Bien que certains hauts dirigeants s'inquiètent de l'avenir, les ventes d'automobiles vont de record en record cet été. L'embellie se poursuit au Canada, comme ailleurs dans les marchés qui étaient en difficulté l'an dernier.

Publié le 17 août 2015
Sébastien Templier LA PRESSE

La différence est infinitésimale: 736. C'est le nombre d'exemplaires supplémentaires vendus au Canada le mois dernier par rapport à juillet 2014. Les 177 844 modèles vendus au pays à ce moment-ci de l'année alimentent une année 2015 qui sera - elle aussi - une année record. Un tel chiffre pour un mois de juillet, c'est extrêmement rare, pour ne pas dire exceptionnel.

Et ce chiffre tire les bilans à la hausse. On a dépassé, en juillet dernier, le cap des 1,1 million de véhicules vendus un mois plus tôt qu'en 2014, pourtant l'année record de tous les temps.

La faiblesse des taux, les offres commerciales agressives des concessionnaires et un relatif vieillissement du parc automobile sont quelques-unes des explications de cette tendance que l'on observe même dans les marchés européens ayant connu il n'y a pas si longtemps des moments difficiles.

Les ventes sont reparties à la hausse dans la plupart de ces gros marchés et les États-Unis sont en voie d'enregistrer leur deuxième année record consécutive. À ce rythme, le Canada va connaître d'ici le 31 décembre une troisième année record d'affilée.

Aussi étrange que cela puisse paraître au premier abord, ces chiffres de ventes ne rassurent pas quelques-uns des grands constructeurs. Depuis quelque temps, Sergio Marchionne martèle que l'industrie automobile fait face à un avenir «désastreux». Pour le président de Fiat Chrysler Automobiles, les constructeurs gaspillent trop de fonds propres en recherche et développement.

Il faut souligner qu'ils sont poussés à le faire par les exigences des gouvernements en matière de réduction des émissions polluantes et d'amélioration de la sécurité. L'allègement des voitures, le coût croissant des moteurs et l'apparition des technologies de pointe en sont des conséquences. Les consommateurs ont aussi leurs exigences dans certains domaines. L'avènement de la voiture connectée et surtout autonome pousse les constructeurs à investir davantage.

En avril dernier, Marchionne en a appelé à la «consolidation» pour éviter de sérieux écueils, autrement dit à la fusion éventuelle entre grandes marques et grands constructeurs.

«Il est important de comprendre ce que fait ici Sergio Marchionne. C'est un très bon point qu'il soulève, mais il a un intérêt dans ce raisonnement: il dirige une entreprise qui est probablement celle de l'industrie qui fait face au plus grand nombre de défis», a précisé récemment auprès d'Automotive News l'analyste Arndt Ellinghorst.

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La production canadienne en recul

La production automobile canadienne recule encore cette année. En date du premier semestre, sa part en Amérique du Nord s'est élevée à 12,5% comparativement à 13,9% au 30 juin 2014. Le fastidieux rééquipement de l'usine Chrysler de Windsor explique en partie cette observation.

Encore une fois, le Mexique bénéficie de ce lent déclin, assurant 19,7% de la production automobile du continent (pour autant que l'on considère le Mexique comme faisant partie de l'Amérique du Nord). À pareille époque l'an dernier, sa part était de 18,5%. Avec leurs nouvelles usines, Mazda et Honda sont les principaux contributeurs à cette croissance.

La part des États-Unis dans la production se stabilise à 67,8%. Au Canada, le sort des usines GM d'Oshawa et Chrysler de Brampton reste incertain.