(Villeneuve-d’Ascq) « Vous allez tellement me manquer ! ». Avec une énergie débordante et une pointe d’émotion, Elton John a signé mardi soir dans le nord de la France un concert de haut vol aux allures de rétrospective, pour la première date française de sa monumentale tournée d’adieux.

Clément MELKI
Agence France-Presse

Fidèle à son excentricité légendaire, le chanteur britannique a débarqué devant les 26 500 spectateurs du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d’Ascq vêtu d’une veste brodée de strass noire, ses éternelles lunettes à paillettes sur le nez.

« C’est la 100e de la tournée ce soir », a-t-il lancé — en français — au public, alors que quelque 300 000 personnes ont déjà assisté au spectacle en Europe, et bientôt plus de 1,5 million à travers le monde, pour un total de 300 dates.

Pour ces adieux aux airs de retour aux sources, l’artiste a soigné la mise en scène : derrière lui, un immense écran entremêle le spectacle en direct et des images d’archives. Sur un décor bariolé au style très « Eltonien » figure le nom de la tournée : The Farewell Yellow Brick Road, référence à l’album phare de 1973 dont les visuels sont inspirés du Magicien d’Oz.

Pendant 2 h 45, la superstar enchaîne ses plus grands succès — Bennie and the Jets, Tiny Dancer, Pilot, … — aux tonalités pop rock, porté par une vivacité truculente, comme pour prouver que ses 72 ans n’ont pas d’emprise sur son exaltation.

Le public, lui, se régale. Dans les gradins, des spectateurs de tous âges, dont de nombreux étrangers et des fans de la première heure, portant des lunettes clignotantes en forme d’étoile ou de cœur, à l’image de leur idole.

Décontracté, Elton John fait preuve d’une déconcertante maîtrise, tant dans la voix — sa tessiture a gagné en graves au fil du temps — qu’au piano. Il impressionne notamment sur le solo de RocketMan, chanson-fleuve de neuf minutes et titre éponyme du biopic actuellement au cinéma.

« Aventure incroyable »

Après plus de deux heures de spectacle XXL, le public chavire sur Levon, où le talent des musiciens-basse, batterie, guitare et clavier-est mis à l’honneur. Des dizaines de spectateurs se massent devant la scène tandis que les jeux de lumière et de fumée redoublent d’intensité.

L’immense carrière de Sir Elton — plus de 300 millions de disques écoulés — a traversé l’Histoire et le concert prend parfois des airs de voyage dans le temps à travers des images en noir et blanc de la guerre du Vietnam pour Daniel ou de Marilyn Monroe pour le célèbre Candle in the Wind.

À plusieurs reprises, le chanteur s’adresse longuement au public, revenant sur son combat contre les drogues et l’alcool et son engagement dans la lutte contre le sida, par le biais de sa fondation EJAF (Elton John AIDS Foundation) qui a levé quelque 450 millions de dollars depuis sa création en 1992.

« À l’époque, il n’y avait absolument rien. Aujourd’hui, il n’y a aucune raison de mourir de cette maladie », souligne-t-il, avant d’entonner Believe.

Vient ensuite le temps des adieux. « Ça a été une aventure incroyable pendant 50 ans. Vous allez tellement me manquer », confie-t-il, remerciant ses fans pour leur « loyauté » et leur « générosité ».

« Vous êtes dans mon cœur et dans mon âme, mais il est temps pour moi d’ouvrir un nouveau chapitre dans ma vie », concède la vedette après avoir expliqué vouloir consacrer plus de temps à son mari David Furnish et ses deux enfants.

Sur le final de Saturday Night, une pluie de confettis met un terme à ce spectacle sonore et visuel, qui sera joué jeudi à Paris, à Bordeaux samedi et Nîmes dimanche.

Deux nouvelles dates ont récemment été annoncées pour les 10 et 11 octobre 2020 à Paris. Une dernière chance de dire Farewell au compositeur, qui recevra vendredi la Légion d’honneur des mains du président français Emmanuel Macron.