Il s'en passe des choses en dehors de ce que les téléspectateurs voient durant la diffusion d'un gala. La Presse vous offre un petit coup d'oeil sur ce que vous n'avez pas vu hier au Gala des prix Gémeaux.

Mis à jour le 17 sept. 2018
ANDRÉ DUCHESNE LA PRESSE

La main sur le coeur, les yeux dans l'eau, Delphine Turcotte, de Delson, fixe l'écran de son téléphone cellulaire où apparaît une photo d'elle et du comédien Éric Bruneau. Elle a été prise quelques secondes plus tôt au Complexe Desjardins, où se tenait le gala d'après-midi, dit d'Avant-première, des Gémeaux.

«Tu me l'enverras! Tu me l'enverras!», la presse son amie Maude Lacasse, de Saint-Colomban, assise à ses côtés.

«Il est tellement beau! s'exclame Delphine, 22 ans, à propos du comédien. Je l'écoute dans la série Le jeu et je le trouve très bon!»

Delphine et Maude ne sont pas seules. Leurs amies Karine Beaupré, Gabrielle Boucher, Kelly Robinette et Sharon Côté sont aussi très emballées à l'idée d'avoir une photo avec une de leurs vedettes préférées.

«Nous sommes ici depuis 10 h [nous les avons rencontrées à 16 h]. On voulait être sûres d'avoir une bonne place», lance Maude, qui s'est fait prendre en photo avec Isabelle Richer et Chantal Lacroix.

Plus tard, en vue du gala de soirée, nous les avons retrouvées attendant patiemment le passage des nombreuses vedettes le long du tapis rouge menant au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Elles avaient les yeux rivés sur Ludivine Reding, qui se trouvait à quelques pas d'elles.

Un vieil habitué des photos avec les vedettes, François Deschênes, de La Présentation, petite ville voisine de Saint-Hyacinthe, n'était pas en reste. Il s'est pris en photo avec le comédien Denis Houle.

«Je me considère comme un paparazzi amateur, lance M. Deschênes. J'ai commencé ça il y a environ sept ans. J'ai 1500 photos avec des vedettes, des joueurs du Canadien, des politiciens. Je vais les faire développer chez Costco et je les mets dans mon album. On est trois amis à faire cela ensemble.»

En direct de la rampe

Pour ce gala d'après-midi, la Grande-Place du Complexe Desjardins est bordée de grands rideaux noirs entourant la grande fontaine. L'espace est gardé par des agents de sécurité. Ce qui n'empêche pas un bambin, assis à une des tables de la section des restaurants, de se faufiler quasiment à l'intérieur. Sa mère le rattrape juste à temps. Une armée de bénévoles avec des t-shirts noirs sur lesquels on lit en lettres orange «Tiré à quatre épingles» s'occupe des invités. Comme les rideaux ne sont pas très hauts et que le son est fort, de nombreux curieux s'agglutinent le long des rampes se trouvant au niveau supérieur pour suivre ce qui se passe sur la scène.

Émouvante Johanne Fontaine

Ce premier gala est marqué par un moment de grâce lorsque le Gémeaux du meilleur rôle de soutien féminin dans une série dramatique est remis à Johanne Fontaine (L'imposteur, la suite). Gravement affaiblie par la maladie, Mme Fontaine était dans la salle, mais n'a pu monter sur scène. L'animatrice Anaïs Favron et Edith Cochrane, coanimatrice pour la remise des prix d'interprétation, sont descendues de la scène pour aller la serrer dans leurs bras. «Johanne a été ma première coach à la LNI, nous confiera plus tard Anaïs Favron. J'avais 20 ans et elle a vu en moi une fille énergique, m'a prise dans son équipe et nous avons gagné la coupe ensemble. C'était ma première expérience professionnelle. Alors, ce segment était très émouvant pour moi.»

Dès samedi

Le tapis rouge du gala a été installé dès samedi dans l'agora de la Place des Arts entre les grandes portes de la salle Wilfrid-Pelletier, où les comédiens participaient à un cocktail entre 17 h et 18 h 30 au Piano Nobile, et le théâtre Maisonneuve, où avait lieu le gala. «Nous sommes revenus dès 9 h ce matin [hier]», nous indique Johanne Lavoie, qui travaille pour l'Académie des Gémeaux et coordonne plusieurs employés sur le tapis. Les gens ont pu circuler jusqu'en fin d'après-midi dans cet espace qui a ensuite été fermé le temps du défilé des stars.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Johanne Fontaine, gravement affaiblie par la maladie, a reçu le Gémeaux du meilleur rôle de soutien féminin dans une série dramatique.

Herby et Claudine

En milieu de journée, nous croisons l'animateur Herby Moreau au restaurant Le bar à vin Place Deschamps, qui donne sur l'agora de la Place des Arts. Lui, Claudine Prévost et toute leur équipe préparent fébrilement l'émission de pré-gala diffusée à 19 h 30. «Nous étions ici hier soir [samedi] à 21 h pour une pratique et tout a bien été», dit M. Moreau, qui couvre le gala depuis une vingtaine d'années, dont les quatre dernières pour les émissions d'avant (ICI Radio-Canada) et d'après (ICI ARTV) gala. «Normalement, nous diffusons depuis l'agora, mais cette année, parce qu'il pourrait y avoir des manifestants de TVA [quelque 800 employés sont en moyens de pression], nous allons le faire dans le hall de la salle Maisonneuve.»

Pour plus de femmes rondes

José Breton, de Québec, est un habitué des galas. Chaque année, avec son panneau «Pour plus de femmes rondes à la télévision», il campe devant l'entrée de l'immeuble où a lieu le gala. Hier, il était assis devant les portes de la PdA donnant sur la rue Sainte-Catherine. «La première fois que je suis venu, c'était au MetroStar en 1997», dit l'homme qui aime les femmes rondes et se porte à leur défense. Lorsqu'on lui demande si les choses ont changé depuis qu'il milite pour sa cause, il répond par la négative. «Une part de l'écran et une autre arrive. Il n'y en a pas plus qu'avant.»

Photo Ivanoh Demers, La Presse

L'animateur Herby Moreau

Tapis rouge

Sur le tapis rouge, on compte plusieurs dizaines de journalistes, photographes, caméramans. Les organisateurs les ont séparés en deux groupes: les lentilles d'un côté et les crayons, calepins et enregistreuses de l'autre. Le but : que toutes les photos se prennent là où il y a un fond avec le logo de l'Académie des Gémeaux bien en vue. Les premières personnalités à passer sont Johanne Fontaine, Sonia Benezra (qui a un peu triché pour venir saluer des collègues journalistes), la mairesse de Montréal Valérie Plante, Antoine Bertrand, puis Catherine-Anne Toupin, Lou-Pascal Tremblay et Antoine Desrochers. Ensuite, ce fut la déferlante!

Salle de presse

La salle de presse était installée à l'intérieur du Salon urbain de la PdA. Comment décrire cet endroit atypique? Disons... disco-spatio-rouge! Son aspect singulier mis à part, la température de l'endroit devait frôler le point de congélation! D'aucuns chez les membres des médias en ont vite fait le constat! C'est ici que les gagnants des différents prix venaient se faire photographier et répondre à quelques questions. Lorsqu'ils entraient dans cette salle, ils passaient d'abord aux retouches de maquillage, pour ensuite se faire photographier dans un décor exclusivement réservé à Radio-Canada. Ensuite, ils se présentaient devant l'ensemble des médias.

Parti, le tapis 

À 21 h, nous sortons de la salle de presse. Direction, le bureau. En face de l'entrée du théâtre Maisonneuve, le tapis rouge a disparu. Roulé, remballé, expédié à l'entrepôt. Après l'effervescence des dernières heures, un sentiment de vide nous habite. Seule activité notable, une file s'allonge à l'entrée du restaurant Le bar à vin Place Deschamps, où Herby Moreau et Claudine Prévost vont animer l'émission d'après gala. Nous ressortons rue Sainte-Catherine. Tenace, le militant José Breton est toujours là.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Les artistes étaient invités à poser devant le logo de l'Académie des Gémeaux.