Ce trio de Vijay Iyer porte toutes les qualités souhaitables d'un petit ensemble acoustique consacré au jazz d'aujourd'hui.

Publié le 22 févr. 2015
ALAIN BRUNET LA PRESSE

Les idées musicales y sont extrêmement relevées tout en maintenant l'allégeance au style. Plutôt que l'habituelle suite intro-thème-impro-pont-impro-thème, le pianiste américain (d'origine indienne) implique ses collègues (Stephan Crump, contrebasse, Marcus Gilmore, batterie) dans un flux collectif des plus substantiels, ponctué d'interventions singulières dans les breaks de chaque composition ou relecture - d'où le titre de l'album.

Les concepts rythmiques y sont exceptionnels et complexes, sorte d'intellectualisation heureuse du hip-hop ou de l'électro, sans pour autant négliger l'esprit swing inhérent au jazz moderne. Les concepts harmoniques y représentent souvent de brillantes avancées du piano jazz et l'allégeance à la tradition y est clairement exposée - évocations directes de Thelonious Monk, John Coltrane ou Billy Strayhorn dans le cas qui nous occupe. Un trio à son zénith. 



À écouter : Break Stuff



JAZZ,

Vijay Iyer

Break Stuff, ECM

****1/2