La finale des Francouvertes aura lieu lundi soir au Club Soda. Petit portrait des trois finalistes et de leur parcours surprenant et atypique, en attendant de les voir bientôt sur scène.

Publié le 12 mai
Josée Lapointe
Josée Lapointe La Presse

Hôte

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Hôte, alias Marc-André Dupaul

Qui ?

Hôte, c’est le projet de Marc-André Dupaul, 31 ans. « Je sais, je suis le plus vieux des finalistes, et de loin ! », lance en riant le musicien, qui a longtemps travaillé comme photographe et vidéaste dans le milieu musical et qui, au début de la vingtaine, a fait partie d’un groupe folk. « J’ai déjà fait de la musique, mais j’étais très pogné… Il a fallu que je fasse un gros travail personnel pour réémerger. Mais j’ai fait la paix avec tout ça, et là, je suis prêt à montrer c’est quoi au complet, Marc-André Dupaul. »

La musique

S’il a choisi le nom Hôte, c’est parce qu’il en aimait le double sens. « Un hôte, c’est celui qui reçoit, ou ceux qui sont reçus. C’est intéressant, ce rapport, on peut être l’hôte de tellement de choses. Si tu ne t’ouvres pas, tu vas te défendre toute ta vie contre ça. » Dans ses chansons, l’auteur-compositeur-interprète essaie de trouver du sens dans ses rêves, dans une ambiance plutôt planante. « Ce sont des images, des archétypes, des symboles qui me sont chers, que je superpose sur un groove à mi-chemin entre le DJ set et le show rock. »

Le parcours

Marc-André Dupaul, qui a sorti un EP en 2020, Lune en verseau, a tenté sa chance aux Francouvertes pour l’édition de 2021, mais n’a pas été sélectionné. « On dirait que mon aventure avec les Francouvertes a commencé il y a deux ans, quand j’ai été refusé », analyse-t-il. « Là, j’arrive avec de quoi qui a macéré, je suis rentré là-dedans avec la flamme, en me disant que j’avais quelque chose à aller chercher dans cette expérience, aussi confrontant et crève-cœur qu’un concours puisse être. »

La finale

Le chanteur, qui est entouré d’un groupe de quatre musiciens, a hâte que tout soit terminé, et surtout… de donner un show au Club Soda ! « Faire des shows dans un contexte de compétitivité, ce n’est pas exempt de stress. Mais nous autres, c’est comme si on avait déjà gagné : depuis le début, c’est une surprise, show après show. » Il espère que la finale lui donnera la visibilité et les moyens pour continuer à faire de la musique. « Je pense qu’on peut apporter des sonorités différentes dans les oreilles des fans de musique francophone. On ne se fait pas d’idées, mais on a des projets, et on fonce là-dedans. »

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Rau Ze

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le duo créatif de Rau Ze, Rose Perron et Félix Paul

Qui ?

Rau Ze, c’est d’abord le duo formé par la chanteuse Rose Perron et le multi-instrumentiste Félix Paul, qui se sont rencontrés au cégep de Saint-Laurent il y a quatre ans, alors qu’elle avait 17 ans et lui, 21 ans. « On est un couple artistique », précise Félix. Ils ont fait leurs classes en faisant des « gigs de covers » dans les bars montréalais, où ils jouaient essentiellement de la pop et du jazz. Le groupe est né… la veille de la remise des candidatures aux Francouvertes. Il a ensuite fallu trouver des musiciens, quatre amis qui jouent avec eux depuis des années. « Rau Ze, c’est nous deux, dit Rose. Mais on ne pourrait pas être nous deux sans être nous six. »

La musique

« Depuis qu’on se connaît, on savait qu’on voulait arriver avec un projet de musique originale », raconte Félix. Après quelques tentatives en anglais, ils ont choisi le français parce que c’est « plus proche de la poésie quotidienne » de leur vie, et qu’ils sont « en amour avec la scène franco au Québec ». Leurs chansons intenses sont teintées de jazz, mais ils aiment surtout les mélanges et décrivent leur musique comme du trip hop soul. Et Rose, par son charisme et son énergie, est la leader naturelle du groupe. « Rose, la raison pour laquelle je ne l’ai jamais lâchée, c’est que non seulement c’est une chanteuse phénoménale qui a de l’intuition, mais dès qu’on la voit, on sent que c’est autour d’elle que ça gravite. Où tu vas musicalement, on veut te suivre, et tu as ce magnétisme sur scène aussi. »

Le parcours

Les Francouvertes ont vraiment été le coup d’envoi pour le groupe, qui n’a même pas un EP à son actif. « Je pense qu’on a été plus excités de savoir qu’on était pris que de remporter notre demi-finale ! », s’exclame Félix. C’est ce qui rend leur parcours jusqu’en finale encore plus surprenant, surtout qu’ils ont aussi déjà reçu 11 prix, une véritable avalanche qui a laissé Rose bouche bée. « La surprise, c’est la reconnaissance, je pense, dit-elle. C’est fou, là ! » Une tape dans le dos professionnelle et financière qui leur donne envie de continuer : Rau Ze rêve maintenant de faire des premières parties de groupes qu’il aime, et le groupe va tout donner pour la finale. « On va rester nous-mêmes, dit Félix, la recette gagnante qu’on a, et l’améliorer. »

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Émile Bourgault

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le finaliste Émile Bourgault

Qui ?

Emile Bourgault a appris le piano très jeune, mais c’est à 12 ans, quand il a commencé la guitare, qu’il s’est mis à composer des chansons. À 18 ans, le jeune auteur-compositeur-interprète a déjà deux EP à son actif et admet être « un peu hyperactif » en création et en musique. « Mais je suis toujours en apprentissage de tout ça. »

La musique

Émile Bourgault fabrique des chansons à tendance pop rock et a un don certain pour les mélodies accrocheuses. Ses textes parlent de lui et de ce qu’il ressent, ce qu’il ne fait pas beaucoup dans la vie. « Il y a des choses plus importantes que de parler de moi. La musique n’est pas un exutoire, mais une façon de sortir ce qu’il y a de moins bon, et de le mettre dans une œuvre qui se tient. » Chanter en français s’est imposé… parce qu’il ne parle presque pas anglais, dit-il en rigolant. « C’est une belle langue, la façon la plus naturelle de m’exprimer, et la plus riche avec ce que je possède comme atouts. »

Le parcours

C’était la première fois qu’Émile Bourgault s’inscrivait dans un concours, et à quelques jours de la finale, il se sent « submergé ». « Je suis allé voir tous les shows, quel talent il y avait dans ces 21 artistes et groupes. » Il ne s’attendait pas à se rendre si loin, et est surtout heureux de savoir que sa musique a pu rejoindre des gens. « C’était mon but ! La victoire, ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Je veux juste donner le meilleur show possible, pour que les gens qui nous ont découverts pendant le parcours soient contents de nous voir encore. »

La suite

Émile Bourgault a quitté le cégep pour se concentrer sur sa carrière, parce qu’il ressentait « le profond besoin » de faire ça à temps plein. L’aventure des Francouvertes lui prouve qu’il a fait le bon choix. « Je suis certain que je veux évoluer dans ce milieu. De toute façon, je n’ai rien d’autre. Je dois faire ça. Oui, c’est ça, je dois faire ça. C’est la seule façon que je peux totalement être heureux dans la légèreté, et m’exprimer. Je veux juste prendre les opportunités qui me sont données, et aller en chercher, et faire le plus possible pour vivre de ça un jour. Il faut se concentrer là-dessus. »

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