Sur son album Images du futur, paru en 2013, Suuns se projetait en 2020. En fait, c’était le titre d’une chanson électro assise sur un groove solide et des mélodies circulaires. Sept ans plus tard, l’électro fait encore partie de l’arsenal du groupe montréalais. Ce n’est toutefois pas ce qui ressort le plus de son récent mini-album, Fiction.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Suuns exploite encore les possibilités offertes par l’outillage numérique, mais d’abord pour triturer les sons, lacérer l’espace et construire des atmosphères tendues, sur lesquelles se pose la voix inquiète et toujours désenchantée de Ben Shemie – qui a aussi publié un album solo plus tôt cette année.

L’essentiel de ce mini-album n’est toutefois pas électro. Ces six morceaux vont en fait dans toutes les directions qu’a prise Suuns au fil du temps : art rock, électro et indie rock pas trop rock. Le groupe affiche une fois de plus son penchant pour les sons rêches, les atmosphères chargées, limite bruitistes. Il renoue aussi avec Jerusalem In My Heart sur Breath, morceau hypnotique et oppressant.

IMAGE FOURNIE PAR SECRETLY CANADIAN

Fiction, de Suuns

Suuns n’étonne pas tellement avec Fiction. N’empêche. Ce mini-album déborde d’assurance, de justesse et d’un savoir-faire qui ne servirait à rien s’il n’était pas propulsé par le mystérieux charisme de ces gars-là, pour qui ces musiques sombres sont bien plus que des chansons, mais un langage à part entière.

★★★½

ART ROCK/ÉLECTRO. Fiction. Suuns. Secret City Records.

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