La nouvelle mouture de Star Académie prend son envol dimanche à TVA, en présentant d’abord un camp de formation qui mènera à la sélection des 15 candidats. Le prof de musique Gregory Charles nous en a parlé.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Le camp

Le camp de formation de Star Académie, qui sera présenté les deux prochains dimanches, réunit 60 aspirants candidats qui ont été retenus parmi les 5500 personnes ayant passé une audition. Une nouveauté pour l’émission, explique Gregory Charles, qui était aussi de l’équipe de professeurs en 2012. « La dernière fois, on avait fait des auditions publiques, puis on avait passé à la télé l’équivalent des 60 meilleures. » Cette année, un noyau de candidats sera donc déterminé au bout du camp de formation, mais ce n’est qu’après le premier « variétés » animé par Patrice Michaud, le 14 février, que les 15 heureux élus seront choisis. « Le camp de formation, c’est vraiment un avant-goût de ce qu’on verra à l’Académie, collectivement et individuellement. » Pour beaucoup d’aspirants qui ont dû tester leurs limites, ce bootcamp a été une forme de thérapie, dit Gregory Charles. Il aura aussi eu l’occasion de voir les champs d’intérêt, les forces et les faiblesses de chacun, ce qui est un avantage pour le prof qu’il est. « Je peux déjà travailler sur ce qui est à venir. »

Les profs

Comme Gregory Charles, plusieurs des professeurs de l’Académie ont déjà commencé leur travail pendant le camp, dont Ariane Moffatt à la création et la directrice Lara Fabian en interprétation. Que recherchent-ils chez les candidats ? « Le talent, la voix, l’identité déjà existante, le charisme, le vrai désir d’être là », énumère-t-il. Mais les profs, malgré leurs différentes spécialités, ont aussi compris qu’ils se rejoignaient sur une chose : l’émotion. « On recherche tous la même affaire : des gens qui vont nous émouvoir, quel que soit leur véhicule. » Toutes sortes de personnes pourront donc se retrouver parmi les candidats, des « bébittes » comme des gens en apparence plus sages, conclut le musicien. Pour Gregory Charles, plus que jamais en temps de pandémie, le succès de l’émission sera basé sur les jeunes eux-mêmes et non un feu d’artifice d’invités. « Ce sera l’occasion de les voir aller du point A au point B, de les voir travailler en isolement, mais en collectivité. Je pense que ça va faire du bien au public, surtout cette année. Les 60, après quelques jours, c’était déjà une famille. »

PHOTO FOURNIE PAR TVA

Gregory Charles, professeur de musique à Star Académie

La diversité

Parce qu’on est en 2021, Gregory Charles n’a pu que constater la grande diversité dans les candidatures. « Il y a toute la mouvance des couleurs, des provenances, des options, des orientations, des visages… J’ai participé activement au processus de sélection, et ce n’est pas forcé, c’est vraiment ça que j’ai vu. » Il note aussi la multiplication des influences et des goûts, reflet de la nouvelle façon de consommer de la musique. Il avoue avoir dû « googler » plusieurs noms d’artistes dont il n’avait jamais entendu parler. « Et pourtant, j’en connais, de la musique, dans la vie ! Ce n’est pas parce que je suis dépassé ou qu’il y a un conflit de générations, mais parce qu’aujourd’hui, ce qui est disponible est tellement plus vaste. Et dès qu’on tire une maille sur un genre, on trouve derrière un paquet d’autres artistes. Imagine, j’ai découvert qu’il y avait un courant gospel West Coast… » Toute cette diversité ne pourra que rendre Star Académie plus intéressante encore, estime Gregory Charles. « Je trouve ça vraiment riche. »

La musique

La télé et la musique ont toujours été intimement liées dans la carrière de Gregory Charles, qui se souvient de ses débuts, quand il y avait des émissions de variétés « tous les jours, sur toutes les chaînes ». « Je suis convaincu que la musique séparée de la télé perd l’un de ses meilleurs véhicules, et inversement, que la télé séparée de la musique perd l’un de ses meilleurs attraits. » S’il continue à tout faire pour la diffuser et la faire connaître, c’est parce que la musique restera toujours « un remède incomparable », comme il a pu le constater encore pendant la pandémie. « La quantité de gens à qui j’enseigne, de tous les âges, qui viennent de traverser cette année attachés à leur piano, à leur guitare… » Pour lui, la musique est donc thérapeutique, pédagogique, historique, un catalyseur d’union et un instrument de la quête du bonheur. « J’ai zéro prétention de chanteur ou de pianiste et j’enseigne parce que j’ai une méthode différente. Par contre, il me reste encore à trouver quelqu’un qui aime la musique plus que moi ! »

Le camp de sélection sera présenté à TVA les 17 et 24 janvier, à 19 h, et le premier « variétés » de Star Académie, animé par Patrice Michaud, aura lieu le 14 février.