Je comprends le désamour des fans envers Caméra café. Ce « remake » de TVA est raté. J’ai réessayé de m’en servir une deuxième tasse, et même une troisième, il faut ce qu’il faut pour se fouetter le cerveau, mais c’est fade, peu sucré et zéro corsé.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

J’ai relu ma première critique de ce Caméra café 2.0, publiée après le visionnement des deux premiers épisodes, et c’était vraiment trop gentil. Réchauffé, mais buvable, disais-je, en résumé. Oui, mais non. Ça goûte plutôt le fond de silex abandonné trop longtemps sur le réchaud.

CAPTURE D’ÉCRAN DE CAMÉRA CAFÉ, TIRÉE DU SITE DE TVA

Il y a un côté triste à voir autant de bons acteurs (Marie-Soleil Dion, Anne-Élisabeth Bossé, Sylvie Léonard) se débattre avec des textes aussi faibles.

L’épisode de la semaine dernière, où l’avocat Jean-Marc (Didier Lucier) s’achetait un vélo haut de gamme pour pouvoir porter des cuissards coussinés, était sans saveur, dilué dans un nuage de clichés. Mercredi soir, les employés du bureau participaient à une pige d’amis secrets et ça m’a achevé.

En comparaison avec Entre deux draps, Les mecs ou même Contre-offre, des propositions de sitcom plus modernes, Caméra café a l’air de sortir d’un Dunkin’Donuts des années 90.

C’est caricatural, surjoué et les gags sont aussi prévisibles que les résultats du concours « déroule le rebord » : on ne gagne jamais. Il y a un côté triste à voir autant de bons acteurs (Marie-Soleil Dion, Anne-Élisabeth Bossé, Sylvie Léonard) se débattre avec des textes aussi faibles.

Les cotes d’écoute démontrent l’ampleur du dégât de Caméra café. À peine 291 000 braves ont enduré le dernier épisode, qui a été battu par La semaine des 4 Julie sur Noovo (318 000). Le débranchement de cette machine vieillotte ne surprendra personne.

Toujours à TVA, je comprends moins bien la baisse d’intérêt envers Les beaux malaises 2.0. L’épisode de mercredi contenait une délicieuse scène classique de cette comédie, celle du « cours de conduite », où Martin Matte frôlait la syncope dans le siège du passager, tandis que son fils Léo (Édouard Tremblay-Grenier) maniait le volant de façon hyper nonchalante.

J’ai reculé la séquence quatre fois et les mimiques de Martin Matte, parfaitement contrôlées, m’ont rappelé celles, tout aussi rigolotes, d’Éric Bernier assis dans la même voiture que Monique Miller dans Tout sur moi. Corrige, Monique. Corrige !

De 1,6 million pour la grande première, les cotes d’écoute des Beaux malaises ont chuté à 1,2 million, puis à 917 000 pour remonter à 1 034 000 téléspectateurs mercredi. Qu’est-ce qui explique cette chute marquée ?

À lire vos commentaires, vous vous attendiez à vous taper davantage les cuisses devant Les beaux malaises 2.0. C’est vrai, on rit moins que dans les saisons précédentes, parce que la séparation de Martin et Julie (Julie Le Breton) a débouché sur des scènes plus poignantes qu’hilarantes, on va se le dire.

Ce divorce difficile, mais pas acrimonieux, a modifié l’ADN de la série, qui reposait sur la belle dynamique entre Martin et Julie, un couple uni qui affrontait la routine, leurs problèmes au boulot et les ennuis domestiques en équipe. Ils étaient formidables ensemble. Vraiment.

Mais j’aime que Martin Matte n’ait pas voulu se répéter, qu’il explore davantage l’autoréférence dans ses épisodes et qu’il montre crûment une réalité qui frappe 50 % des couples : leur éclatement.

Oui, c’est confrontant. Et oui, ça peut déplaire aux amateurs de la première mouture, habitués à plus de cadres à poser sur le mur et à moins de tristesse, comme pour la finale de mercredi avec Martin Matte et son frère Marc-André (Fabien Cloutier) dans une magnifique scène douce-amère sur 1990, de Jean Leloup. Moi, je suis fan.

Maintenant, la quotidienne de Star académie. Je l’ai trouvée bien meilleure que l’émission de variétés de dimanche. L’emballage visuel est superbe et la nouvelle chanson thème, c’est de la bombe.

Il manque peut-être des moments du quotidien dans l’Académie, qui font que l’on s’attache à ces jeunes aspirantes stars. L’accent est mis sur la formation musicale des concurrents, ce qui pourrait devenir lassant. C’est comme Big Brother Célébrités, qui ne conserve que les segments où les joueurs discutent de stratégie. À un moment donné, il faut varier la recette.

L’atelier d’Ariane Moffatt a été beaucoup trop long et celui de Xavier Dolan, assez convenu. En gros, le cinéaste leur a dit de rester eux-mêmes et de ne pas trop se fier aux critiques. D’accord. La préparation du prochain gala avec Gregory Charles, tout comme l’évaluation des candidats en danger, ont marqué des temps forts.

En tant que directrice, Lara Fabian a pris une tangente Isabelle Boulay-esque en évoquant la passation de la douleur, une douleur qu’on « est capable de dissoudre en se connectant à celle des autres ». On attend la traduction française, ce serait apprécié.

Aux audimètres de la firme Numeris, c'est de mauvais augure pour la coûteuse téléréalité musicale de TVA. Après un sommet à 935 000 téléspectateurs lundi soir, l’émission quotidienne de mardi (743 000) a été battue par La facture (847 000) et celle de mercredi (733 000) a dépassé de justesse L’épicerie (604 000).

En même temps, comme dirait l’autre, ce n’est pas fini, c’est rien qu’un début. Non, attendez. Ça, c’était en 2003, à l’apogée du phénomène. Désolé pour la confusion.