Céline Dion a cette chance de pouvoir rassembler autour d’elle des auteurs-compositeurs de talent qui parviennent à transposer son ressenti dans des chansons assorties à sa voix. Trois ans après Encore un soir, Céline propose une collection de 20 chansons en anglais, souvent très personnelles. La chanteuse s’offre un disque actuel, où la ballade prime et où la pop actuelle se fait une belle place.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Si plusieurs artistes se questionnent sur les nouvelles habitudes de consommation en matière de musique, Céline Dion n’a pas reçu le mémo. Ou bien elle en a magistralement fait fi en sortant un 32e disque deux fois plus long que la plupart des musiciens de nos jours. Seize chansons figurent sur la version standard, et on en découvre quatre de plus sur la version Deluxe.

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Résolument moderne, cette nouvelle offrande de Céline oscille plutôt habilement entre les ballades et la pop franche, rythmée et actuelle (même si l’expression « trop, c’est comme pas assez » nous vient à l’écoute de certains titres).

La Québécoise aux cinq prix Grammy a reçu un beau bouquet de chansons pour garnir ce premier album en anglais depuis Loved Me Back to Life, en 2013. Et son premier album anglophone depuis la mort de René Angélil, son mari et impresario. Ainsi, bien des titres réfèrent à l’amour et au deuil, mais surtout au courage qu’il faut pour s’en remettre, ainsi qu’au renouveau.

La grande variété d’artistes ayant contribué à ce disque se fait ressentir dans la diversité des tons, bien qu’on ne se trouve pas face à un produit final trop éparpillé. L’artiste britannique Sam Smith, à l’origine du titre For The Lover That I Lost (qu’il cosigne avec James Napier, Mikkel Eriksen et Tor Hermansen), fait sentir sa plume maussade et délicate, qui transpose encore une fois très bien la douleur de la perte. L’auteure-compositrice country Jessica Mitchell a laissé des traces de son style dans la chanson The Chase. On sent aussi la touche de la talentueuse chanteuse australienne Sia dans Heart of Glass.

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Fine On My Own s’entend comme une ballade de Céline Dion qu’un DJ aurait remixée pour en faire une version électro. Mais non, c’est simplement que Céline a sauté à pieds joints dans l’EDM. Ce premier extrait, dévoilé au public l’été dernier, n’a pas d’équivalent dans le reste de l’album. Une bonne chose, même si l’audace d’aller flirter avec l’électro est louable et même si le résultat est intéressant.

Les très belles I Will Be Stronger et How Did You Get Here, aux rythmes plus soul, voire gospel pour la seconde, interviennent à mi-chemin et permettent de redonner un souffle à ce long album.

Voix sans faille

On passe de la fragilité à la force (au courage) d’une chanson à l’autre. Céline Dion, que l’on sait maintenant émancipée et fière de l’être, n’hésite pas à parler de son (ses) histoire(s) d’amour personnelle(s) sur les trois quarts de l’album. L’amour déchu, l’amour naissant. Avec Falling In Love, par exemple : « Je n’arrive pas à croire que je tombe de nouveau amoureuse/Jamais je n’aurais pensé que je serais assez forte pour m’en remettre », chante-t-elle d’une voix douce sur la ballade menée au piano.

On ne passera pas trop de temps à discuter de la qualité de la voix de Céline Dion sur cet album. Pour la simple raison que, comme à son habitude, elle a tout bon. Aucune faille dans le spectre des notes que la chanteuse à la voix nasale peut atteindre. Et elle pousse très haut à certaines occasions. Si un registre très pop lui va bien, c’est lorsqu’on rencontre une chanson plus mélancolique qu’on peut le mieux apprécier cette voix qui n’a plus besoin d’être vantée.

Les admirateurs de Céline Dion seront sûrement ravis de cet album. Un disque bien écrit et interprété. Notons tout de même que 20 chansons, même pour Céline, à moins d’être du pur génie, c’est essoufflant.

★★★½

IMAGE FOURNIE PAR SONY MUSIC

Courage, de Céline Dion, Sony Music. Offert le 15 décembre.