S’il se fait discret et qu’il se concentre sur des collaborations et des projets de réalisation depuis plusieurs mois, Hubert Lenoir n’a pas abandonné sa carrière solo pour autant. Et il lancera « quand ce sera le temps » du nouveau matériel.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

« On peut juste dire que c’est là, là. Ça arrive. Mais avec la situation, la pandémie, on ne peut pas donner de date, ce serait une erreur », nous répond celui qui a secoué le milieu de la musique avec son album Darlène et son tube Fille de personne il y a trois ans.

On a voulu parler au chanteur de Québec parce qu’il fait partie des créateurs de l’excellente chanson thème de Star Académie, Maintenant et partout, et aussi parce qu’on l’a vu la semaine dernière dans un nouveau clip de Robert Robert, celui de la chanson La nuit se plaindre, qu’il a coécrite et coréalisée, et sur laquelle il chante.

L’air en forme et de bonne humeur au bout du fil, Hubert Lenoir nous explique qu’il est dans une période où il préfère faire de la musique avec et pour d’autres. Il précise d’ailleurs trois fois plutôt qu’une le nom de tous les auteurs de Maintenant et partout : son frère Julyan, Jérôme 50, Marius Larue et Robert Robert.

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« Tout le monde a apporté un petit truc, une idée », explique-t-il. C’est la production de Star Académie qui les a approchés, eux ont simplement répondu à la demande, raconte-t-il. « On a composé la chanson, on l’a envoyée, on s’est dit whatever ce qui arrive. Et puis on a eu la nice surprise de voir que notre toune avait été choisie. C’est vraiment cool. »

Leur travail a donc été assez simple, et il trouve bien intéressant que la chanson ne leur appartienne plus vraiment aujourd’hui.

« Ils voulaient qu’on sorte de ce qu’on est habitué d’entendre dans ce genre d’émission. On a essayé d’être le plus loin possible d’un quelconque cliché, après ils la chantent comme ils la chantent, ce n’est plus sous mon contrôle. Aussi quand on l’a faite, j’étais dans une vibe où j’écoutais du Pharrell Williams et j’analysais ses productions. Il y a quelques références dans la toune, dans la rythmique, c’est un peu un hommage. »

Collaborations

Hubert Lenoir est fier du résultat, et jamais il n’aurait dit non à une telle proposition. « J’ai de l’ambition dans la vie en général, je suis down pour faire quoi que ce soit. » Mais même si Star Académie rejoint des centaines de millions de personnes, pour lui, chaque projet revêt la même importance.

Quand on faisait Star Académie, en même temps je participais à l’album du groupe punk CRABE. Tu pourrais penser qu’il y a une dualité, mais j’y mets le même cœur. C’est la même chose, le même BPM : le langage universel, c’est la musique.

Hubert Lenoir

Il coréalisait aussi en même temps l’album de Robert Robert, qui fait plus dans la musique pop électronique et qui sortira d’ici l’été. En fait, on devrait voir le nom d’Hubert Lenoir accolé à de nombreux projets au cours des prochains mois. Et c’est un désir qu’il entretient depuis longtemps, dit celui qui a aussi signé avec son frère Julyan une chanson avec Pierre Lapointe, Pour déjouer l’ennui, qui est aussi le titre de son album.

« J’ai commencé depuis un moment et j’essaie de continuer, souligne-t-il. Il y a plein de projets qui ont pris du retard avec la pandémie et dont je ne peux pas parler. En ce moment, par exemple, je travaille avec le groupe Élégie, de Québec, c’est vraiment bon. Tout de suite après l’entrevue, je m’en vais les rejoindre. »

On sent en tout cas que ce rôle d’homme de l’ombre lui plaît bien. « Je pense que, comme réalisateur, je suis de plus en plus aguerri et je veux pousser mes limites », affirme le chanteur qui aime, en multipliant les collaborations, pouvoir toucher à tous les types de musique et aussi travailler à son rythme avec des artistes de son âge.

Mais que peut-il leur apporter comme réalisateur ? « Je pense que je peux être bon pour aider quelqu’un à préciser son intention, quelle qu’elle soit, et à l’emmener le plus loin possible. En toute humilité. »

Pas à la retraite

Loin de lui l’idée de renoncer à sa carrière solo, et l’intention d’Hubert Lenoir est « à 100 % » de continuer à mener les deux de front. « Il y a un truc de yin et de yang aussi, l’un nourrit l’autre. »

D’ailleurs, le chanteur ne s’est pas éloigné des feux de la rampe parce qu’il était « tanné » d’y être, et il précise qu’il n’est « en break de rien ». C’est plutôt qu’il estime qu’il était allé le plus loin qu’il pouvait aller avec Darlène et qu’il n’a « plus rien à dire ».

« Je n’ai pas besoin de garder mon niveau de popularité le plus haut possible et je reviendrai quand j’aurai à parler de quelque chose de plus artistique. » Il est « off » des réseaux sociaux, ne donne plus d’entrevues même s’il continue à recevoir régulièrement des invitations.

Je ne dois rien ni à Instagram ni au show business ! Quand va venir le temps d’être là, je vais prendre tous les feux de la rampe que j’ai déjà eus… et encore plus. Je ne suis pas à la retraite.

Hubert Lenoir

Et « ça viendra quand ce sera le temps », ajoute le musicien qui s’est découvert « un côté perfectionniste » et qui estime avoir travaillé déjà « des milliers d’heures » sur du nouveau matériel.

« Je ne veux pas vendre la mèche, mais ça s’en vient. Je sais, c’est une bonne réponse de politicien. Quand ce sera le temps, ce sera le temps. »