La série Transplanté, qui arrive sur Noovo ce mercredi, sort du lot des séries médicales grâce à son accent mis sur l’immigration, croit Laurence Leboeuf, qui y incarne la Dre Magalie Leblanc. À l’écran, cette émission montre une diversité qui est devenue nécessaire au Québec, selon l’actrice.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Campée au York Memorial Hospital de Toronto, la série canadienne-anglaise Transplant (Transplanté en français) raconte l’histoire de Bashir Hamed (Hamza Haq), un réfugié syrien cherchant à faire sa place comme médecin résident. Encore hanté par sa vie passée, le DHamed doit tout recommencer.

Cet aspect de l’histoire a séduit la comédienne Laurence Leboeuf, tout comme le côté lumineux et attachant de son personnage (la Dre Magalie Leblanc), premier rôle féminin de Transplanté. La diffusion de la série s’amorce au Québec tout juste avant le tournage de la deuxième saison.

« Des shows médicaux, il y en a beaucoup. Mais celui-ci sort du lot parce qu’il est présenté du point de vue d’un immigrant, dit-elle. C’était un bon coup de CTV d’aller dans ce sens-là et de montrer la réalité des immigrants qui arrivent au Canada. Le personnage de Bashir rencontre plusieurs obstacles sur sa route. En plus, il n’est pas un héros. Il a des failles. »

Tout cela est dans l’air du temps, ajoute la comédienne. D’ailleurs, la distribution de Transplant est très diversifiée. Trouve-t-elle que les productions anglophones sont plus ouvertes à la diversité que celles du Québec ?

« J’oserais dire que oui, répond-elle en pesant chacun de ses mots. Je ne sais pas si c’est le bassin de population qui explique qu’ils [au Canada anglais] sont rendus là. Des fois, je trouve qu’au Québec, c’est vrai qu’on est un peu hermétique comme milieu. On est très tissés serré, tout le monde se connaît… »

Je pense qu’il y aurait place à l’ouverture et je pense qu’on est rendus là et qu’on a besoin de ça.

Laurence Leboeuf

La comédienne de 34 ans, dont le premier rôle remonte à près d’un quart de siècle déjà, estime que les séries médicales constituent un « puits sans fin » de bonnes histoires où il est question de courage, de peine, de victoires, de deuils, d’amour, etc. Elle s’émeut de ces histoires où « un humain se bat pour sauver un autre être humain ».

Le public québécois se souvient bien entendu du rôle de la chirurgienne Sophie Léveillée défendu par Laurence Leboeuf dans la télésérie Trauma créée par Fabienne Larouche et réalisée par François Gingras. En prenant le rôle de la Dre Magalie Leblanc, Laurence Leboeuf n’avait aucune crainte de tomber dans la redite. Car, observe-t-elle, les deux personnages sont aux antipodes même s’ils partagent la passion de la médecine.

« Sophie travaillait en traumatologie alors que Magalie est aux urgences, rappelle la comédienne. D’un département à l’autre, les manipulations sont complètement différentes. Et les personnages sont opposés. Sophie était troublée, très complexe et hallucinait sur son père dans un escalier [rires], alors que Magalie est beaucoup plus lumineuse. C’est la travaillante, la première de classe. »

PHOTO FOURNIE PAR BELL MÉDIA

Le DBashir Hamed (Hamza Haq) est le personnage central de la série.

À cette Dre Magalie Leblanc, l’actrice avait envie de donner un petit côté nerd et empressé. Ce qui constituait un défi en raison de tout le langage médical à maîtriser. « Je voulais que mon personnage parle vite. Je voulais qu’elle soit la Hermione de l’urgence, dit la comédienne qui affectionne les histoires d’elfes, de sorciers et de trolls à la sauce Harry Potter et Le Seigneur des anneaux. Pour moi, Magalie connaît tout, sait tout et tout sort rapidement de sa tête. »

Elle souhaite toutefois que son personnage parle davantage français dans la deuxième année de la série qui est tournée à Montréal et dont quelques plans extérieurs montrent le CHUM. Comme elle porte un nom francophone, cela va de soi. D’ailleurs, pour elle, la diversité des accents est à l’image de la diversité des personnages.

Dès le premier épisode, et ça ne s’estompe pas par la suite, la série est peuplée de caractères forts, et les ego s’entrechoquent. Laurence Leboeuf y voit un reflet d’une certaine réalité. « Sans vouloir tomber dans le jugement, je pense que certains médecins ont un peu le syndrome de Dieu. Celui de pouvoir sauver des vies, dit-elle. C’est le cas avec le personnage du DJed Bishop (John Hannah). Il y a beaucoup de gros ego dans les hôpitaux, ce qui n’enlève rien au talent de ces gens-là. Pour les besoins de la série, nous avons participé à des boot camps avec les médecins. On est encore plus conscients du travail qu’ils accomplissent. Les côtoyer ainsi ajoute un autre étage de respect. »

PHOTO YAN TURCOTTE, FOURNIE PAR BELL MÉDIA

Les comédiennes montréalaises Laurence Leboeuf et Ayisha Issa sont deux médecins des urgences dans Transplanté.

En duo avec Ayisha Issa

Laurence Leboeuf n’est pas la seule Québécoise de la série Transplanté. La comédienne Ayisha Issa y campe la Dre June Curtis. Même que les deux personnages sont un peu mis en opposition et en compétition l’une et l’autre. « En compétition, oui… mais, et c’est une beauté dans l’écriture, les deux filles choisissent aussi de travailler ensemble, dit Laurence Leboeuf, qui qualifie sa partenaire d’actrice incroyable. Elles mettent de côté le fait qu’elles pensent différemment et essaient de voir comment l’autre travaille. Quand elles forment un team, elles sont imbattables. Elles voient que l’autre a du talent et le respectent. » Montréalaise d’origine, Ayisha Issa joue autant en français qu’en anglais. À la télé, on l’a entre autres vue dans 30 vies (Clara) et Unité 9 (Bouba Sizzla). Elle a aussi défendu des rôles dans quelques films, dont Brick Mansions de Camille Delamarre, L’appât d’Yves Simoneau et The Hummingbird Project de Kim Nguyen.