«Ain't no grave gonna hold my body down», chante feu Johnny Cash dans la première pièce de son ultime disque.

Publié le 20 févr. 2010
Paul Journet LA PRESSE

On y entend le souffle froid de la mort. La voix lourde et fragile de celui qui voit sa fin approcher, mais qui se tient debout jusqu'à la dernière seconde. Les arrangements de la première pièce sont aussi superbes, avec les bruits de bottes, les réverbérations plaintives de guitare et une seule note de piano, grave et sans appel. American VI offre les dernières pièces inédites enregistrées en 2002 et 2003 avec Rick Rubin (réalisateur des autres disques de la série). La femme de Cash est morte en mai 2003, et il savait que la même chose l'attendait. Comme dans les autres American, Cash chante surtout des reprises du répertoire américain (Sheryl Crow, Kris Kristofferson, Tom Paxton, Bob Nolan, etc). Il y a aussi sa dernière composition, I Corinthians: 15:55. Le numéro VI ne contient pas de succès populaire comme Hurt ou One. Comme ses prédécesseurs, il y a quelques chansons plus oubliables et extrêmement dépouillées. Mais ne serait-ce que pour la superbe pièce titre et la très belle Redemption Day, le disque vaut l'achat. Ce sera son dernier.

Extrait: Ain't No Grave

FOLK

JOHNNY CASH

AIN'T NO GRAVE

LOST HIGHWAY RECORDS

***1/2