Il faut mettre son esprit logique de côté pour embarquer à fond dans la suite de Fugueuse à TVA. Vraiment, ça passe ou ça casse pour cette série phare, tout dépendant si l’on embrasse — ou non — la nouvelle carrière invraisemblable de notre Fanny favorite (Ludivine Reding).

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Pour les retardataires, l’alerte au divulgâcheur apparaît ici en énormes lettres majuscules comme le titre de cette populaire émission. 

Ça va ? 

Allons-y. 

Ex-prostituée fréquentant l’école secondaire, Fanny Couture travaille maintenant comme policière à Montréal. Oui, oui.

Non seulement Fanny grossi-t-elle les rangs d’un important corps policier, mais en plus elle exerce le difficile métier d’agent double. Ta-dam ! En quatre ans, Fanny a donc terminé son parcours au secondaire, sa technique policière et a été formée pour faire de l’infiltration.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM DE L’ÉMISSION

Ludivine Reding est de retour dans le rôle de Fanny dans la deuxième saison de Fugueuse, à TVA.

Sur papier, ça ne tient pas la route, voyons. Et avec toutes les séquelles psychologiques que Fanny traîne, aucun patron sain d’esprit ne la renverrait dans la rue.

Au deuxième épisode, déjà offert sur TVA.ca, c’est surréel de voir Fanny déambuler en uniforme du SPRM, le Service de police de la région de Montréal. Elle-même ne semble pas à l’aise dans ce costume trop grand pour elle.

Comme je le disais plus haut, il faut mettre son esprit logique de côté pour suivre Fanny dans le parc près de la Société des arts technologiques (SAT), où convergent proxénètes, drogués et jeunes en cavale.

Sans Fanny et son passé, cette nouvelle intrigue de Fugueuse se tiendrait beaucoup mieux. Les cadavres de quatre adolescents ont été repêchés dans une carrière. Leurs corps ont été mutilés. La police rame dans le vide et décide d’envoyer sa recrue (ça, c’est Fanny) en mission top secrète.

Le volet « enquête » de Fugueuse 2 a habilement été tricoté par la scénariste Michelle Allen. L’incursion dans l’univers de la prostitution masculine, la disparition de l’escorte Nathan, les morsures de chien sur les corps, le personnage hyper louche de l’avocat Jérôme Montagne (Nicolas Canuel), ça marche. On a le goût de savoir qui a fait quoi et pourquoi.

Ce qui fonctionne moins bien, c’est la double vie de Fanny, qui ment notamment à son nouveau copain (Jean-Simon Leduc) ou qui se sauve de sa meilleure amie Jessica (Camille Felton). Le divorce des parents de Fanny, la fondation à la mémoire d’Ariane ou le stage de Jessica à Boston ralentissent la progression de l’histoire.

Le deuxième épisode ramène un pilier de la première saison, soit Carlo le pimp (Iannicko N’Doua). Damien Stone, alias Antoine Tremblay (Jean-François Ruel), sortira de prison au troisième épisode. C’est aussi à ce moment que nous recroiserons l’ex-recruteuse Natacha (Kimberly Laferrière), qui gère maintenant un salon de massage.

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Jean-François Ruel et Ludivine Reding sont de retour dans la deuxième saison de Fugueuse, à TVA.

On va se le dire : les techniques d’investigation de Fanny ne sont pas subtiles. Regarde, c’est un texto de mon ex violent ! Oh, un ancien client veut m’amener à Tremblant pour le week-end !

C’est étonnant que la prostituée autochtone Daisie (Jemmy Echaquan Dubé), allumée et vive, n’ait pas découvert le subterfuge. Le personnage de Yohan (Robin L’Houmeau), qui s’est enfui d’Amqui, sera également intéressant à suivre.

Malgré tous les trucs improbables, j’ai fini le visionnement des deux épisodes de Fugueuse en me posant une question cruciale : quand est-ce qu’on s’en va faire le party au Glitch ?

Pour les non-initiés, ça veut dire que je suis accroché. On ne se guérit pas d’une dépendance à Fugueuse aussi vite.

La bataille du lundi

Il y avait beaucoup de Québécois devant leur téléviseur, lundi soir, pour la rentrée télévisuelle hivernale. Avec ses 1 516 000 téléspectateurs, District 31 demeure en tête du palmarès des séries les plus regardées. Non loin derrière la troupe du 31, la suite de Fugueuse à TVA a captivé 1 393 000 personnes, ne faisant qu’une bouchée de La semaine des 4 Julie à V (325 000) et des Pays d’en haut de Radio-Canada (641 000).

Pour le talk-show de Julie Snyder, 325 000 adeptes, ce n’est pas énorme. Voyons voir si le bouche-à-oreille et le buzz aideront la démone. Car la case que V lui a confiée est traditionnellement réservée aux œuvres de fiction. Et aucune locomotive ne précède l’émission de Julie.

À 20 h, L’échappée de TVA (1 379 000) a cartonné en amassant le double d’audience d’Une autre histoire à Radio-Canada (682 000). À 19 h 30, les comédies En tout cas (860 000) et Lâcher prise (910 000) sont quasiment à égalité.