Le premier orchestre féminin d'Afghanistan, une gageure dans un pays où pèsent des forces obscurantistes, a clôturé vendredi le Forum économique mondial de Davos avec un concert de classiques afghans où ont filtré quelques notes de Beethoven.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les 35 filles de l'orchestre Zohra, âgées de 13 à 20 ans et pour certaines issues de milieux extrêmement modestes, dans un pays en guerre depuis près de 40 ans, se sont exécutées devant un public plus rompu avec la signature d'accords économiques qu'avec les ondulations de la musique classique afghane.

Pieds nus et jambes croisées, assises par terre pour certaines, voilées et en habit traditionnel, elles ont joué sur des instruments à cordes, à vent ou de percussion, occidentaux ou d'Asie du Sud.

Dirigées par la jeune Negina Khpalwak, les musiciennes qui sont parvenues à exercer leur art en bravant les menaces de mort dans leur pays, ont interprété leur programme qui comprenait aussi l'ode à la joie de Beethoven, devenu l'hymne de l'Union européenne.

Ahmad Sarmast, musicologue et trompettiste, fondateur de l'Institut national de musique (Anim) et père de l'orchestre Zohra (Vénus en arabe et en persan), a exprimé sa profonde fierté pour sa formation.

Il a expliqué au public que ces musiciennes représentaient un grand espoir et incarnaient les «changements positifs s'étant produits ces treize dernières années» depuis l'éviction des talibans du pouvoir par la coalition internationale menée par les États-Unis.

Les talibans continuent cependant de reléguer les femmes à l'arrière-plan et considèrent toujours la musique comme une déviance déshonorante, malgré le riche patrimoine afghan.