs dans les données communiquées aux autorités, même si le constructeur assure ne pas avoir conçu de logiciel truqueur pour tromper les consommateurs.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Cette enquête et les craintes potentielles soulevées ne portent pas sur des logiciels destinés à truquer les émissions de nos produits », affirme, dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi, la marque à l'ovale bleu, ajoutant que l'investigation ne remet pas en cause les caractéristiques économies d'énergie accolées à ses voitures.

« En septembre, une poignée d'employés a soulevé des questions sur notre plateforme d'alerte anonyme Speak Up au sujet des modèles analytiques utilisés dans les procédures règlementaires des économies d'énergie et d'émissions » d'oxyde d'azote (NOx), un gaz tenu pour responsable de nombreuses affections respiratoires, déclare Kim Pittel, responsable des questions environnementales citée dans le communiqué.

Les données sur les émissions polluantes des voitures Ford fournies aux autorités règlementaires seraient tronquées parce qu'elles contiendraient des erreurs non détectées lors des tests sur route.

À la suite de ces alertes, Ford a démarré une enquête en interne et est en train d'évaluer s'il doit changer ses procédures, est-il précisé dans le communiqué.

Le groupe a informé l'Agence américaine de protection de l'environnement et le régulateur californien cette semaine pour leur faire part de ces irrégularités.

Il a également engagé un cabinet d'avocats pour conduire une enquête indépendante. Un laboratoire indépendant conduit pour sa part des tests, dont le premier concerne la camionnette Ranger année modèle 2019

Les résultats sont attendus la semaine prochaine.

« Nous ne pouvons prédire le résultat et ne pouvons garantir que [cette affaire] n'aura pas un impact matériel négatif sur nous », écrit l'entreprise dans un document adressé au gendarme de la Bourse.

Ford affirme ne pas être en mesure d'estimer le nombre de véhicules et de modèles potentiellement concernés et ne sait pas s'il va devoir revoir sa copie.

En 2013, Ford avait dû rectifier les économies d'énergie attribuées à la C-Max hybride et avait dû dédommager des clients un an plus tard après avoir revissé les émissions polluantes de six autres modèles.

Cette enquête survient un mois après une amende de 515 millions de dollars infligée à Fiat Chrysler, accusé par les autorités américaines d'avoir équipé plus de 100 000 véhicules d'un logiciel truqueur.