Un peu moins d’une heure et demie de matériel. C’est ce que nous offre The 1975 avec sa plus récente parution, Notes on a Conditional Form, qui comprend 22 chansons. 

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Pour taper dans le mille avec un tel projet, il faut présenter quelque chose d’impeccable, qui puisse nous maintenir intéressés jusqu’à la fin. En poussant son éclectisme habituel plus loin encore, le groupe britannique parvient à donner un sens à la présence de la plupart des chansons sur son album.

Ce qui ne veut pas dire que l’œuvre est sans défauts. Parmi plusieurs superbes morceaux, certains ne maintiennent pas le niveau. Mais ils sont rares, et il ne leur manque pas grand-chose. Et on trouve parmi les titres réussis quelques-unes des meilleures chansons de The 1975. Mentionnons ici Jesus Christ 2005 God Bless America, The End (Music for Cars) et l’excellente Nothing Revealed/Everything Denied.

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Notes on a Conditional Form, de The 1975

Le leader et parolier du groupe, Matty Healy, est de ceux qui ont une opinion sur tout et qui aiment la faire partager, parfois aux moyens de ses chansons (Jesus Christ 2005 God Bless America ou People). Il n’est pas étonnant que le chanteur engagé et ses complices aient choisi pour lancer l’album un discours de près de cinq minutes de la jeune militante écologiste Greta Thunberg sur une musique ambiante, entrée en matière efficace qui force à réfléchir.

Résolument axé vers la pop ces dernières années, le groupe propose avec Notes on a Conditional Form un retour au rock, un détour vers le punk même (sur People, où Healy crache sa colère envers le monde). Puis, dès Yeah I Know, septième piste, la pop se réinvite, s’en va et revient agilement pour le reste de l’album.

Dans l’air du temps, juste assez politique et bien exécuté, malgré quelques accrocs, ce quatrième album studio de The 1975 est une réussite.

> Regardez le clip de Then Because She Goes

★★★½

Pop-rock. Notes on a Conditional Form. The 1975. Dirty Hit/Polydor.