Less Than Jake ne réinvente pas la roue avec Silver Linings. Pourtant, le neuvième album studio du quatuor floridien a créé beaucoup d’attentes chez les fans purs et durs. Ils seront un peu déçus des riffs de guitare rapides et des lignes de bass fluides.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Si on comprend l’intérêt de ne pas changer une formule gagnante, on se serait attendu à ce que le groupe se réinvente au fil des années. Le problème de l’album se trouve justement là : on assiste à une formule plutôt qu’à un processus créatif. D’accord, le ska est un style de musique dur à renouveler, car très facile à dénaturer, et oui, c’est vrai que les thèmes et les propos demeurent légers. Mais on s’attendait à du neuf et on nous sert du réchauffé.

Sur une note plus positive, les accords de guitare mélodieux et accrocheurs donnent à l’album une ambiance sonore estivale qui ajoute du pep à la grisaille hivernale. On retrouve dans des morceaux comme Lost at Home et Anytime and Anywhere l’ambiance conviviale d’un skatepark californien.

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Silver Linings

Les paroles manquent de profondeur. Le départ en 2019 du batteur Vinnie Fiorello, véritable force tranquille qui contribuait grandement à l’écriture des chansons, est peut-être en cause.

Le tout est sauvé de justesse par les cordes vocales des chanteurs Chris DeMakes et Roger Lima. Il y a tout de même une certaine retenue dans leurs voix, et on aurait pu tirer profit de plus d’intensité.

> Écoutez l’album sur Bandcamp (en anglais)

On retrouve l’énergie des albums précédents, sans l’originalité des succès comme All My Best Friends Are Metalheads et The Science of Selling Yourself Short, comme si le groupe s’était assagi avec le temps, migrant vers un ska punk rose bonbon. C’est le piège de la surutilisation de beats redondants qui ont fait leurs preuves… il y a 30 ans.

★★½

Ska Punk. Silver Linings. Less Than Jake. Pure Noise records.