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Longue ovation pour l'OSM à Paris

La salle Pleyel est l'une des trois ou quatre salles de concert mythiques de... (Photo: Jean Buithieu)

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Photo: Jean Buithieu

Louis-Bernard Robitaille
La Presse

(Paris) La salle Pleyel est l'une des trois ou quatre salles de concert mythiques de Paris. Les autres étant des théâtres à l'italienne souvent voués à l'opéra, Pleyel (ouverte en 1927) est par excellence le haut lieu de la musique orchestrale.

Magnifiquement rénovée en 2006, avec une belle invention de doubles balcons, dont l'un à l'arrière de la scène, et une acoustique remarquable, elle a servi hier soir d'écrin à l'orchestre symphonique de Montréal, pour l'avant-dernier concert de sa tournée européenne. Elle avait commencé le 16 avril à Valence, en Espagne, et se termine ce soir à Luxembourg. À peu de choses près à guichets fermés, bien sûr, dans de prestigieuses salles de concert de 1500 à 2000 places, de Madrid à Vienne, en passant par Baden-Baden ou Zagreb.

Une tournée de rêve menée au pas de charge entre le 15 et le 29 avril, avec seulement trois soirs de relâche. «C'est important pour l'OSM de faire parfois de grandes tournées, expliquait Kent Nagano deux heures avant le début du concert. C'est indispensable pour sa renommée, pour la diffusion de nos CD, pour le contact humain avec de nouveaux publics. Chaque grand orchestre a sa sonorité propre. En Europe, les gens pensent, avec raison, que l'OSM a quelque chose d'original: c'est nord-américain, mais sa composition est très multiculturelle, et ce n'est pas un orchestre américain. Il n'y a plus de classement précis des grands orchestres dans le monde: mais l'OSM en tout cas est un joueur majeur sur la scène internationale.»

Une tournée qui constitue une machinerie assez lourde. Une troupe de 125 personnes à déplacer tous les jours, un budget de 3,8 millions de dollars: 30 % provenant de la fondation de l'OSM, 20 % de subventions publiques, mais une moitié assurée par les recettes en salles, ce qui est plus qu'honorable. Quand on joue dans des salles européennes prestigieuses, on fait plus facilement salle comble: encore faut-il y être invité. «L'OSM est le seul orchestre au Canada à faire de grandes tournées internationales et à enregistrer autant d'albums: 84 titres en trois décennies», soulignait la directrice générale de l'OSM, Madeleine Careau.

Quand un orchestre est admis à Pleyel, c'est déjà succès plus qu'à moitié assuré, vue la réputation de la salle, qui a ses habitués. Mais le concert était favorablement signalé dans les journaux, et Kent Nagano, longtemps à la tête de l'Opéra de Lyon, a sa réputation. Et ses admirateurs: «Sa baguette, dont le sens dynamique ne s'est jamais démenti, écrit Le Figaro, regarde constamment vers deux horizons: le grandiose et la France. Il faut aller à ce concert, car Nagano est pour le XIXe siècle et Mahler un ambassadeur mesuré et volontaire.»

La salle Pleyel, donc, était pleine à ras bord. Façon de parler car la rénovation récente, avec ses murs blancs et ses fauteuils de bois clair, en a fait un lieu très aérien, où on ne sent pas du tout la masse des spectateurs. Acoustique parfaite et elle aussi un peu irréelle, où les notes se détachent avec une netteté qui parfois paraît presque excessive, comme en apesanteur. Mais qui donne du relief à toutes les subtilités de l'orchestre.

Les musiciens dirigés par Kent Nagano ont donc exécuté avec brio deux nocturnes de Debussy et une pièce contemporaine, fort brillante, du Chinois Tan Dun. Et, après l'entracte, le somptueux Chant de la terre, de Mahler, avec le ténor Klaus Florian Vogt, et le baryton Christian Gerhaler, les deux interprètes qui ont réalisé le récent enregistrement sous la direction de Nagano.

Le public était acquis à la cause. Il s'est laissé flotter par la virtuosité et la fluidité des notes, avant bien sûr de faire à l'orchestre et à son chef une ovation de plusieurs minutes. Outre les officiels canadiens, quelques invités illustres, comme la ministre française de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, l'ancien patron du Medef Ernest-Antoine Sellière, l'essayiste Alain Minc, ou l'éminence grise du patronat français, Claude Bébéar. Et, parmi un nombre important d'invités canadiens et québécois, l'ancien premier ministre Bernard Landry et sa femme.

Un concert de l'OSM à l'étranger est aussi une grande opération de relations publiques.

 




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