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Ariane Moffatt et Les Louanges: « tout pour la toune »

Ariane Moffatt et Les Louanges... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Ariane Moffatt et Les Louanges

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Josée Lapointe

Les Louanges a lancé son premier album l'automne dernier, Ariane Moffatt, son sixième. Il en est à sa deuxième participation aux Francos, elle y a chanté plus de 20 fois et sera aux commandes du spectacle d'ouverture, demain, sur la place des Festivals. Rencontre avec deux artistes aux affinités certaines.

La Presse : Il y a une parenté entre vous deux, non ?

Ariane Moffatt : Il y a certainement des éléments communs dans notre manière personnelle d'aborder la musique. Quand j'ai entendu le travail de Vincent [Roberge, l'artiste derrière Les Louanges], j'ai aimé sentir les influences et l'ancrage dans son époque, mais aussi qu'il digère ça pour redonner ce qui lui est propre.

Les Louanges : Toi non plus, tu n'es jamais restée campée dans un même style et c'est ce que j'essaie de faire aussi. En plus, tu as un pas pire bac à outils théorique, qui fait que ça reste pop, mais avec de la profondeur.

La Presse : C'est vrai, vous avez étudié en musique tous les deux, mais pas au même cégep...

Ariane : Et pas à la même époque !

La Presse : Il est un peu comme ton petit frère ?

Ariane : Je ne sais pas... On niaisait avec ça quand il a fait ma première partie au MTelus. Il m'appelle madame ! J'aime m'imprégner et garder le contact avec la nouvelle génération de musiciens. C'est indispensable. Mais je ne veux pas être « maternante ». Lorsque je vois un artiste sortir du lot, j'aime le regarder aller et faire de la musique avec lui.

Les Louanges : J'ai 23 ans et, dans mon band, le musicien le plus jeune a 29 ans. Les autres ont 34-35 ans. Il y a eu un papa tout récemment. Je me retrouve toujours le plus jeune, je suis le ti-cul de tout le monde tout le temps. Je suis habitué. Mais je constate que si tu fais de la musique, tu as toujours un côté Peter Pan.

La Presse : Ariane, c'est une artiste que tu as écoutée ?

Les Louanges : Quand elle a sorti Je reviens à Montréal [en 2005], je me souviens que je l'ai vue à MusiquePlus, je n'étais pas très haut... [Rires]

Ariane : C'est malade. J'ai rencontré ses parents quand on a fait une toune ensemble à Belle et Bum, c'est sûr que c'est plus eux que lui qui ont écouté ma musique.

La Presse : Quand tu le regardes, ça te rappelle tes débuts ?

Ariane : Oui, mais il est un genre de force tranquille. Je sens son plaisir, sa passion, mais il n'a pas une attitude du genre « je vais tous vous manger ». Moi, j'étais plus de même ! J'aime voir le naturel et je me reconnais dans ça, dans une espèce d'aisance, sans construction de personnage.

La Presse : La longévité d'Ariane t'inspire ?

Les Louanges : Oui, c'est un peu le but, de durer. On parlait tantôt d'être vorace de l'attention. Moi, j'attends mon tour pour parler dans la vie. Je pense que c'est là que tu as le plus d'impact.

Ariane : C'est vrai, c'est la musique qui est en avant du personnage, même s'il y a une cohésion entre la musique et l'artiste.

Les Louanges : Ça n'empêche pas de donner un show et que ça lève.

Ariane : Et d'être cocky sur scène. C'est beau de le voir aller. C'est une dégaine.

La Presse : Ariane, tu as un conseil pour durer ?

Ariane : Je dis toujours que la musique est plus grande que nous. Il y en a eu, du monde, avant nous ! C'est une grande quête. Ça demande une certaine force aussi pour affronter toutes les vagues de ce métier, les courbes d'intensité, les moments plus calmes où tu dois retourner plancher. Il faut être humble et travaillant !

La Presse : Ariane, tu as commencé à une époque où les disques se vendaient encore...

Ariane : ... où, comme créateurs, on avait des revenus.

La Presse : Si tu devais commencer maintenant, aurais-tu l'impression de sauter dans le vide ?

Ariane : C'est une bonne question. J'ai de la misère à me mettre dans la peau de ceux qui n'ont rien connu d'autre... J'ai l'impression que l'aspect de vivre de son art est moins la priorité des artistes. Je me demande si quelqu'un qui commence sait même qu'on pouvait gagner des sous avec ce qu'on faisait. Toi, tu voulais gagner ta vie comme ça ?

Les Louanges : À 15 ans, je disais que j'allais payer mon loyer avec la musique. I guess qu'à 23 ans, je le fais ! On est juste en transition, on est en train de se gérer avec tous les revenus. Ça va, là. Mais je n'ai jamais trop pensé à l'argent, comme tout le monde qui crée. Moi, c'est tout pour la toune !

Ariane : C'est ta phrase, ça. Moi, j'embarque dans le « tout pour la toune ». Je sens que ça va être le titre de l'article ! [Rires] Après, de dire que tous les artistes ne devraient pas penser à l'argent... Il ne faut pas minimiser la valeur de la création, de l'art et de ses revenus dans notre société. 

Les Louanges : Je ne dis pas ça, je dis juste qu'il faut que ça parte au départ d'autre chose.

Ariane : Oui, c'est tout pour la toune, mais pas à tout prix.

La Presse : Vous allez jouer aux Francos. Ça signifie quoi pour vous ?

Ariane : Ma mise au monde. Ce « film »-là reste encore vif dans ma tête, offrir mon spectacle pour la première fois après la sortie d'Aquanaute, sur la scène extérieure à la fin de l'après-midi, devant ce public qui s'approche plus le set avance. S'il y a un évènement dans ma carrière auquel je me sens intimement liée, c'est les Francos. [Elle se tourne vers Les Louanges.] Toi, c'est ton baptême ?

Les Louanges : Non. J'y ai joué il y a deux ans. J'étais booké sur la scène Coors Light. Je faisais encore de la tech de scène et, la semaine d'avant, j'avais travaillé avec l'équipe qui avait construit ce stage...

Ariane : T'avais monté ton stage, toi !

Les Louanges : Et je l'ai démonté après ! Mais cette année, ça va être une grosse salle. C'est drôle de revenir au Club Soda après avoir échappé la finale des Francouvertes il y a deux ans, et de le remplir. On est complets depuis la mi-mars. J'arrive par la grande porte. Je ne suis plus à la table des enfants.

Ariane : C'est la première fois qu'on me confie l'évènement d'ouverture. Ce n'est pas rien. J'avais en tête depuis l'automne de faire quelque chose de mégalo, de pousser l'aspect seventies dans une grande fête maximaliste, de ne pas y aller plus frileux parce que l'industrie va moins bien... Au contraire, j'ai de plus en plus envie d'en profiter. Il y a un côté sans lendemain qui m'anime.

Le Néo-soul-disco-pop-électro funky show des Francos d'Ariane Moffatt, le 14 juin à 21 h à la place des Festivals.

Les Louanges, le 18 juin à 19 h au Club Soda.




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