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Insaisissable Vanessa Paradis

Vanessa Paradis... (PHOTO FOURNIE PAR DEP/UNIVERSAL MUSIC)

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Vanessa Paradis

PHOTO FOURNIE PAR DEP/UNIVERSAL MUSIC

Louis-Bernard Robitaille

collaboration spéciale

La Presse

(Paris) Elle est partagée entre Los Angeles et la France, la chanson et le cinéma, son image de Lolita et ses 25 ans de carrière. Elle raffole des tournées et des concerts, mais préserve jalousement sa vie privée.

J'ai rendez-vous avec Vanessa Paradis, dont le nouvel album, Love Songs, sort aujourd'hui au Québec. La rencontre aura lieu dans une suite d'un palace voisin de la place Vendôme, à Paris, où tout est prévu pour le défilé chronométré des journalistes.

«Vous aurez 30 minutes», me dit une attachée de presse, qui ajoute: «Surtout, pas un mot sur sa vie privée» (traduction: sur la séparation d'avec Johnny Depp).

Pour la maison Barclay, la sortie du nouvel album de Vanessa Paradis est une opération d'envergure qui se prépare des semaines à l'avance. Du travail «à l'américaine», comme on dit à Paris.

Mais la star elle-même n'a rien d'américain: elle ferait plutôt voisine de palier qui vient faire coucou. Elle apparaît sans crier gare par une porte latérale, jeans en velours, t-shirt, maquillage plus que léger. Un style décontracté qu'on n'attend pas forcément de l'égérie de la maison Coco Chanel.

Elle salue avec un charmant sourire et sort son paquet de tabac pour se rouler une cigarette. «La fumée ne vous dérange pas?» Elle, qui a fait une entrée fracassante dans la chanson et le cinéma dans la peau d'une Lolita, a eu 40 ans en décembre dernier et ne fait aucun effort pour avoir l'air jeune à tout prix.

Vanessa Paradis n'est jamais là où on l'attend. On la croit à Los Angeles, elle est dans le sud de la France. Et inversement. Elle fait des apparitions dans les spectacles des amis, sans avertir. On ne la voit pratiquement jamais en interview à la télévision française. Même sa carrière de chanteuse a toujours été atypique: le dernier vrai album, Divinidylle, date déjà de six ans.

«Mais non, proteste-t-elle, j'ai une carrière tout à fait normale. Il se trouve simplement que j'ai deux métiers. Il m'arrive de disparaître de la scène musicale pour tourner un film, puis de revenir à la musique. J'ai tout de même été très occupée par la sortie de mon best of, à la fin de 2009, puis par les tournées qui se sont enchaînées sur une quinzaine de mois. Ça s'est entremêlé avec le tournage de quatre ou cinq longs métrages, de participations amicales à des concerts, de doublages de films d'animation. Je n'ai pas vraiment chômé.»

Le fruit du hasard

Love Songs, un double album très mélodique, encensé par la critique, est le fruit du hasard et d'une longue gestation.

Pour la sortie du best of, en 2009, Barclay avait sollicité plusieurs auteurs-compositeurs pour obtenir une chanson à offrir en bonus. Vanessa avait conservé six «chansons magnifiques» parmi toutes celles qui n'avaient pas été retenues. Benjamin Biolay faisait partie du lot.

En mars 2012, la chanteuse attend une nouvelle chanson de lui: par courriel, il lui en envoie huit d'un seul coup à Los Angeles. Ils se connaissaient à peine: Benjamin Biolay est choisi comme maître d'oeuvre de l'album et signera 8 morceaux (sur 22) à lui tout seul.

«Ça paraît insensé, par ces temps de crise du disque, de proposer un double album, dit la chanteuse, mais ça s'est imposé tout seul tellement les chansons étaient exceptionnelles.»

Après l'été, notre star va entamer une grande tournée aux quatre coins de la France et dans les pays limitrophes. Son passage au Québec est prévu pour le début de 2014.

«La prochaine tournée sera principalement organisée autour de vieux théâtres, précise-t-elle. Des salles de 1000 à 1500 places. C'est ce que je préfère, ces belles architectures, ces couleurs, les fantômes des artistes qui se sont produits dans ces murs au cours des deux derniers siècles. En octobre 2007, j'avais chanté à Paris-Bercy devant 15 000 spectateurs. C'est une expérience unique et je ne regrette pas, mais j'aime mieux les salles à dimension humaine.»

Et puis, il y a toujours le cinéma. Si l'on ne retient que ses participations majeures, Vanessa Paradis a une douzaine de films à son actif, dont Noce blanche, qu'elle a tourné à 16 ans, et La fille sur le pont, en 1999 - deux énormes succès critiques et publics.

«Ça paraît insensé, par ces temps de crise... (Photo: fournie par DEP/Universal Music) - image 2.0

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«Ça paraît insensé, par ces temps de crise du disque, de proposer un double album, mais ça s'est imposé tout seul tellement les chansons étaient exceptionnelles», a confié Vanessa Paradis.

Photo: fournie par DEP/Universal Music

Un film avec Woody Allen

Ne comptez pas sur l'actrice pour vous dévoiler ses projets. En revanche, elle ne peut dissimuler ce nouveau lapin qui sortira de son chapeau en octobre: un film, tourné à New York l'automne dernier sous la direction de John Turturro, acteur-culte et réalisateur à ses heures. Cela s'appelle Fading Gigolo. Elle y incarne, aux côtés de Sharon Stone, «une veuve hassidique avec turban et jupe longue», et donne la réplique à nul autre que Woody Allen!

«C'était une expérience incroyable: je suis arrivée à New York peu avant la réélection d'Obama et l'ouragan Sandy. Le premier jour du tournage, je suis tombé sur Woody Allen, qui improvisait à chaque prise! Un acteur vénéré du monde entier! Il m'a demandé de quel pays je venais, car j'ai en anglais un léger accent, bizarre et pas très identifiable.»

Après Café de Flore, voici donc un nouveau personnage bien éloigné de la Lolita des débuts ou de l'icône glamour des campagnes Chanel. «Bof, dit-elle, j'ai déjà bien souvent l'occasion de faire du glamour dans mon métier!»

Du film de Jean-Marc Vallée, en tout cas, elle ne regrette rien, même si, au box-office en France, il a fait l'un des plus mauvais résultats de sa filmographie. «J'adore ce film, qui est beau et fort. Même si sa construction complexe et dense a pu dérouter. Ce fut une magnifique expérience.»

Une quinzaine d'années après son installation aux États-Unis, Vanessa vient donc de tourner son premier film américain. «Pas hollywoodien d'ailleurs, plutôt new-yorkais et de dimension artisanale, un peu comme un film français!»

Le début d'une nouvelle séquence dans sa vie? Ce n'est pas sûr. «C'est le hasard qui a mis John Turturro sur mon chemin. Jamais je n'ai songé à commencer une carrière américaine, dit-elle. Je suis restée une Française de Los Angeles, et l'essentiel de mes activités professionnelles se passe en France. Cela présente d'ailleurs un avantage: j'ai un peu profité de l'anonymat pour mener parfois une vie normale. Enfin, jusqu'à un certain point...»

Ou alors, c'est qu'elle apprécie la vie en Californie?

«Pas du tout! Pendant toutes ces années, j'ai fait des allers-retours continuels avec la France, et je n'ai jamais passé six mois sans faire un séjour en France. Mais vous savez [sourire candide], mes enfants sont Franco-Américains.»

Cela veut-il dire qu'elle passera le reste de ses jours à L.A.?

«Je ne sais pas encore», répond-elle évasivement. Et elle s'arrête là. Quelques mots de plus et on allait faire intrusion dans sa vie privée.




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