Tyler Gregory Okonma, dit Tyler, The Creator, s’est imposé parmi les leaders conceptuels de la culture hip-hop ces dernières années. Plus jeune, il brillait déjà au sein du collectif californien The Odd Future.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

À l’automne 2017, il atteignait un sommet avec Flower Boy, laissant présager un chapitre important pour le hip-hop, si ce n’est pour l’amalgame quasi parfait de musiques électroniques et instrumentales, entièrement composées par ce rappeur ambigu sur plusieurs questions, dont la volonté d’être un MC.

Ainsi, on observe plus de chant sur Igor (très limité, d’ailleurs) et moins de rap, le tout entrelardé de riches filons texturaux…

On y repère des évocations de Prince première mouture ou de hip-hop/funk électro afro-californien datant des années 80.

IMAGE FOURNIE PAR COLUMBIA

Igor, de Tyler, The Creator

Virtuellement ou physiquement, on identifie Kanye West, Playboi Carti, Charlie Wilson, Lil Uzi Vert, Run-DMC, Al Green, Tatsuro Yamashita, Alan O’Day, Cullen Omori, Bibi Mascel, David Smith… venus en studio ou encore sélectionnés, repiqués, réinjectés.

Tyler, The Creator a-t-il trouvé ce qu’il cherchait ? Pas évident… Cette approche électro/R&B sans compromis (voilà la ligne éditoriale) peut paraître extrêmement novatrice pour certains.

Or, pour d’autres, Igor est un canevas, une maquette prétentieuse. Qui a raison ? Rendons ici le verdict d’un album de très lente digestion, apparemment inachevé et dont les qualités émergent au fil des écoutes.

★★★½ HIP-HOP. Igor. Tyler, The Creator. Columbia.