L’Esplanade du Parc olympique a été plongée hier dans une ambiance propice au recueillement, à la réflexion et au déferlement d’émotions à l’occasion du concert d’ouverture de la Virée classique de l’OSM.

Natalia Wysocka
La Presse

Ils étaient 400 chanteurs. Rassemblés, tous ensemble, sur l’Esplanade du Parc olympique. La plupart faisant partie de chœurs amateurs de partout au Québec. Quelques-uns venus de Toronto aussi.

Des passionnés habitués, comme nous l’a précisé Andrew Megill, à se produire en compagnie d’une vingtaine, d’une trentaine de collègues. Imaginez l’expérience !

Le chef du chœur de l’OSM était d’ailleurs fébrile à l’idée de lier ses professionnels à ces amoureux du chant. De les diriger, sur scène avec Kent Nagano et ses musiciens, pour le magnifique Requiem de Verdi.

Une œuvre qui, comme l’a rappelé dans une brève introduction André Robitaille, transporte avec elle
« un idéal de justice, de fraternité, d’humanité ».

Et c’est sur cette note inspirante que s’est entamé le grand concert dédié à l’artiste lyrique Joseph Rouleau, disparu le 2 juillet dernier, qui a marqué les scènes québécoise et mondiale de sa voix de basse.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le ciel était rose et la tour du Stade brillait d’une lumière violette.

Le ciel était rose et la tour du Stade brillait d’une lumière violette. Des enfants s’amusaient gentiment, des ados se pressaient pour mieux voir, des mamans marchaient avec leurs poussettes, des amoureux se tenaient par la main, des jeunes gens tendaient le bras à leurs grands-parents, élégamment vêtus pour l’occasion. C’était Montréal dans tout ce qu’il a de plus beau.

En arrière-plan, il y avait sa musicalité, celle de la ville, comme un rappel de l’environnement presque magique dans lequel a débuté le Requiem, devant 25 400 spectateurs.

Les premières notes de cette messe des morts se sont élevées solennelles, graves, habitées. Les sonorités étaient pures, presque célestes.

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Quatre solistes cinq étoiles se trouvaient sur scène hier, soit la soprano canadienne Leslie Ann Bradley, la mezzo-soprano américaine Raehann Bryce-Davis (sur la photo), le ténor sud-coréen Seungju Mario Bahg et le baryton-basse originaire de Virginie Ryan Speedo Green.

Quatre solistes cinq étoiles se trouvaient sur scène hier, soit la soprano canadienne Leslie Ann Bradley, la mezzo-soprano américaine Raehann Bryce-Davis, le ténor sud-coréen Seungju Mario Bahg et le baryton-basse originaire de Virginie Ryan Speedo Green.

Ils ont livré un Kyrie tout en voix et en puissance et leurs performances ont marqué l’ensemble du concert par leur justesse.


Tout au long, les caméras captaient les mouvements du maestro, tout en finesse, les visages des choristes, emplis d’émotions.


Les émotions — encore — qui parcourent l’œuvre vont de la force au recueillement, de l’anticipation à la tragédie, de la douleur
au renouveau, de la tristesse à l’espoir.

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En entendant l’œuvre de Verdi, nous pouvons être remplis du sentiment qu’il existe quelque chose de plus grand, beaucoup plus grand, que nous.

En entendant l’œuvre de Verdi, nous pouvons être remplis du sentiment qu’il existe quelque chose de plus grand, beaucoup plus grand, que nous.

À la veille du concert, Andrew Megill nous confiait d’ailleurs à ce sujet que « ce qui est extraordinaire dans un tel rassemblement, c’est que même si ce n’est pas tout le monde qui croit à l’aspect théologique du Requiem, tout le monde sait ce que cela signifie que de faire face à la mort, à la perte, à la fragilité de la vie. Et à sa beauté. »

Accompagné hier par un second chef de chœur, Jean-Pascal Hamelin, il a transmis ces émotions en guidant le mur de voix qui se dressait, en communion avec les instruments.

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Du côté des spectateurs aussi, le sentiment de communion était présent. Tous là, rassemblés, il y avait de quoi oublier, du moins un instant, les difficultés, le quotidien, l’actualité.

Du côté des spectateurs aussi, le sentiment de communion était présent. Tous là, rassemblés, il y avait de quoi oublier, du moins un instant, les difficultés, le quotidien, l’actualité.

« C’est ce à quoi nous croyons tous : que cette musique change la vie des autres et leur apporte de la joie, de la richesse, leur fait vivre une expérience humaine. De façon éloquente et profonde », remarquait à ce propos Andrew Megill.

Et hier, les membres des chœurs amateurs de l’Alliance chorale du Québec, les musiciens et le chœur de l’OSM, les solistes, et le chef Nagano ont rappelé cette force de l’art.

Rappelé que l’humain est certes capable de choses horribles et insensées.
Mais qu’il est aussi capable de ça. De tant de beauté.

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Lancé par ce grand concert en extérieur, la Virée classique de l’OSM se poursuit de demain à dimanche.

Lancé par ce grand concert en extérieur, la Virée classique de l’OSM se poursuit de demain à dimanche.

Une trentaine de concerts
en salle et une multitude d’activités gratuites seront proposées.

Cette huitième édition sonne le début de la saison 2019-2020,
qui sera également la dernière de Kent Nagano à la tête de l’orchestre.

Encore une raison d’en profiter.