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En vedette : Zeitouni et Boulianne

La mezzo-soprano Julie Boulianne... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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La mezzo-soprano Julie Boulianne

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Claude Gingras
La Presse

Pour le dernier concert de la saison des Musici dont il est maintenant le chef, Jean-Marie Zeitouni invitait à la Maison symphonique le Choeur du Studio de musique ancienne et deux de nos jeunes chanteurs, Julie Boulianne et Phillip Addis, à une «Fête chorale à la française».

Fête à laquelle le public, bien sûr, était le premier convié. Mais le public n'est pas venu en bien grand nombre. Étrangement, comme au précédent concert des Musici, les spectateurs ne remplirent même pas le parterre et on dut fermer les trois galeries. Il est clair que les Musici, qui sont en réorganisation depuis la mort de leur fondateur Yuli Turovsky, devront se pencher sur certains problèmes, à commencer par celui de l'assistance.

La composition de la première moitié du programme était quelque peu compliquée et requiert quelques mots d'explication. Cette première moitié gravitait autour de Masques et bergamasques, ce divertissement de 1919 où Fauré évoque les fêtes galantes du XVIIIe siècle que décrivent les chroniqueurs. Des huit mouvements de la partition originale, on n'en joue plus aujourd'hui que quatre, qui forment la Suite op. 112. De ces quatre morceaux, M. Zeitouni en retint deux, l'Ouverture et la Gavotte, qu'il plaça à différents endroits du programme, et il y ajouta deux autres mouvements tirés ceux-là de l'original, soit le Madrigal avec choeur et la Pavane, où l'on entendit également le choeur, quoique la pièce soit plus connue dans sa version pour orchestre seul.

En première moitié de programme, on entendit donc quatre pièces de Fauré séparées par d'autres pièces : deux des Chants d'Auvergne de Canteloube et la Chanson perpétuelle de Chausson, avec Julie Boulianne, le triptyque Don Quichotte à Dulcinée de Ravel, avec Phillip Addis, et les Trois Chansons de Charles d'Orléans pour choeur a cappella, de Debussy, par les 40 choristes du SMAM. Addis chanta également le bref solo de la deuxième pièce de Debussy.    

Le Requiem de Duruflé occupait les 42 minutes d'après-entracte. C'était la troisième fois en deux mois qu'on donnait le Requiem de Duruflé. En fait, on l'a entendu dans les trois versions préparées par le compositeur. Le 26 mars, à Saint-Jean-Baptiste, Louis Lavigueur l'avait donné avec un grand orchestre de 60 musiciens. Le 5 mai, dans cette même Maison symphonique, le Choeur de chambre de l'OSM le chantait dans la version avec orgue seulement. François Zeitouni était alors à l'orgue et y était de nouveau, cette fois sous la direction de son grand frère, dans la version pour orchestre à cordes avec orgue, trois trompettes, harpe et timbales. On parle d'orgue de chambre, bien sûr, le grand Casavant promis pour la Maison symphonique n'étant pas encore terminé.

Pour l'ensemble, ce fut un concert réussi. Le programme lui-même, fort inégal, nous empêche de parler d'expérience passionnante. Pour Fauré, par exemple, la seule pièce à retenir est la Pavane, avec sa mélodie irrésistible. Les Debussy, Chausson et Canteloube sont fort ennuyeux. On peut reconnaître une certaine recherche dans le Ravel, sans l'aimer pour autant. Quant au Duruflé, il passe encore difficilement.

Jouant sur une gamme dynamique très étendue, Zeitouni anima le programme entier avec le même plaisir évident qu'il avait pris à le monter et le petit orchestre lui répondit généralement bien. À retenir, dans le Duruflé, ces lourds trémolos des violoncelles et l'appel du trio additionnel de trompettes. Pour sa part, le choeur rendit avec souplesse ces pages proches du romantisme et très éloignées du répertoire baroque où il se retrouve habituellement.

Des deux voix solistes, la première à signaler est Julie Boulianne. Son jeune mezzo continue de se raffermir à tous les niveaux : volume, couleur, égalité. Elle a chanté le Baïlèro de Canteloube en se retournant deux fois vers le choeur, créant ainsi un intéressant effet d'écho, et elle a apporté à l'unique solo du Duruflé un chant extrêmement intérieur et soutenu qui transformait cette page.

Phillip Addis est lui aussi l'un de nos jeunes chanteurs les plus sérieux. Le timbre est nourri et le français est meilleur que celui de bien des chanteurs francophones. L'aigu est cependant plafonné et même un peu dur. Il faudra consulter un professeur ou éviter certaines pièces.

I MUSICI DE MONTRÉAL et CHOEUR DU STUDIO DE MUSIQUE ANCIENNE DE MONTRÉAL. Chef d'orchestre : Jean-Marie Zeitouni. Solistes : Julie Boulianne, mezzo-soprano, et Phillip Addis, baryton. Vendredi soir, Maison symphonique, Place des Arts.




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