Fans de hip-hop, retenez ce nom. La Montréalaise Naya Ali évolue dans le milieu depuis peu. Ne vous laissez pas surprendre par son arrivée tardive (avant l’an dernier, elle ne s’était pas encore lancée dans sa vraie passion), la rappeuse trentenaire ne sonne en rien comme une débutante.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Godspeed en est la preuve. Cet album de 10 titres est court et efficace. Rien ne déçoit. Ali est à la hauteur des grands de la scène québécoise. Et au-delà. Son premier EP, Higher Self, paru en 2019 l’a placée sur la liste des artistes émergents à suivre (de près). Sur Godspeed, la voix de l’artiste est double : elle rappe d’abord, mais elle chante aussi, plus souvent que jamais. 

Naya Ali a concocté un album accessible, qui pourra l’aider à rejoindre un large public. Sans s’emmurer dans le rap, elle permet à la pop et même au dancehall (For Yuh) d’ajouter une couche à des beats solides et à une livraison limpide. Dès l’introduction avec Paid in Full, le trap s’impose comme le rythme de prédilection d’Ali, notamment dans ses refrains chantés. Sa voix rugueuse lorsqu’elle rappe s’adoucit quand elle chante, tout en conservant son timbre unique. Le résultat est agréable à l’oreille. 

Extrait de Godspeed

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PHOTO FOURNIE PAR COYOTE

Godspeed, de Naya Ali

Sur la dernière pièce, une revisite du simple Get it Right paru l’an dernier, cette fois en collaboration avec Souldia et MB, le français s’immisce une unique fois grâce aux deux rappeurs. Cette très bonne chanson en sort bonifiée.

La Montréalaise oscille entre le rap de Drake et de Kendrick Lamar (oui, le spectre est large) de brillante façon. Naya Ali a de grands projets. Elle vise une carrière internationale, ça se sent jusque dans ses choix artistiques. Et cette entrée en jeu pourrait être le point de départ de grandes réalisations.

★★★½

Godspeed. Naya Ali. Coyote.