Americana aurait pu être un autre hommage poli au patrimoine musical de nos voisins du sud. Pas avec Neil Young et Crazy Horse. Se réclamant de la tradition folk, Young ne se gêne pas pour modifier les mélodies et les mots de ces chansons traditionnelles et les plonger dans son rock de garage.

Alain de Repentigny LA PRESSE

Gallow's Pole est très différente de la chanson empruntée par Led Zep et Clementine serait même méconnaissable aux belles oreilles de Roquet dont c'était pourtant la chanson fétiche. La très connue Tom Dula devient un long jam typique de Young et Crazy Horse tandis que High Flyin' Bird nous ramène à l'époque où Young la jouait à Winnipeg après avoir fait la connaissance de Stephen Stills. De plus «moderne», il y a aussi la doo wop Get a Job des Silhouettes, au propos très actuel. Après des relectures plus fidèles de This Land Is Your Land et Wayfarin' Stranger, le seul moment acoustique, ça se termine par un God Save The Queen décapant remis dans le contexte de la guerre d'indépendance américaine. Americana est tout sauf un disque scolaire. C'est plutôt le plus vivant des disques de studio, l'album à la fois bordélique et très respectueux d'un homme libre.

À télécharger: Jesus' Chariot

ROCK

NEIL YOUNG& CRAZY HORSE

AMERICANA

*** 1/2

Reprise/Warner