Le quintette à vent Pentaèdre lançait sa 25e saison hier par un événement de fin d'après-midi tenu à l'élégante salle Tudor du magasin Ogilvy. Francis Poulenc occupait seul le programme, avec cinq oeuvres de musique de chambre dont quatre donnaient successivement la vedette à chacun des musiciens du groupe.

Publié le 15 oct. 2010
Claude Gingras LA PRESSE

Le hautboïste Normand Forget, qui se présente comme le «seul survivant» de la formation originale de 1985, rappela les débuts de Pentaèdre et l'esthétique de la maison. Il invita ensuite chacun des musiciens à commenter l'oeuvre que Poulenc destina à son instrument. Ce Poulenc au salon - le titre du concert - sera prochainement enregistré par ATMA.

À l'exception de l'arrangement pour quintette à vent d'une Novelette pour piano, qui ouvrait le programme, celui-ci était composé d'oeuvres originales. Les quelque 80 personnes que l'événement avait attirées étaient assises à de grandes tables où les cinq titres musicaux étaient accompagnés par autant de bouchées très recherchées et autant de verres de vin.

Ainsi, au Trio pour hautbois, basson et piano, le menu ajoutait: a) languette de saumon marinée au gingembre et orange, menthe et poivron grillé; b) Arinto Prova Regia Bucelas 2009.

Ce programme très attentivement écouté et très chaleureusement ovationné apporta une nouvelle confirmation: les membres de Pentaèdre sont de prodigieux virtuoses et d'authentiques musiciens qui, comme groupe, magnifient ces qualités. Le Sextuor pour vents et piano, qui terminait le concert, illustra particulièrement bien ce sens de l'appartenance où chacun sait écouter ce qui se passe autour de lui. En même temps, l'étourdissante virtuosité et la profonde musicalité de ces instrumentistes redonnaient au long Sextuor son entier caractère, fait d'humour, de surprise et de charmante ironie.

Précédemment, Danielle Bourget avait apporté une fine mélancolie à la Sonate pour flûte, Louis-Philippe Marsolais avait bien traduit l'aspect tragique de l'Élégie inspirée par la mort du corniste Dennis Brain, Forget déjà nommé et Mathieu Lussier s'étaient amusés à marquer l'opposition féminin/masculin du très difficile duo pour hautbois et basson avec piano, et Martin Carpentier avait exploité au maximum l'ambitus sonore et expressif de la clarinette dans la Sonate de 1962.

Mention toute spéciale au pianiste David Jalbert: il participa au programme entier et se montra partout excellent chambriste, malgré un piano fort imparfait.

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QUINTETTE À VENT PENTAÈDRE Danièle Bourget (flûte), Normand Forget (hautbois), Martin Carpentier (clarinette), Mathieu Lussier (basson) et Louis-Philippe Marsolais (cor) et DAVID JALBERT, pianiste. Hier après-midi, Salle Tudor du Magasin Ogilvy. Programme: oeuvres de Francis Poulenc.