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André Laplante: un grand récital

Claude Gingras
La Presse

André Laplante donnait hier après-midi, en fin d'exercice 2008-09 du LMMC, l'un des plus beaux récitals de piano qui nous aient été offerts depuis longtemps, un récital à inscrire parmi les événements majeurs de la saison qui se termine.

Quiconque a suivi le cheminement du musicien approchant aujourd'hui la soixantaine ne peut qu'être étonné de la dimension qu'il a atteinte comme pianiste et comme interprète. Virtuose romantique, Laplante avait choisi, pour cette importante invitation au LMMC, un programme parfaitement dans ses cordes: les neuf pièces du premier recueil, Suisse, des Années de pèlerinage de Liszt et un groupe Chopin comprenant la Sonate de la Marche funèbre, op. 35. (Le pianiste reprendra le même programme, dans l'ordre inverse Chopin-Liszt, à Orford le 20 juin.)

Plus encore que la technique, qui est absolument prodigieuse (rapidité et force des octaves sont à couper le souffle), plus encore que la concentration, qui n'a pas fléchi une seule seconde pendant le Liszt, c'est la sonorité qui m'a le plus impressionné hier - une sonorité non pas opulente et vide, comme c'est si souvent le cas, mais toujours nourrie d'expression: profonde, riche, voire brûlante et belle à pleurer, comme ce fut le cas dans Vallée d'Obermann.

Les violentes basses de Orage, la charmante simplicité de Églogue: on voudrait commenter chaque pièce du recueil. Le tandem Liszt-Laplante avait quelque peu secoué le piano, que l'accordeur vint retoucher à l'entracte. Le groupe Chopin trouva le pianiste un peu moins inspiré que dans la première moitié, où il avait donné son maximum. Il y reprenait une partie de son récent enregistrement Chopin; on l'entendait d'ailleurs chantonner, comme sur le disque.

Oublions ces détails, la tenue sport, la queue de cheval, Laplante a joué hier comme un grand pianiste. Ses deux rappels: la première pièce des Kinderszenen de Schumann et un autre Liszt, le Sonetto 104 del Petrarca tiré du recueil Italie des mêmes Années de pèlerinage.

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ANDRÉ LAPLANTE, pianiste. Hier après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Années de pèlerinage. Première Année: Suisse, G. 160 (1836-1855) - Liszt Nocturnes: do dièse mineur, op. posthume (1830); fa majeur, op. 15 no 1 (1830-31); Sonate no 2, en si bémol mineur, op. 35 (1837-39) - Chopin

 




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