Kim Clavel a trahi trop de promesses. François Lambert s’est sali les mains rapidement et inutilement. Le seul concurrent qui a traversé les 13 semaines sans froisser personne, avec agilité et humilité, c’est Jean-Thomas Jobin, et il a remporté la première édition de Big Brother Célébrités, dimanche soir, sur les ondes de Noovo.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

En plus, l’humoriste de 45 ans versera la totalité de sa bourse de 50 000 $ (sauf 0,75 $) à la Fondation des gouverneurs, qui épaule les familles d’enfants gravement malades. Un geste qui l’honore et qui confirme que le jury formé par les 12 anciens participants a voté « du bon bord ».

Cette unanimité en finale se voit rarement, d’ailleurs. En même temps, Jean-Thomas Jobin a contrôlé le jeu de Big Brother avec une maestria époustouflante. Dès les premiers épisodes, ça se voyait que notre homme à la casquette et aux baskets rouges avait étudié la Bible des téléréalités, qu’il savait précisément quelle stratégie adopter, qu’il connaissait les pièges à éviter.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Jean-Thomas Jobin

Contrairement à Laurence Bareil, il n’a jamais joué trop gros, trop vite. Et contrairement à Varda Étienne, Marie-Chantal Toupin ou Emmanuel Auger, il n’a jamais abandonné, même quand ça se corsait pour lui.

La victoire de Jean-Thomas Jobin n’a surpris personne. Le trio dominant qu’il formait avec la boxeuse Kim Clavel et l’entrepreneur François Lambert raflait toutes les épreuves depuis de nombreuses semaines. À Big Brother, même si ta joute sociale cartonne, si tu ne remportes aucun défi, tu ne sers strictement à rien.

L’alliance formée par Jean-Thomas, Kim et François a survécu au groupe des penne, aux valentins, au groupe « de un » de Camille et aux condiments.

Au fil des émissions, Jean-Thomas Jobin a navigué avec intelligence et rationalité, avec une rafraîchissante dose de vulnérabilité, qui a manqué du côté de François Lambert.

J’aurais adoré que Camille Felton, 21 ans, progresse jusqu’en finale. L’increvable souris atomique de L’Île-Bizard a connu une deuxième moitié d’aventure renversante, se sauvant la peau plus d’une fois. C’est la seule qui a réussi la rédemption. C’est également la seule qui a survécu à l’effondrement de ses alliances.

Bien content, par contre, du prix du public remis à l’humoriste Richardson Zéphir, 43 ans. Quel chic type.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE NOOVO

L’humoriste Richardson Zéphir

Mention spéciale aussi à Marie-Mai, qui a animé les soirées du dimanche avec beaucoup de naturel et d’assurance. Dimanche soir, sur un plateau assez agité, Marie-Mai a dirigé les conversations comme une pro. Et bravo pour l’audace vestimentaire dont elle a fait preuve tout au long de la saison.

Question cruciale, en terminant : Claude Bégin prononcera-t-il une phrase complète lors du « Dernier confessionnal » de Big Brother Célébrités ? Réponse le dimanche 18 avril à 19 h.

Double élimination cruelle

Il ne reste plus que six concurrents, trois gars et trois filles, à la veille des demi-finales de Star Académie, qui décollent la semaine prochaine sur les ondes de TVA.

Dimanche soir, le public a protégé William Cloutier, 25 ans, et les profs ont repêché Lunou Zucchini, 25 ans. Shayan Heidari, 21 ans, et Maëva Grelet, 20 ans, ont donc bouclé leurs valises lors d’une compétition très serrée, il faut le dire. Aucun ratage dans les quatre prestations des académiciens en danger.

Ce gala de 2 h 15 min a cependant été très inégal, alors que les émissions s’amélioraient constamment depuis le début de la saison. D’abord, on jurerait que Mika et ses numéros spectaculaires ont tout bouffé le budget de mise en scène. Il ne restait que des grenailles – et beaucoup de cubes – pour le passage d’Isabelle Boulay, qui a greffé deux reprises (Tandem de Vanessa Paradis et We’re Not Gonna Take It du groupe Twisted Sister) à son pot-pourri de cinq chansons, alors que son répertoire renferme tellement de classiques. Ç’aurait été sympa de les rejouer.

L’hommage à Elton John, avec ses costumes cheapo achetés chez Party Expert, a été le moment le moins intéressant de la soirée. Les chorégraphies simplettes, William qui s’enfarge dans Tiny Dancer, ça manquait d’envergure, tout ça. Dommage.

Puis, le moment tant attendu : le grand retour sur scène de Francine Raymond après 15 ans d’absence. La publicité du télé-crochet roulait là-dessus depuis des jours. Le problème, c’est que Francine Raymond ne désire plus se trouver sous les projecteurs. Elle n’a donc chanté qu’une seule de ses compositions, Pour l’amour qu’il nous reste, avec l’aide de Lunou Zucchini.

Il s’agit de la décision de Francine Raymond, pour des raisons qui lui appartiennent (elle en parlera ce lundi à l’émission de radio de Pénélope McQuade). On respecte évidemment son choix, rien à dire là-dessus. C’est le marketing et la promotion autour du passage de cette grande dame qui ont été trompeurs. Cela dit, ça faisait du bien de réentendre ses succès comme Vivre avec celui qu’on aime, Pense à moi, Souvenirs retrouvés et Y’a les mots. Ces pièces vieillissent très bien.

Ce qui frappe en visionnant Star Académie cette année, c’est la solidarité qui unit les locataires du manoir de Waterloo. Ils s’encouragent, se serrent dans leurs bras, s’épaulent. C’est beau à voir, vraiment. Surtout en cette période d’instabilité où les réseaux sociaux débordent d’insultes et d’agressivité.