Il y a beaucoup de stock dans la nouvelle comédie Drôles de Véronic à TVA : des sketchs, des parodies, de vraies chansons, des chansons inventées, de fausses publicités et des imitations. Le tout servi en portions de quelques minutes et livré de façon express.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Le seul fil conducteur, c’est Véronic DiCaire, la talentueuse star de cette nouveauté qui décolle le mercredi 27 janvier à 21 h 30, tout de suite après Les beaux malaises 2.0.

Pas de doute possible, Drôles de Véronic s’ancre dans l’humour et le ton d’émissions à la SNL ou Like-moi ! Et comme pour ces productions en courtepointe, c’est souvent inégal. Pour un excellent flash, il y a toujours un segment moins intéressant. On n’y échappe pas.

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Véronic DiCaire, star de Drôles de Véronic, nouveauté de TVA qui décolle le mercredi 27 janvier à 21 h 30

Le premier épisode de Drôles de Véronic s’ouvre avec une idée qui fait très SNL, soit celle de « la fille qui ne sait pas qu’elle dérange tout le monde ». Ce personnage inadéquat et maladroit, joué par Véronic DiCaire, reviendra pendant toute l’émission, à divers moments.

Puis, on enchaîne avec un pastiche de vidéoclip country, Le verre solitaire, très moyen. C’est avec la parodie de l’émission Découverte que Drôles de Véronic dévoile son potentiel. Charles Tisseyre, campé par Éric Bernier, présente des artistes qui ont dû se réinventer en période de pandémie, dont une Isabelle Boulay devenue meneuse de bingo et Sarah-Jeanne Labrosse, maintenant égérie de la pompe à essence. Ça fonctionne.

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Le numéro de « la fille qui ne sait pas qu’elle dérange tout le monde » revient dans toute l’émission.

Plusieurs comédiens entourent Véronic DiCaire dans ce projet, dont Éric Bernier, Catherine Chabot, Josée Deschênes, Benoît Mauffette, Gabrielle Côté, Anglesh Major et Sharon Ibgui, qui campe la mère voilée de Sassan dans Toute la vie.

La vignette de la crêpée Gladys Darisse (Véronic DiCaire), la courtière immobilière la plus vulgaire du Québec, est réussie. Puis, Drôles de Véronic s’attaque à Chambres en ville, rebaptisée Chambres en campagne, dans un style « petit budget » évoquant le Zoumbadouwowpifpif des Appendices. La référence à Chambres en ville date déjà et la seule personne qui réussit son imitation, c’est évidemment Véronic DiCaire, parfaite en Lola, personnage mis au monde par Anne Dorval il y a 30 ans.

Ce qui marche le moins bien dans Drôles de Véronic ? Les chansons imitées à moitié, sans costume ni maquillage. Entre deux saynètes, Véronic DiCaire interprète, en noir et blanc, des extraits de vraies chansons comme Provocante, de Marjo, Faufile, de Charlotte Cardin ou Fille de personne, d’Hubert Lenoir. La voix est juste, mais ces intermèdes cassent le rythme de l’émission comique.

Au deuxième épisode, le meilleur moment se pointe avec les auditions pour trouver un nouvel animateur à L’amour est dans le pré. Éric Bernier se démarque en faisant Serge Denoncourt et Simon Boulerice. C’est excellent. Encore une fois, que des louanges pour Véronic DiCaire qui imite à la perfection l’horticultrice Marthe Laverdière et la comédienne Louise Latraverse.

Il n’existe presque plus d’émissions qui tournent en dérision la culture populaire (télé, radio, web, musique), un créneau dominé par RBO à l’époque. Drôles de Véronic a le potentiel pour combler ce vide si elle resserre son contenu et si elle l’axe davantage sur des trucs contemporains. Par exemple, le sketch sur Melania Trump à la Maison-Blanche, c’est du déjà-vu, notamment au Bye bye.

Et comme Drôles de Véronic passe à 21 h 30, on pourrait oser des gags plus corrosifs. Marie-Andrée Labbé (Trop) signe les textes de Drôles de Véronic, en collaboration avec Véronic DiCaire et Josée Fortier. Je suis curieux de voir la suite.

Un crime pas rigolo

Vous avez été super nombreux à réagir à la légèreté et à l’insouciance avec lesquelles Bruno Gagné (Michel Charette), Poupou (Sébastien Delorme) et Patrick Bissonnette (Vincent-Guillaume Otis) ont traité le dossier de la coupeuse de doigt dans l’épisode de lundi de District 31.

Sans monter tout ça en scandale national, j’avoue avoir ressenti un malaise similaire. Mise en contexte rapide : un homme se présente au poste de police avec le pouce amputé. C’est sa femme qui le lui a tranché avec un sécateur (aïe) pendant qu’il dormait.

La sergente-détective Noélie (Catherine St-Laurent) prend la déposition du plaignant, pendant que les « boys » s’esclaffent en arrière. Puis, quand la coupeuse de doigt, aucunement prise de remords, a vidé son sac à Bruno Gagné, même réaction juvénile : fou rire incontrôlable de Bissonnette. Allô, les gars ! On parle ici d’un crime grave, non ? Ressaisissez-vous, doux Jésus.

En contrepartie, le cas du patrouilleur Nesly Bonnet (Karl Walcott), qui souffre d’un choc post-traumatique, a ouvert une fenêtre très intéressante sur la santé mentale des policiers. La scène où le commandant Daniel Chiasson (Gildor Roy) a déposé ses flacons d’antidépresseurs sur son bureau et parlé de ses propres faiblesses a été écrite et jouée avec une belle sensibilité.