Il n’y a aucun agent noir qui patrouille dans les rues de Québec. Zéro. C’est un problème que le Service de police de la Ville de Québec tente d’ailleurs de corriger.

Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

De plus, la population de Québec est blanche et francophone à environ 94 %, selon les données du dernier recensement. Ce n’est pas un jugement. C’est un fait.

Maintenant, si vous transposez l’action de la sitcom américaine Brooklyn Nine-Nine à Québec, notre belle capitale nationale, vous faites quoi pour ne pas dénaturer la série originale tout en s’assurant d’un minimum de réalisme et de crédibilité ?

Vous adaptez, vous optez pour des compromis raisonnables. C’est une question de gros bon sens, il me semble.

Brooklyn Nine-Nine, d’abord diffusée sur Fox puis rachetée par NBC, se déroule dans un populeux quartier multiethnique de New York. Quatre des neuf personnages principaux de cette sitcom sont issus de la diversité.

Escouade 99, l’adaptation québécoise de Brooklyn Nine-Nine que proposera le Club illico à partir du 17 septembre, se déroule dans une petite ville homogène. Deux de ses neuf personnages principaux sont issus de la diversité, soit le commandant Raymond (Widemir Normil) et le lieutenant Terry, qui s’appellera Jeff (Fayolle Jean Jr) dans Escouade 99.

Déjà, avec deux têtes d’affiche provenant des communautés culturelles, Escouade 99 fait mieux que la majorité des séries québécoises, dont District 31 à Radio-Canada. Il faut le souligner.

À l’annonce de la distribution québécoise d’Escouade 99, il y a un an, à peu près personne n’a grimpé dans les rideaux et personne n’a crié au « blanchiment » de notre télé.

Il a fallu attendre une série de gazouillis de l’actrice Melissa Fumero, qui a republié jeudi la bande-annonce d’Escouade 99 en remettant en question l’embauche d’une comédienne blanche (Mylène Mackay) pour camper son personnage d’Amy Santiago, inspectrice cubano-américaine.

Un deuxième personnage hispanique de Brooklyn Nine-Nine, Rosa Diaz (Stephanie Beatriz), a été confié à une actrice blanche (Bianca Gervais). Les textes reflètent ce changement d’ethnicité, bien sûr.

Et là, le « débat » est parti dans toutes les directions. Des militants ont avancé des trucs ahurissants du genre : ces deux rôles ont été « volés » aux comédiennes hispanophones, Mylène Mackay et Bianca Gervais auraient dû refuser de jouer dans Escouade 99. Aucune nuance possible ici. C’est noir ou blanc, pas gris.

Comme si diffuseurs, producteurs et réalisateurs étaient complètement insensibles à la représentativité des minorités. Franchement. C’est archi-faux.

La télé québécoise a beaucoup progressé à ce sujet dans les dernières années. Il suffit de regarder 5e Rang, Fugueuse 2, Épidémie, Alerte Amber, Une autre histoire, L’heure bleue ou même Occupation double pour le constater.

Mais c’est plus facile de hurler à l’injustice que de vérifier l’état de la situation, n’est-ce pas ?

On s’entend : Brooklyn et Québec n’ont à peu près rien en commun et ce choix de lieu est discutable. Oui, Club illico a peut-être raté une occasion en or de miser sur de nouveaux visages. Ce n’est toutefois pas scandaleux. Juste décevant.

Si l’émission Escouade 99 avait été transposée à Montréal, cette controverse n’aurait jamais éclaté. Par contre, ça râlerait sûrement à propos de la « plateauïsation » du petit écran. Bref, on ne s’en sort jamais.

L’important, c’est de garder « les canaux de communication ouverts », comme dirait un spécialiste surpayé des relations publiques, et non de s’enfermer chacun dans sa chambre d’écho. En apportant des points de vue différents de ceux des militants, on ne devient pas un ennemi de la cause.

Plus de mordus, fini les ex !

Ça bouge dans le secteur de l’information de Radio-Canada en prévision de la rentrée. Les mordus de politique de Sébastien Bovet déménagent à 12 h 30 sur RDI, du lundi au jeudi, et dureront maintenant 90 minutes. Autour de l’animateur, vous verrez Pierre Moreau, Françoise Boivin, Dimitri Soudas et Jean-François Lisée. Yolande James scrutera la politique américaine à la veille de l’importante élection du 3 novembre.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Sébastien Bovet

Le club des ex ne reviendra pas, la direction du diffuseur public juge que ce concept à RDI a fait son temps après 13 ans à l’antenne.

Toujours à RDI, Gérald Filion pilotera Zone économie, du lundi au vendredi à 18 h, une version bonifiée de 30 minutes de (feu) RDI économie. Andrée-Anne St-Arnaud se tiendra à ses côtés.

À Radio-Canada, La facture, L’épicerie, Enquête, Découverte et La semaine verte (qui entame sa 50e saison) reprendront les ondes au courant des prochaines semaines.

Découverte a obtenu un accès privilégié aux corridors de l’Hôpital général juif de Montréal pendant la pandémie, tandis qu’Enquête reviendra sur les 50 ans de la crise d’Octobre.

Radio-Canada croit encore aux rendez-vous fixes des téléjournaux de midi, 18 h et 22 h, qui rallient une clientèle plus mature, disons. « Notre cible, ce n’est pas les 25-35 ans. C’est pour ça que notre offre est multiplateforme », note la directrice générale de l’information de Radio-Canada, Luce Julien.

Le panel politique du Téléjournal 22 h du jeudi se composera dorénavant de François Cardinal, Michel David et Hélène Buzzetti. Tasha Kheiriddin a dû renoncer à son poste de commentatrice au printemps dernier en raison de son nouvel emploi en relations publiques. Le créneau plus à droite de Mme Kheiriddin restera donc vacant.

Finalement, le déménagement de la tour vers la Maison de Radio-Canada a été amorcé et s’échelonnera sur plusieurs mois. Depuis lundi, l’émission radiophonique L’heure du monde de Jean-Sébastien Bernatchez provient en direct des nouveaux studios et Midi info de Michel C. Auger suivra bientôt.