L'idée de fournir une aide financière d'urgence à la Société Radio-Canada pour l'aider à boucler son budget de 2008 est loin de faire l'unanimité parmi les Canadiens, révèle un sondage mené au cours des derniers jours par la firme Harris-Decima, pour le compte de La Presse Canadienne.

Karine Fortin LA PRESSE CANADIENNE

D'après l'enquête, la moitié des citoyens du pays pense que le gouvernement devrait donner un coup de pouce à l'entreprise de radiodiffusion et télédiffusion publique. Ce soutien pourrait prendre la forme d'une avance sur son enveloppe budgétaire de 2009 ou d'une marge de crédit.

En comparaison, quelque 41 pour cent des répondants estiment que Radio-Canada devrait se débrouiller avec le 1,1 milliard $ qu'elle a déjà reçu de l'État pour l'exercice qui prend fin le 1er avril.

Ce pourcentage est plus élevé parmi les partisans du Parti conservateur ainsi que chez les moins de 25 ans.

Les sympathisants libéraux, bloquistes, verts et néo-démocrates sont au contraire plus nombreux que la moyenne à plaider pour que le gouvernement aide la SRC.

Si l'on se fie au sondage, le ministre du Patrimoine, James Moore, a probablement fait plaisir aux militants de son parti en écartant sans hésitation la possibilité d'octroyer des fonds supplémentaires à l'entreprise.

On peut toutefois présumer qu'il n'a pas gagné beaucoup d'appuis parmi les autres Canadiens, a souligné le vice-président de Harris-Decima, Richard Walker.

Géographiquement, les fans de Radio-Canada se retrouvent principalement dans les provinces de l'Atlantique, en Ontario ainsi qu'en Colombie-Britannique.

Au Québec, 47 pour cent des répondants se sont dits opposés à une aide d'urgence alors que 44 pour cent se sont prononcés en faveur. Ces chiffres, qui peuvent paraître surprenants, sont toutefois à prendre avec un grain de sel puisqu'ils se situent dans la marge d'erreur de l'enquête.

Le sondage téléphonique réalisé entre le 12 et le 15 mars dernier auprès de 1000 Canadiens a en effet une marge d'erreur de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20. Les résultats régionaux sont encore moins précis en raison de la petite taille de l'échantillon.

Le conseil d'administration de CBC/Radio-Canada se réunissait à Toronto lundi et mardi pour discuter des mesures à prendre pour contrebalancer la baisse des revenus publicitaires, qu'on estime à au moins 60 millions $ pour cette année.

En entrevue avec Sun Media, le ministre Moore a dit s'attendre à ce que l'exercice se solde par l'abolition de plusieurs centaines de postes, peut-être même jusqu'à 1200.

En plus des compressions dans l'emploi, plusieurs autres propositions ont circulé, dont celle de diffuser de la publicité sur les ondes de la radio publique, tant en anglais qu'en français.

Le président-directeur général de la société d'État, Hubert Lacroix, a aussi laissé entendre que l'entreprise pourrait diffuser plus d'émissions étrangères, qui coûtent moins cher que les productions maison. Les activités des stations régionales pourraient en outre être réduites au minimum.

Le ministre du Patrimoine a publiquement critiqué ces idées. Selon lui, Radio-Canada devrait cesser de courir après les cotes d'écoute et se concentrer sur la diffusion de contenu canadien sur une multitude de plateformes.