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Les choristes: des parents dénoncent les contrats avec les choeurs

Les enfants des Petits Chanteurs de Laval, qui chantaient dans le populaire spectacle musical Les choristes, l'été dernier, devaient verser 50 % de leur salaire à l'organisation musicale dont ils font partie, a appris La Presse. Un pourcentage que des parents jugent abusif.

Le spectacle Les choristes, mis en scène par Serge Denoncourt... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse) - image 1.0

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Le spectacle Les choristes, mis en scène par Serge Denoncourt et produit par Juste pour rire, a été présenté entre le 23 mai et le 29 juillet, au Monument-National et à la salle Pierre-Mercure.

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

L'été dernier, dans le spectacle Les choristes, mis en scène par Serge Denoncourt et produit par Juste pour rire, deux choeurs constitués de 15 enfants chacun se sont partagé la cinquantaine de représentations entre le 23 mai et le 29 juillet, au Monument-National et à la salle Pierre-Mercure. La moitié des interprètes étaient issus des Petits Chanteurs de Laval (PCL) et l'autre moitié, des Petits Chanteurs du Mont-Royal (PCMR).

Les 30 garçons ont été engagés par Juste pour rire et ont été rémunérés selon leur rôle en respect des conventions collectives de l'Union des artistes (UDA). Ils étaient payés pour chaque heure de répétition et ils recevaient entre 100 et 200 $ environ pour chaque représentation, selon leur rôle. Il y a eu 54 représentations.

Un autre contrat a ensuite été signé avec leur organisation, soit les PCL ou les PCMR, lequel engageait le choriste à remettre un pourcentage de la rémunération reçue.

« L'organisation des Petits Chanteurs de Laval ayant rendu possible la participation des choristes à ce projet, un pourcentage de redevances devra être versé aux PCL, et ce tout au long du projet. » - Extrait d'un courriel envoyé aux parents en date du 13 novembre 2017 par Julie Drainville, coordinatrice des Petits Chanteurs de Laval

La Presse a pris connaissance de « l'entente de contribution » qui engageait les PCL et les parents des enfants qui participaient à la production. Ces derniers devaient remettre la moitié de leur revenu à l'ensemble de Laval.

L'organisation y explique ce pourcentage exigé notamment parce que « la participation du/de la choriste a été rendue possible, élaborée et/ou coordonnée » par elle.

Des parents qui ont joint La Presse et qui souhaitent garder l'anonymat - notamment parce qu'il y a une clause de confidentialité dans cette entente de contribution - considèrent ce pourcentage comme trop élevé.

Dans un courriel anonyme envoyé à l'organisation des PCL et à l'Union des artistes et que La Presse a consulté, il est écrit : « Cette communication a pour but de vous faire part de notre mécontentement de la décision prise par le conseil d'administration des Petits Chanteurs de Laval concernant le pourcentage retenu sur la paie de notre enfant pour sa participation à la production Les choristes. »

LES ARGUMENTS

Comme élément soulevé, il y a entre autres le fait que « les agences d'artistes retiennent entre 5 et 15 % ».

Les parents soutiennent également que les PCL n'étaient pas présents lors des répétitions et des représentations. Ce sont les parents qui devaient assurer le transport, les repas, etc.

Le pourcentage perçu par les PCMR serait également de 50 %, selon l'UDA et des parents des PCL. Cependant, La Presse n'a pu confirmer cette information. Les deux organisations à but non lucratif ont décliné notre demande d'entrevue.

« L'organisation des Petits Chanteurs de Laval ne peut malheureusement pas émettre de commentaire sur la place publique à ce sujet », a répondu la direction des PCL, par courriel.

« Par respect pour les différentes parties impliquées dans les discussions privées qui sont toujours en cours au sein des Petits Chanteurs du Mont-Royal, nous préférons ne pas commenter publiquement », a pour sa part écrit la direction des PCMR.

DES RÉACTIONS DU MILIEU

Juste pour rire ne savait pas qu'une telle entente avait été faite entre les jeunes choristes et les PCL et les PCMR.

« Nous ne connaissons pas ni ne sommes impliqués dans les ententes qui lient les enfants avec les maîtrises. Il n'existe aucune entente entre notre production et les maîtrises, à qui nous avons fait appel uniquement aux fins des auditions pour le spectacle Les choristes », a expliqué l'équipe de production, par courriel.

À l'UDA, l'équipe est au parfum de cette situation depuis une dizaine de jours seulement. La présidente Sophie Prégent affirme que les contrats avec Juste pour rire « ont été faits dans les règles de l'art ».

Le contrat signé entre les parents et leur organisation n'est pas du ressort de l'UDA.

« Légalement, ça nous semble correct. Après ça, idéologiquement et philosophiquement, peut-être que c'est un peu border, j'en conviens. Mais je ne vois pas la prise que nous pouvons avoir comme union, s'il n'y a pas eu de promesse non tenue de transport, de repas, etc. » - Sophie Prégent, présidente de l'Union des artistes

Sur une note plus personnelle, la comédienne ajoute qu'elle donne environ 15 % à son agent pour ses différents contrats, sauf au théâtre où le pourcentage est alors de 5 % parce que « les cachets sont très peu élevés ».

« Mais en musique, ce n'est pas comme ça. Ce sont ce que nous appelons des contrats 360. Tout est dans le contrat, autrement dit. Et dans ces cas-là, ce n'est vraiment pas entre 5 et 15 %. Pas pantoute ! Ce n'est même pas 20 %. Nous sommes plus de l'ordre de 50 %, peut-être même plus dans certains cas », a dit la présidente de l'UDA.

Le président de l'Association québécoise des agents d'artistes (AQAA) explique pour sa part : « Nous, à l'Association, le maximum de commission qu'on peut demander sur les contrats, c'est 15 %. Un agent peut en demander moins, chaque agence a ses pourcentages, mais le maximum que nous demandons lorsqu'il y a un contrat rémunéré, c'est 15 % », a dit François Legault.

« ILS L'ONT SIGNÉ, LE CONTRAT »

Jessica Barker, une enfant de la télé qui est responsable du comité « enfants-artistes » à l'UDA, ajoute : « Cinquante pour cent, on ne peut pas dire que c'est peu... On ne peut vraiment pas dire que c'est peu... Mais... ils l'ont signé, le contrat. Parce que ça reste des contrats... À un moment, il faut se le dire : ils l'ont signé. »

« On peut trouver que 50 %, c'est beaucoup. Mais l'enfant, seul, il ne l'aurait pas eu, le contrat, ajoute Sophie Prégent. C'est là où je trouve que ça semble beaucoup, mais à quel point ? Si les Petits Chanteurs du Mont-Royal et les Petits Chanteurs de Laval n'existaient pas, ces enfants-là chanteraient-ils sur scène ? »

La comédie musicale Les choristes revient sur scène du 21 décembre 2018 au 13 janvier 2019, toujours à Montréal. Les différentes parties seraient en pourparlers pour régler le litige ; une information que les organisations ont aussi refusé de confirmer à La Presse.




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