D’entrée de jeu, il est légitime de se demander quel est l’intérêt d’écouter l’enregistrement d’un répertoire français si souvent enregistré – à l’exception peut-être du Prélude, choral et fugue de César Franck.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Au menu de cet opus, les œuvres pour piano seul de Claude Debussy, Maurice Ravel et Erik Satie sont effectivement archiconnues des mélomanes…

Alors ? L’objet est ici d’observer la pudeur et la circonspection d’Alain Lefèvre, dont on sait la propension pour les grands éclats, les salves d’émotion – et, lorsqu’il erre parfois, le beurrage épais.

Or, malgré la pub télévisée de cet album au titre (anglo) un peu clinquant, nous avons entre les oreilles un jeu à la fois retenu et élégant.

Témoignant d’une fine « recherche esthétique », pour reprendre une expression du pianiste québécois, cet album évoque son attachement pour sa culture française d’origine, ses années d’études parisiennes au Conservatoire national auprès du maître Pierre Sancan (1916-2008), sans compter les prolongements de son imaginaire dans la littérature et la peinture.

Qui plus est, on ressent très clairement le spleen romantique de l’interprète à travers les exécutions de ces œuvres marquantes, modernes sauf exception. Ainsi, on en apprend davantage sur Alain Lefèvre, bellement vulnérable à travers ce répertoire hexagonal.

★★★ ½ ROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE. My Paris Years. Alain Lefèvre. Warner Classics.