Selon la croyance populaire, les prix à la pompe ne répondent pas seulement aux impératifs du marché mais aussi à ceux des détaillants.

Publié le 9 avr. 2008
Hélène Baril LA PRESSE

Ainsi, comme plusieurs lecteurs nous le font remarquer régulièrement, les prix à la pompe semblent augmenter systématiquement à certaines occasions.

Comme le vendredi, par exemple, alors que beaucoup d'automobilistes font le plein pour le week-end. Ou la veille d'un long congé, parce que les déplacements en voiture sont plus fréquents.

Les opérations déneigement de la ville, qui lancent dans les rues une armada de camions, charrues et souffleuses, coïncident souvent avec une hausse des prix à la pompe, nous ont fait remarquer des observateurs.

Simples coïncidences? Le CAA-Québec a voulu en avoir le coeur net et a examiné le marché de l'essence à Montréal et à Québec avant, pendant et après les week-ends et tous les longs congés de 2007.

Sa conclusion: ce sont des légendes urbaines. «Le prix de l'essence qui monte le vendredi ou à l'aube des longs week-ends semble une fois de plus avoir été un mythe en 2007», a constaté le CAA-Québec.

Son examen indique que le prix de l'essence a augmenté six fois seulement à Montréal le vendredi pendant l'année.

À la veille des huit longs week-ends de l'année, les prix à la pompe ont augmenté trois fois, baissé quatre fois et n'ont pas bronché une fois.

Rien ne permet donc de conclure que les détaillants profitent des périodes de grands déplacements pour augmenter leurs prix, explique la porte-parole de l'organisme, Sophie Gagnon.

Par contre, le CAA-Québec a observé que le commerce de l'essence devient de plus en plus payant pour les détaillants.

À Montréal, la marge de détail, qui inclut les coûts d'opération et les profits, est passée de 4,5 à 5,1 cents par litre de 2006 à 2007. Au débat de 2008, cette marge était rendue à 5,5 cents par litre.