C’est une double coïncidence du tonnerre, comme quand District 31 se colle à des évènements de l’actualité judiciaire. Ça se produit présentement pour Les pays d’en haut de Radio-Canada et Épidémie à TVA, où deux virus fauchent plusieurs personnages tout en semant la panique.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

En lisant les manchettes – bien réelles – à propos du coronavirus de Wuhan, de la pénurie de masques respiratoires en Chine et de l’état d’alerte décrété par les services sanitaires, il y a de quoi hyperventiler en voyant des itinérants inuits tomber comme des mouches ou le pauvre Oscar Labranche (Fabien Cloutier) pleurer du sang sur son visage couvert de pustules.

PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Scène des Pays d’en haut

Grippe porcine, Zika, peste noire, fièvre Ebola ou choléra, cette peur des maladies contagieuses ne date pas d’hier. Dans Les pays d’en haut, qui se déroulent à Sainte-Adèle, à la fin du XIXsiècle, la variole hémorragique a forcé la fermeture de l’église du rigoriste curé Caron (David La Haye), et le maire Ovide Ruisselet (Michel Charette) a interdit les rassemblements publics, qui favorisent la transmission du virus mortel.

Donalda (Sarah-Jeanne Labrosse) a transformé sa maison en hôpital de fortune et le vaccin contre la terrible variole se donne de « bras à bras ». On désinfecte les maisons au soufre. On se couvre le visage d’un morceau de tissu. Et on prie pour que le tonique à Bidou (Rémi-Pierre Paquin) fasse des miracles – mais non.

La poussée de variole a même eu raison du bar de la fougueuse Délima (Julie Le Breton), obligée de demander pardon au petit Jésus.

On suit Les pays d’en haut cet hiver et on a l’impression d’être en Asie, en 2020. Même constat pour Épidémie, où les cadavres s’empilent. 

On a ici une pensée pour l’actrice Julie Le Breton qui combat la variole les lundis à 21 h à Radio-Canada et qui cherche à identifier une mystérieuse pneumonie les mardis à 21 h chez TVA.

Épidémie a accéléré le rythme et haussé la tension mardi soir. L’épisode du 28 janvier, déjà offert sur TVA.ca, s’approche plus de la série catastrophe classique, mais plusieurs alertes clignotent encore sur le tableau de bord.

Par exemple, l’arrivée du conseiller en communication Fabrice (Bruno Marcil) détonne dans cet univers médical super sérieux. Obsédé par le contrôle de la nouvelle et par le bruit sur les réseaux sociaux, ce Fabrice – sans jugement – prend des décisions débiles, qu’un vrai ministre (Guillaume Cyr) n’approuverait jamais.

Heureusement que l’infectiologue Anne-Marie Leclerc (Julie Le Breton) ne gobe pas tout ce qui sort de la bouche de Fabrice. On l’aime, elle.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L'ÉMISSION

Scène d'Épidémie, à TVA

Visuellement, le laboratoire aseptisé, les instruments sophistiqués et les appartements de médecins friqués brillent dans nos téléviseurs. C’est superbe.

Je demeure ambivalent par rapport à Épidémie. Le sujet brûlant suit quasiment ce qui se passe en temps réel sur la planète. Et veux, veux pas, voir autant de gens tousser creux, s’évanouir dans un vestiaire de hockey et suer comme dans un sauna sec, ça augmente notre niveau personnel d’anxiété. Bref, on accroche.

Reste que certains trucs me font décrocher d’Épidémie. L’infirmière bête du triage (Sandrine Bisson) qui sort avec le propriétaire de l’animalerie où Gilles Renaud a vendu ses furets du diable, comme dirait Jay Du Temple, c’est quoi les chances ?

Aussi, l’histoire de la vlogueuse (Ève Landry) fait du surplace, Pascal (Félix-Antoine Tremblay) obsède beaucoup trop sur la cage défectueuse du furet infecté et la rencontre improbable entre Anne-Marie et la doctorante inuite (Nancy Saunders) ne tient pas la route.

Je ne comprends pas trop non plus comment l’urgentologue Chloé (Mélissa Désormeaux-Poulin) est passée de maîtresse de Marc (Gabriel Sabourin) à « je magasine des robes de bal avec ta fille adolescente ». C’est dur à suivre et à comprendre.

J’aurais probablement débranché Épidémie sans la présence de Julie Le Breton et de Mélissa Désormeaux-Poulin, deux actrices talentueuses que j’affectionne particulièrement. Je ne suis donc pas prêt, pour le moment, à demander l’aide médicale à mourir pour cette série de Bernard Dansereau, Annie Piérard et leur fils Étienne.

Dans les sondages d’écoute, Épidémie s’en sort très bien avec ses 899 000 auditeurs, qui ont visionné le troisième épisode. De son côté, le téléroman 5Rang de Radio-Canada a décroché une audience évaluée à 788 000 téléspectateurs. Toujours mardi soir, L’heure bleue (952 000) est demeurée devant Toute la vie (726 000). Et il y a District 31, dont la cote d’écoute en direct a grimpé à 1 638 000 accros. Ça ne m’étonne pas du tout. L’intrigue y est extrêmement captivante.