Vingt minutes avant l’apparition de Tame Impala, alors que Hozier prêchait encore Take Me To Church juste à côté, une énorme foule s’était agglutinée devant la Scène de la montagne. La formation phare du renouveau psychédélique a initié son heure et demie avec le plaidoyer Let It Happen, pièce d’ouverture de l’irrésistible Currents (2015).

Charles-Éric Blais-Poulin Charles-Éric Blais-Poulin
La Presse

Les Australiens, guidés par le gourou Kevin Parker, iront plus tard extraire de ce troisième album les titres Eventually, la populaire The Less I Know The Better ou encore la conclusion New Person, Same Old Mistakes, celle-là écourtée pour faire place au rappeur Childish Gambino.

Une présence vidéographique et un jeu de lumière intéressants, sans être novateurs, veillaient à approfondir l’expérience. « Vous êtes beaux », a répété trois fois le chanteur, concis et chaleureux dans ses interventions.

Si The Chemical Brothers appelaient hier à la communion, le rock planant et psychotonique de Tame Imapa créait des bulles parmi un public en partie bavard et dissipé.

 « C’est quoi qui joue », demandait une spectatrice près de la scène au moment où une autre convulsait presque, possédée par chaque mot et chaque éclat de batterie.

Le band installait surtout une ambiance, à laquelle chacun pouvait répondre à sa manière.

Presque tous se sont au moins liés pour entonner Feels Like We Only Go Backwards (2012). Pas un mauvais spectacle, mais un spectacle prudent, facile à produire et à reproduire partout dans le monde.