(Orléans) Une assignation déposée par trois associations françaises de fans de Michael Jackson contre les témoins du documentaire Leaving Neverland, les accusant de porter « atteinte à la mémoire d’un mort », a été rapidement plaidée jeudi matin devant le tribunal d’Orléans, dans le centre de la France.

Agence France-Presse

Les témoins mis en cause ne s’étaient pas déplacés et ne s’étaient pas fait représenter à cette audience qui a duré dix minutes, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le tribunal rendra sa décision le 4 octobre, à condition que l’avocat des plaignants puisse prouver que l’assignation a bien été communiquée aux témoins mis en cause. Sinon, l’audience sera reprise dans six mois.

Dans un documentaire intitulé Leaving Neverland et diffusé sur la chaîne américaine HBO avant une diffusion mondiale, Wade Robson et James Safechuck affirment avoir été victimes d’abus sexuels répétés de la part de la star lorsqu’ils étaient mineurs, dans sa propriété située près de Los Angeles. Ces accusations ont été démenties de son vivant par l’intéressé, qui n’a jamais été condamné pour de tels faits.

Ces allégations de pédophilie sont survenues près d’une décennie après la mort par overdose de la star. Elles ont incité des stations de radio, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande à ne plus programmer de titres de Michael Jackson.

Évoquant un « véritable lynchage », Emmanuel Ludot, avocat des fans français, estime que les deux hommes « se sont livrés à une atteinte grave et caractérisée à la mémoire d’un mort », selon le texte de l’assignation consulté par l’AFP.

« L’image du défunt est atteinte, de même que toute la communauté des fans de Michael Jackson », estime Me Ludot.

Dans un communiqué, l’un des exécuteurs testamentaires de Michael Jackson, John Branca, affirme que ces derniers « soutiennent pleinement les efforts de Me Ludot pour Michael et ses fans bien-aimés en France et dans le monde entier pour que la vérité prévale ».

Alors qu’en France il existe un délit de diffamation ou d’injures contre la mémoire des morts, il n’y a pas de diffamation post-mortem aux États-Unis, ni au Royaume-Uni par exemple, rappelle-t-il, en espérant qu’une victoire en France puisse aider à faire évoluer la loi aux États-Unis en matière de protection des personnes décédées.

Les trois associations, Michael Jackson Community, MJ Street et On the line, ont réclamé chacune un euro symbolique, souhaitant une « condamnation de principe ».