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Montréal Baroque : des flûtes et du feu

Claude Gingras
La Presse

S'éloignant du thème «Nouveaux Mondes» choisi pour son festival cette année, Montréal Baroque se penchait, en fin de parcours, sur l'origine du monde, tout simplement, d'où le titre Création donné à son événement de clôture. MB y reprenait, sous une autre forme, une oeuvre montée à son tout premier festival, en 2003, soit le ballet Les Éléments, de Jean-Féry Rebel, daté de 1737.

Dansé par huit membres des Jardins Chorégraphiques et assorti des numéros, style Cirque du Soleil, de quatre jongleurs de feu, le ballet était précédé, comme le souhaitait Rebel, du Chaos non dansé, purement orchestral, aux dissonances et trémolos alors peu courants et annonçant Haydn et même les romantiques.

Le programme entier faisait référence aux quatre éléments qui composent notre monde, soit l'air, l'eau, la terre et le feu, avec des pièces instrumentales de Lully, Couperin le Grand, Destouches et autres, jouées avant le Rebel. La référence n'était pas toujours des plus claires cependant, chose courante chez Montréal Baroque. Les gens du baroque ont le même défaut que ceux du contemporain: ils parlent un langage qu'eux seuls comprennent, semblent s'y complaire, et se montrent ensuite surpris que les simples mélomanes ne les suivent pas davantage.

Le sujet abordé, celui des quatre éléments, faisait un usage fréquent de l'harmonie imitative. Ainsi, les nombreuses flûtes traversières et flûtes à bec des Boréades de Francis Colpron suggéraient tour à tour, et par divers procédés, l'air et l'eau, alors que les rapides traits des violons ne pouvaient représenter que le feu. De toutes ces exécutions, la plus saisissante fut cependant celle que Mélisande Corriveau arracha littéralement à sa viole de gambe, telle une profonde racine de la terre, dans une allemande de Forqueray. On n'a rien entendu de tel depuis Jordi Savall.

Marie-Nathalie Lacoursière avait signé la nouvelle et brillante chorégraphie et l'exécuta avec ses danseurs, tous de blanc vêtus et tous impeccables. De même, l'ensemble instrumental dirigé du clavecin par Eric Milnes. Quant aux jongleurs de feu, ce sont des as dans leur domaine, tout comme la petite équilibriste Geneviève Drolet qui, complètement renversée, se tient sur une seule main et devient un grand oiseau tout blanc.

Ce programme ne faisant pas appel aux voix et requérant un petit orchestre, la réverbération du nouveau théâtre St-James était beaucoup moins prononcée que le premier soir, dans le Vivaldi.

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CRÉATION. Les Boréades, les Jardins Chorégraphiques et les Productions Saltimbanque et ses Artistes de Feu. Lundi soir, théâtre St-James. Dans le cadre de Montréal Baroque.




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