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Fanny Bloom: histoires de Pan

Sur l'album Pan de Fanny Bloom, les chansons explosives et... (PHOTO: OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Sur l'album Pan de Fanny Bloom, les chansons explosives et rythmées sont entrecoupées de complaintes introspectives.

PHOTO: OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Au risque de nous confondre, le deuxième disque solo de Fanny Bloom coïncide avec bien des premières. Premier plongeon radiophonique, catapulté par le hit Piscine, première convocation dans l'univers risqué du théâtre et, surtout, beaucoup de premières... parties. Ces concerts donnés en ouverture de ceux d'Ariane Moffatt, Coeur de pirate ou encore Michel Rivard ont rapproché l'ex-Patère Rose de son piano.

Le noble instrument, sur Pan, se déploie dans toutes ses nuances et jette les bases de mélodies souvent dansantes, parfois mélancoliques. «Il a fallu que je me réapproprie l'instrument, raconte Fanny, assise devant une verrine gourmande au café De farine et d'eau fraîche, rue Amherst. Lorsqu'on joue en band, on s'occupe de sa partie et on se soucie peu de remplir le silence.»

Piaffant seule sur son piano, Fanny a vite été assaillie par le vertige du vide, devant des salles combles braquées sur ses doigts et sa voix. Elle s'est donc mise au travail pour occuper plus d'espace sonore avec les menues touches noires et blanches. «Ça m'a amenée à composer différemment, et j'ai fini par trouver le bon équilibre», dit la jeune chanteuse aux cheveux blonds.

Cette tournée de premières parties s'est avérée un «bon laboratoire» pour la concoction de Pan, auquel s'ajoutent des explosions vocales, des effluves électro et des instruments plus exotiques: la flûte de pan, justement, le trombone ou encore le marimba.

Apprentie guerrière avait des allures d'album de rupture, non seulement amoureuse, mais aussi professionnelle, puisque ses deux acolytes du trio électro-pop La patère rose, son amoureux Thomas Hébert et son ami Julien Harbec, ont préféré poursuivre leur aventure musicale au sein de Misteur Valaire.

Exit donc les tournées folles où les culs secs altéraient les derniers accords au milieu de la nuit. L'artiste, qui a vécu un petit blues post-Patère, clame cette fois son indépendance sans complexe ni amertume. Elle invite même le groupe à dynamiser deux pièces, Deadbird et Il faudra.

À la réalisation, Fanny Bloom a renouvelé le contrat d'Étienne Dupuis-Cloutier (oui, le frère de Jérôme). Ses qualités? «Il me fait beaucoup rire, dit spontanément la joviale artiste. Plus sérieusement, on travaille bien ensemble. Sur mon premier disque, je n'étais pas très impliquée, parce que tout était nouveau pour moi et que je voulais préserver sa vision. Mais là, ça ressemblait beaucoup plus à un travail d'équipe.»

Le premier single tropico-pop Piscine a dominé les palmarès radio cet été, une carte de visite distribuée aux néophytes et un réjouissant présage pour la suite. «C'est weird, s'entendre à la radio, dit Fanny Bloom. Je voulais faire une chanson d'été, avec une mélodie puissante et un refrain accrocheur, mais on ne sait jamais si ça va pogner. J'avais toujours la chanson dans la tête après l'avoir composée; c'était peut-être un bon indice.»

Autobiographique

Les chansons explosives et rythmées sont entrecoupées de complaintes introspectives, mais jamais Fanny ne sacrifie la sincérité des émotions, puisées au coeur de ses tribulations. «J'aimerais écrire des histoires avec des personnages inventés, mais je n'en suis pas capable.»

Apparaissent ainsi sur l'album le nom de son ex, Sammy Sammy, et une chanson-hommage à l'écrivaine Vickie Gendreau, foudroyée par un cancer du cerveau à 23 ans. «J'ai lu Testament; c'est un texte qui m'a complètement déchirée, et je l'ai reçu comme un immense cadeau», explique-t-elle.

Fanny a contacté Vickie, et lui a proposé d'intituler l'une de ses pièces Drama Queens, titre du roman posthume de l'auteure, écrit dans l'urgence pour déjouer la Faucheuse. «Je ne l'avais pas réalisé avant de la connaître, mais cette chanson, c'était exactement son histoire», dit la chanteuse, encore émue.

Bientôt au théâtre

Dans les prochains mois, Fanny Bloom arpentera les salles du Québec pour raconter ses histoires de Pan, mais elle devra aussi plancher sur un nouveau projet... sur les planches. Le metteur en scène Jean-Simon Traversy l'a contactée pour sonder son intérêt à jouer en live durant la pièce Constellations, de l'auteur britannique Nick Payne.

Aurait-elle accepté un tel défi il y a quelques années? Peut-être pas... «J'ai gagné beaucoup en confiance, dit Fanny. Je sais maintenant que je suis capable de faire de la musique seule, entre autres parce que j'ai été inspirée par les auteurs-compositeurs-interprètes que j'ai croisés sur ma route.» Particulièrement Ariane Moffatt, qui lui a d'ailleurs prêté ses claviers pour l'enregistrement du disque.

Mais Fanny Bloom inspire elle aussi une jeune génération d'artistes. Les Francouvertes viennent tout juste d'annoncer qu'elle sera l'une des porte-parole, avec Keith Kouna, du 19e prestigieux concours-vitrine. «C'est une famille», dit celle qui a remporté la compétition au sein de La patère rose en 2008. Six ans plus tard, elle est en train de gagner en solo ce qu'il y a peut-être de plus précieux pour un artiste: l'assurance et la notoriété.

FANNY BLOOM

PAN

DARE TO CARE RECORDS




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