Les manèges vertigineux, jouer à Ouija ou la langue française à Occupation double, j’ai toujours aimé les choses qui font peur.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Mes frères et moi avons dévoré le catalogue complet des Griffes de la nuit, des Vendredi 13, des Amityville et de tous les Halloween, même les plus poches. C’était l’époque où les parents n’obsédaient pas autant sur ce que leurs enfants regardaient à l’écran, avec les terreurs nocturnes qui s’y greffaient, bonsoir.

Midsommar, The Strangers, The Ring, Paranormal Activity, The Grudge et The Conjuring ? Tous des films vus, aimés, revisionnés, merci. Même chose pour les téléséries effrayantes de type American Horror Story ou Nurse Ratched. Je ferme les lumières, me roule en boule sur le sofa et espère qu’une porte ne claquera pas subitement.

J’avais donc très, très hâte de visiter la somptueuse série The Haunting of Bly Manor de Netflix, qui sort vendredi et qui s’inscrit dans la continuité de The Haunting of Hill House, qui m’avait fait frissonner, de peur et de bonheur, il y a deux ans. J’ai été déçu, comme un enfant qui reçoit une poignée de vieilles arachides sèches au lieu d’un mini Coffee Crisp dans son sac de friandises.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Amelie Smith dansThe Haunting of Bly Manor

Lugubre et envoûtant, Hill House s’avère meilleur, fois mille, que Bly Manor, une série gothico-romantique qui se déploie beaucoup trop lentement. Au quatrième épisode de Bly Manor : La dernière demeure (offert en version française), j’ai abandonné. Racontez-moi la fin quelqu’un, parce que je n’ai pas la force ni la volonté de me rendre au neuvième épisode. Même avec des cure-dents qui empêcheraient mes paupières de se fermer.

Techniquement, Bly Manor n’est pas la suite de Hill House. Il s’agit d’une histoire similaire de maison hantée (ouh !), mais avec des personnages, des époques et des lieux différents. Si Hill House s’ancrait dans le livre éponyme de Shirley Jackson, Bly Manor dérive du court roman Le tour d’écrou d’Henry James.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Victoria Pedretti dans The Haunting of Bly Manor

Le récit démarre en 2007 quand une élégante dame, invitée dans un souper prénuptial, détaille le parcours triste et troublant d’une tutrice de deux orphelins vivant à Bly, dans la vaste campagne verdoyante anglaise.

Cette tutrice américaine (qui fuit un passé nébuleux !) ne se doute de rien quand elle pose sa valise devant le gigantesque manoir de Bly, en 1987, telle une Maria von Trapp en jeans à taille haute.

Les deux enfants à sa charge, Flora et Miles, 8 et 10 ans, ont des comportements bizarres. La petite Flora s’amuse avec des poupées épeurantes sans visage, tandis que Miles, un préado violent, a le regard un peu fou. Ah oui, la tutrice américaine aperçoit elle-même une créature étrange aux yeux percés quand elle se regarde dans le miroir. Du déjà vu 1000 fois. Les fantômes, les enfants extra-lucides, les talismans, les ombres aux fenêtres, les longs deuils, l’amour perdu, c’est rasoir.

On ne sursaute presque pas pendant Bly Manor. On essaie de deviner les liens qui unissent la gouvernante croyante, la jardinière cassante et le chauffeur-cuisinier joyeux, sans trop de succès. Ou d’intérêt, vraiment.

C’est dommage, car les personnages de Bly Manor évoluent dans de superbes décors, glauques et propices à l’effroi. Reste que le récit savonneux traîne tellement de la patte que l’angoisse ne monte jamais.

Vous reconnaîtrez plusieurs acteurs très doués de Hill House dans Bly Manor. Comme dans la série anthologique American Horror Story, les mêmes visages reviennent d’une saison à l’autre, dans des rôles aucunement apparentés.

Bref, pour avoir vraiment peur et trembler dans son salon, un point de presse de François Legault – les cas de COVID-19 explosent ! – est drôlement plus efficace.

Toujours au rayon des trucs déplaisants, on m’a fourni des informations erronées concernant la docusérie Les coulisses du palais de Canal D. Ça commence vendredi à 20 h et non à 21 h. Une heure plus tôt dans les Maritimes !

Le chiffrier du mardi

Sans surprise, District 31 ne cède pas sa place de numéro un avec ses 1 677 000 irréductibles. Le téléroman Toute la vie (910 000) frôle le million magique, tout comme le quiz Le tricheur (935 000). À 19 h 30, La facture (737 000) reste devant La tour (699 000). À 21 h, 5e Rang (838 000) bat La faille (594 000), dont TVA a changé la date de diffusion à la dernière minute. Normalement, cette excellente minisérie policière mettant en vedette Isabel Richer, Alexandre Landry et Maripier Morin aurait dû débuter le 13 octobre. Une semaine plus tôt dans les Maritimes !