Récemment découvert par le public planétaire de Sex Education grâce à La ballade des gens heureux, Gérard Lenorman ose sortir un premier album inédit en 20 ans.

Charles-Éric Blais-Poulin
Charles-Éric Blais-Poulin La Presse

Le goût du bonheur, autoproduit, est d’abord propulsé par la ballade humaniste Changer, écrite et composée par Vianney, superstar de la pop franco. Le jeune chanteur prête aussi sa plume à Regarder s’en aller les choses. « Qu’il est beau de voir filer la vie », y chante Lenorman, âgé de 76 ans et atteint d’une « grave maladie » — l’aversion du mensonge —, selon ses dires.

Avec un grain éraillé et un souffle qui rappellent parfois Daran, la voix tient bon. Elle porte tantôt les mots du célèbre parolier Claude Lemesle, tantôt ceux du romancier Nicolas Peyrac ou des collègues Serge Lama et Bénabar.

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Voilà une succession de chansons bien ficelées, arrangées sobrement, où le petit prince de la chanson aborde avec humour ou tendresse les beautés éphémères (La terre s’est endormie, L’infini voyageur), les pleutres de la pensée – « Le cul entre deux chaises, c’est sûr que t’es mal assis » – ou encore la valeur de l’entourage (Maman, Je vous le dis).

Il faut du courage et de la passion pour faire paraître un 18album studio sans aucun soutien financier. Le jeu en aura valu la chandelle, surtout si la flamme créatrice devait s’éteindre bientôt.

Le goût du bonheur

Chanson

Le goût du bonheur

Gérard Lenorman

GL Productions