Ferrari a eu une idée géniale pour augmenter ses profits : augmenter ses prix. La marque au cheval cambré va proposer d'ici 2022 15 nouveaux modèles de plus en plus puissants, de plus en plus exclusifs et exotiques, et de plus en plus chers.

DENIS ARCAND LA PRESSE

C'est ce qu'a expliqué aux actionnaires le directeur commercial Enrico Galliera, mardi, et il a montré le premier exemple de cette nouvelle stratégie d'affaires en dévoilant la monoplace Monza SP1 et sa soeur à deux places la Monza SP2. Ces deux voitures sont les premières d'une nouvelle série appelée Icona, qui s'inspire des coursières Ferrari des années 50 et 60.

«Pare-brise virtuel»

Il n'y a ni toit ni pare-brise --l'habitacle de la SP1 est littéralement un cockpit-- dans ce design évoquant la Ferrari 166 MM 1948 et d'autres coursières de type «barchetta» comme les Monza 750 et 860, nous dit Ferrari.

Au volant de ces voitures d'antan, les coureurs portaient des lunettes de pilote d'avion et, à la ligne d'arrivée, ils avaient parfois le visage tuméfié par un insecte que leur visage avait écrasé durant la course. Mais ne vous inquiétez pas pour les millionnaires du XXIe siècle, ils n'auront pas ces soucis. 

D'abord, Ferrari va protéger leurs yeux en leur vendant des lunettes imitant celles de ces années folles et une série de produits dérivés de haute qualité et de hauts prix --casques, foulards, gants-- faits en sous-traitance par deux fournisseurs dénommés Loro Piana et Berluti, des marques qu'on ne doit pas voir souvent à L'Aubainerie.

Par ailleurs, les aérodynamiciens de Ferrari ont trouvé un moyen pour que ces lunettes soient purement esthétiques : un «pare-brise virtuel» breveté qui fait dévier  le flux d'air vers le haut et par dessus la tête du conducteur.

On sauvera la planète un autre tantôt

Ferrari a aussi annoncé que presque 60 % de ses nouveaux modèles seront hybrides d'ici 2022. En attendant, avec les Monza SP1 et SP2, on reste dans le moteur à combustion interne, et pas un petit.

Ces deux variantes de la Monza --qui seront fabriquées à seulement 500 exemplaires, au total-- sont mues par le plus puissant moteur jamais produit par Ferrari. Le V12 de 6,5 L génère 809 ch, produit un couple de 539 lb-pi. Il permet le 0-100 km/h en 2,9 sec, le 0-200 km/h en 7,9 sec et une vitesse maximale de 300 km/h. On sauvera la planète une autre fois, faut-il croire.

Malgré leur style rétro, les deux voitures seront bourrées de technologies de pointe. Ferrari dit que ces technologies viennent de la F1, c'est probablement vrai, mais on soupçonne qu'il y a surtout une pléthore d'aides à la conduite permettant aux pilotes du dimanche de ne pas envoyer leurs luisants bolides dans le fossé.

Ferrari n'a pas révélé la consommation d'essence ni les émissions de CO2 par km de ces voitures à la carrosserie de fibre de carbone, et si les ingénieurs de Ferrari ont trouvé une façon de respecter les normes environnementales, chapeau !

On ne connait pas le prix des Monza SP1 et SP2 mais mardi dernier, le directeur commercial Enrico Galliera a promis aux actionnaires que les nouveaux modèles produiront pour Ferrari une augmentation «significative» du prix moyen de vente.